Salut Piros ! En fait on aurait dû se parler l’été dernier, pour la sortie de GENRES mais mon message s’est perdu dans ton Facebook…Est-ce un prétexte pour ne pas répondre aux interviews ? (rires)

minotaurePiros : Salut Olivier ! Oui j’ignore ce qui s’est passé, ton message s’est perdu dans les méandres de Facebook et il est réapparu le premier de l’an. Donc me voilà !

Au fait, est-ce que tu utilises beaucoup les réseaux sociaux pour te faire connaitre ? De quelle manière ?

Oui, quand il ne me joue pas des tours, Facebook est un excellent outil de communication. Après cela demande beaucoup de temps car j’essaie autant que possible de répondre aux divers messages et commentaires que l’on me laisse. Je trouve important d’avoir un vrai relationnel avec les personnes qui s’intéressent à mon travail. C’est aussi une super plate-forme pour connaître l’avis du public.
Après j’utilise aussi DeviantArt mais c’est moins facile et instinctif.

Bien, parlons un peu de ton boulot. Parle-nous un peu de toi, comment es-tu venu au ?

Je dessine depuis toujours. C’est vital !
Aujourd’hui mon travail est motivé par l’étude du vivant, modeler les corps par la lumière, sculpter l’anatomie, affûter les regards. Je m’intéresse aussi énormément au travail des végétaux, des éléments naturels comme l’eau sous toutes ses formes, les minéraux… Actuellement je redécouvre l’art contemporain et les techniques du dripping, du monochrome et de la géométrie. J’espère pouvoir vous présenter mes dernières créations lors d’une prochaine exposition.

Dans ton oeuvre, on trouve beaucoup d’animaux, plus précisément d’hommes qui se métamorphosent en animaux, généralement poilus. D’où vient cet intérêt ?

lion-boxeJe suis depuis l’enfance, fasciné par les animaux. J’ai eu la chance d’avoir une mère lectrice qui me narrait beaucoup d’histoires. J’adore les mythologies greco-romaines, égyptiennes, celtes et amérindiennes ainsi que les contes de toutes les cultures. Le zoomorphisme me touche car je suis très sensible à la cause animale, à l’écologie et aux problématiques que nous rencontrons actuellement, à savoir nous vivons la sixième extinction animale de masse. Je trouve que nous avons oublié nos origines et nous cherchons sans cesse à soumettre notre environnement à nos besoins, quitte à le détruire. Un véritable lien nous unit à la Nature, mais nous l’avons oublié, enfuit, refoulant nos instincts dans un désir de domination, au lieu de chercher l’harmonie et l’équilibre.

D’ailleurs, est-ce que ce sont des hommes qui se transforment en animaux ou des animaux qui se transforment en hommes ?

Mais les humains sont des animaux comme les autres, non ?
Exceptée l’exposition Métamorphoses, qui s’inspire du texte d’Ovide, il n’y a pas de transformation. Ce sont des dieux celtes, égyptiens, des totems amérindiens, des esprits de la forêt, des plaines et des torrents.

Ces cerfs, lions et autres chevaux représentent généralement la force et la virilité dans l’imaginaire humain, est-ce que ce sont des thèmes qui te sont chers ? Peut-être en as-tu d’autres…

laurent-bisIl est vrai qu’ils symbolisent la force et la virilité, mais aussi l’essence même de notre primitivité, nos origines, nos instincts de prédateur et de proie. Je pense que, le premier concept, qui est véritablement au cœur de mes recherches, est le couple Eros et Thanatos. Ce mythe se traduit souvent par l’orgueil menant les humains à leur perte, à leur animalité reniée et méprisée qui se manifeste tantôt dans l’instinct, tantôt dans notre rapport à l’autre, tantôt dans notre rapport à la Nature, c’est à dire nos origines que nous persistons à détruire.

Tu utilises assez peu la couleur. On sent que tu l’utilises comme pour révéler quelque chose…

Oui, mes dessins sont le plus souvent en noir et blanc, réalisés à la mine graphique, au fusain ou à l’encre de Chine. Tu as raison, la couleur est là pour rehausser certaines compositions, révéler l’ineffable, un regard insistant, le jeu des complémentaires roux et bleu, une volonté d’âme. Après, la couleur joue parfois aussi un rôle majeur dans mes peintures mes dessins aux pastels gras ou aux crayons de couleurs.

J’aime beaucoup ce que tu fais mais je suis fasciné par ton oeuvre la plus différente des autres, toute en couleurs, celle de Narcisse. Quelle est son histoire ?

narcisse-final-beau-recupereIl s’agit de Mitch Hewer, acteur anglais connu pour le rôle de Maxxie Oliver dans la série Skins. C’est un personnage troublant et attachant, sa confiance en lui m’a peut-être aidé, il fut un temps, à accepter mon homosexualité. Après, une trop grande confiance en soi peut aussi être traître, c’est le cas de Narcisse. Nous sommes tous des Narcisse je pense, non parce que nous débordons de confiance en nous, même au contraire. On cherche à séduire, on se prend en selfie, on étale notre vie sur Facebook parce que l’on a besoin de se rassurer. Nous n’existons que par le regard des autres.
Je souhaitais également voir si j’étais capable de peindre en numérique. N’ayant pas de tablette graphique, j’ai tout réalisé avec le mini-pad de mon ordinateur. Il m’a demandé des heures inconsidérées de travail.

Tes modèles existent-ils en vrai ? Si oui, je veux bien que tu me les présentes (rires)

Oui un bon nombre de mes modèles existent. Il s’agit soit de potes, soit de moi (que je transforme toujours), soit de gens que je trouve sur internet, dans les magazines ou les films. Certains d’entre-eux sont néanmoins des « Frankenstein », c’est à dire que je prends la tête d’un que je mets sur le buste d’un autre, avec l’épaule d’un troisième, avec la jambe d’un quatrième, quant au sexe je l’invente le plus souvent (rire).

Au fait, que fais-tu dans la vie à part dessiner ? Tes fans veulent savoir.

Je dessine ( rire ). Sérieusement, c’est mon métier, j’enseigne le dessin de modèle vivant et l’anatomie. Je fais aussi du design d’objets, du graphisme et de l’archi d’intérieurs.

Je t’ai croisé au de la BD du Centre en juin dernier, est-ce que tu fais souvent des événements ?

J’ai eu la chance d’avoir le temps et les opportunités pour exposer souvent en 2015 et 2016. Ma dernière exposition qui est encore d’actualité, est au Checkpoint Paris, le Kiosque. Actuellement, j’ai dû me consacrer énormément à mes cours et aux commandes qui m’ont été faites.

Comment doit-on faire pour te rencontrer en vrai ?

A l’occasion de ma prochaine expo… (rire)

Pour finir, si tu étais un animal, lequel serais-tu ?

Suite à la réponse précédente, je devrais dire l’ours dans sa caverne, non ? (rire)

 


Piros expose actuellement au Check Point – le Kiosque, 36 Rue Geoffroy l’Asnier, 75004 Paris.

Pour en savoir plus sur Piros :

lixow.com/piros_coltman
Page Facebook
Tumblr
http://piroscoltman.deviantart.com

Le catalogue de ses 4 dernières expos est en vente à la librairie
Les Mots A la Bouche
6 Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, 75004 Paris

Ses tee-shirts sont en vente en lui écrivant par mail :
piros.coltman@gmail.com

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Olivier Guérin

Rédacteur en chef de GENRES. J’aime la diversité, le foisonnement d’idées, rencontrer des gens et les faire converger, les mystères, la folie, la pensée chinoise, le Japon, et plus que tout, le fromage. Pour me contacter, refgenres@centrelgbtparis.org