Les expressions fleuries à l’adresse des personnes LGBT sont légion dans notre petit monde. Résolument flatté par la créativité de ces expressions chatoyantes, contrairement à la croyance habituelle, je me suis pris à leur trouver du sens.

Pédé comme un phoque

Commençons par ma petite préférée, pédé comme un phoque. Premièrement, j’adore les animaux, y compris les plus infâmes (qui n’aime pas les animaux n’aime pas les hommes). Deuxièmement, qui ne tombe pas raide amoureux lorsqu’elle-il voit ces adorables petits phoques, l’air ballot et taquin ? Il semblerait que l’expression vienne de la voile avant des bateaux, le foc qui prend le vent dans le même sens que la grand-voile. Ou bien est-ce le râle un peu malsain du phoque après l’apnée qui fait penser à l’acte sexuel gay ? Bref, les avis divergent sur l’origine. On dit même que l’expression viendrait de l’anglais pédé comme un fuck.

Gros pédé (ou grosse pédale)

Parmi les rares pédés ou gouines qui ne sont pas obèses, avouons-le beaucoup sont sales

Deuxième dans mon classement, cette expression colle tellement à la réalité. J’ai quelques amis pédés, et parmi ceux-là certains sont gros ou bedonnants. Moi-même, l’âge aidant, je prends du bide, et j’ai l’impression que les pédés prennent du bide plus que les autres (il n’y a qu’à les voir à la salle de gym pédaler comme des hamsters). La grosse gouine existe aussi mais on lui préfère la sale gouine (voir explication au paragraphe brouteuse). Quant à la pédale elle doit bien évidemment son origine au cycling de la salle de gym (voir ci-dessus). La pédale, on lui marche dessus, et les pédés sont clairement des grosses soumises qui aiment qu’on leur marche dessus. Moi-même occasionnellement j’apprécie qu’on me marche dessus (ou qu’on me crache dessus), si possible avec une plume dans le derrière.

Pédé comme un hamster

Je ne sais pas si cette expression existe mais on devrait l’inventer (voir gays dans les salles de gym au paragraphe précédent).

Sale pédé / sale gouine

Parmi les rares pédés ou gouines qui ne sont pas obèses, avouons-le beaucoup sont sales. Dégueu même. Ça vient des fesses (je ne vous fais pas de photo). D’ailleurs c’est pour cela qu’elles ou ils achètent tant de parfum et passent leur temps au BHV Homme ou Femme. Souvent je me sens sale. Je ne serais pas pédé, je me dégoûterais moi-même c’est vous dire. (voir aussi sale Juif. Pour rappel : le pédé partage souvent le sort du Juif)

Vieille pédale

En troisième position après les gros et les sales, viennent les vieilles pédales. Je ne m’appesantirai pas sur cette expression car elle est tout bonnement fausse : les pédales ne sont pas que des vieilles. J’ai observé hier sur Grindr, un réseau social pour hommes créatifs, des jeunes pédales qui ne demandaient qu’à « se faire démonter » (voir aussi casser du pédé).

Casser du pédé

Marche aussi pour les Juifs. Ce n’est pas un qualificatif à proprement parler, plutôt une activité. Si elle devient quotidienne et appliquée, elle peut devenir un hobby voire une vraie passion.

Pédé comme un Grec

Ma grand-tante Gertrude revient justement d’Athènes, et elle confirme que tous les Grecs sont de la jaquette (voir ci-dessous). C’est à se demander, comme M. Dassault il y a quelques années, comment ils arrivent à se reproduire et à ne pas disparaître. On me dit dans l’oreillette que cette expression-hommage vient à l’origine de la Grèce antique, époque où les hommes passaient beaucoup de temps entre eux et reléguaient les femmes au gynécée (sorte d’appart version Grèce antique). Heureusement tout cela a tellement changé depuis. L’expression « va te faire voir chez les Grecs » sous-entend que toute personne a sa chance pour tirer son coup en Grèce, même les plus vieux et les plus moches, ce qui est plutôt un message d’espoir.

De la jaquette

Comme je me promène souvent les fesses à l’air – contrairement aux hétéros qui ont plutôt tendance à porter des tenues couvrantes, comme les bleus de travail, les casquettes ou les perruques – on peut dire que je suis de la jaquette, cette ancienne tenue qui laisse entrevoir les fesses. Bon il faut dire que comme les pédés utilisent beaucoup leurs fesses, ils les ont bien fermes, alors ils les exhibent fièrement. C’est quand même pas leur faute, merde (voir fiotte ou pédé de merde).

Fiotte / pédé de merde

Rappel à la saleté (voir sale pédé) et au fait que nous sommes noirs comme le péché. Aussi rapport à gros pédé / grosse gouine : le boudin a plusieurs sens, c’est aussi un gros caca. Note : « de merde » est très pratique car ce qualificatif peut aussi être utilisé pour les gouines et les trans (et aussi les Juifs).

Tante / tantouze

Viendrait de la sexualité et de l’identité dynamiques de ma grand-tante Gertrude, dont on n’a jamais vraiment su s’il s’agissait de ma tante ou de mon oncle et qui préférait les gang bang (le touze de tantouze). Bref c’est un peu compliqué.

Tapette / tarlouze

Vient du québécois tarla, une personne faible, sans courage. Encore une fois je suis complètement d’accord avec cette expression. Ma longue expérience sur le réseau social Grindr me rappelle très souvent cet état de fait : les tarlouzes manquent cruellement de courage. Surtout après avoir couché avec moi.

Je n’oublie pas mes amies gouines, mais il semble que les femmes, ces malheureuses, aient moins d’honneurs que les hommes sur ces expressions pittoresques. J’ai cherché mais j’ai trouvé moins de richesse et de diversité.

Gouine / goudou

Depuis le 19e siècle, femme de mauvaise vie ! Ma grand-tante Gertude, encore elle, est la représentation même de la femme de petite vertu. A l’origine Gouine pourrait venir de Goy (en hébreu non juif), de God (dieu) ou de la reine Goïne qui trompait son mari (la chaudasse). La personne pointilleuse pourra rajouter à « gouine » un délicieux « je t’emmerde », ce qui donne « je t’emmerde, la gouine », beaucoup moins aride, et qui permet de faire d’une pierre deux coups en fusionnant intelligemment gouine avec le sens de fiotte (voir paragraphe fiotte ci-dessus).

Brouteuse / broute-gazon / broute-minou

La gouine broute. De l’herbe et des chats. Il faut la voir dans les champs, pendant des heures, occupée à concurrencer les vaches. Elles sont particulièrement efficaces pour tondre la pelouse, et c’est pourquoi on retrouve de nombreuses goudous dans les campagnes, moins dans les zones urbaines où elles peinent à trouver à manger et sont plus maigres (voir paragraphe grosse gouine ci-dessus). Les chats apprécient de se faire tondre le poil par des brouteuses en troupeau, d’où l’expression.