Chéries-Chéris : « la qualité des films cette année est exceptionnelle »

Le festival Chéries-Chéris qui débute à Paris le 15 Novembre dans les cinémas MK2 Beaubourg et MK2 Quai de Loire, est un moment incontournable pour les cinéphiles, et particulièrement pour ceux intéressés par le paysage cinématographique LGBTQ+. Rencontre avec Cyril Legann qui nous en dit plus sur l'histoire du festival et cette 22ème édition.

Kevin Reynaud : Pouvez-vous nous présenter le festival en quelques mots ?

Cyril Legann portraitCyril Legann : Le festival Chéries-Chéris existe depuis 22 ans et a pour but de promouvoir la culture LGBT au cinéma. Il répond au départ à un besoin de visibilité des films qui n’étaient que peu distribués en France. Aujourd’hui la problématique a changé, avec internet et l’avènement des supports domestiques (DVD, BluRay…) les films sont plus faciles à voir.
Nous avons donc créé une compétition depuis 2010, et notre but, plus que jamais est d’apporter une plus-value au spectateur en créant un espace de convivialité et d’échange.
Pour cela nous nous attelons à faire venir des équipes de films, cette année nous avons des réalisateurs qui viennent de pays très divers : USA, Canada, Israël, Lituanie, Portugal… c’est exceptionnel !
Et puis il y a tous les courts-métrages, des rendez-vous toujours appréciés par le public car ces films-là, souvent très riches, ne sont pas visibles ailleurs. Et on ressent également l’enthousiasme des équipes qui ont parfois le plaisir de présenter leur travail pour la première fois en public.

Pouvez-vous nous parler de votre programmation et nous donner envie de venir voir, encore plus que les années précédentes, les films que vous présentez ?

C’est tout simplement la meilleure sélection depuis que je connais le festival ! La qualité des films est exceptionnelle, et il ne va pas être facile pour le jury de départager les 10 longs métrages en compétition.
Bruce Labruce avec caméraEt puis nous avons des invités exceptionnels : Bruce LaBruce, la légende du cinéma Queer, qui vient présenter une rétrospective de ses trois premiers films, Joao Pedro Rodrigues (O Fantasma, Mourir comme un homme), la réalisatrice Israëlienne Michal Vinik, mais aussi Christophe Honoré qui viendra présenter le premier long-métrage de l’écrivain culte Dennis Cooper qu’il a produit, ou encore une carte blanche à Olivier Ducastel et Jacques Martineau.

Comment faites-vous la sélection des films qui seront en compétition ou non ?

Parmi les centaines de films produits dans l’année qui vient de s’écouler que nous visionnons, nous retenons ceux qui nous semblent les plus pertinents selon divers critères : qualités de forme ou discours de fond, traitement des questions LGBT, originalité, démarche politique ou artistique, …
Ce que nous appelons « Panorama » est composé de films qui peuvent être, soit plus légers et divertissants, soit qui font avancer le débat des causes LGBT mais dont l’ambition cinématographique ne justifie pas de faire partie de la compétition.
Celle-ci concentre donc les films qui réunissent le plus de ces qualités.

Pourquoi avoir choisi de mettre King Cobra en ouverture ? Pour James Franco (rires) ?

Affiche King CobraJames Franco c’est un des arguments du film, même si maintenant on est habitué à ce qu’il joue des rôles de gays. Mais c’est aussi l’histoire vraie de Brent Corrigan qui est la plus grande star du porno gay mondiale. C’est un véritable événement pour nous, d’autant plus que le film n’a pas de distributeur français et qu’on ne sait pas quand, et si, il sortira un jour en salle.
Beaucoup de gens attendent ce film, et on peut dire qu’il est parfait pour l’ouverture du festival d’autant plus qu’il est vraiment très excitant !

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur le Festival, et son fonctionnement ? Quelle est l’équipe derrière ?

Nous sommes une association donc l’équipe est essentiellement constituée de bénévoles. Pendant la période du festival nous sommes une vingtaine en tout, et sept permanents dans l’association. Il y a quatre à cinq programmateurs qui peuvent intervenir de façon plus ou moins ponctuelle (proposer une thématique, rétrospective…). Mais les deux personnes qui supervisent l’organisation de A à Z tout au long de l’année sont Hervé Joseph Lebrun, le délégué général, et moi-même.
C’est un engagement qui demande une réelle persévérance tant les difficultés sont nombreuses, mais nous sommes toujours passionnés et récompensés par la fidélité du public et la fierté de partager les films que nous proposons avec lui.

Je suis un peu en retard. Comment puis-je participer en tant que bénévole au Festival cette année ? Et l’année prochaine ?

On peut toujours rejoindre l’équipe en nous contactant sur notre page Facebook ou en écrivant à info@cheries-cheris.com. Mais si ce n’est pas pour cette année, ce sera pour l’année prochaine.

A titre perso, qui est votre chérie ou votre chéri en compétition ?

Cette année il y en a beaucoup. Mais s’il fallait choisir, je crois que ce serait Brothers of the night de Patric Chiha dont j’admire profondément le travail depuis ses débuts. C’est une sorte de docu-fiction poétique inclassable qui suit un groupe de prostitués bulgares à Vienne, entre Fassbinder, Jean Genet et Douglas Sirk.
Mais j’ai une vraie tendresse pour le jeune réalisateur Romas Zabarauskas, qui vient nous voir de Lituanie et qui a réalisé un très joli film You Can’t escape Lithuania, un road-movie sur fond de triangle amoureux.

Merci beaucoup, et à très vite au festival !

Festival de films LGBTQ+++ Chéries-Chéris, du 15 au 22 novembre
Cinémas parisiens MK2 Quai de Loire et MK2 Beaubourg

Téléchargez le programme ici, et l’agenda des séances ici.

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