Temps de lecture : 1 minutes

Ni homme ni femme, ni bien ni mal, ni tendu ni relâché,
de quoi est fait ce rien.
Etre une anguille c’est être absent,
c’est être dissolu et pourtant on les voit,
tous ces visages
si présents si perdus.

 

Anne-Claire Thevenot / Carnets temporels
Anne-Claire Thevenot / Carnets temporels

 

Je me promène en fantôme et pense régulièrement à la fin de ma vie. Je ne la vois pas comme une fin, seulement un moment. C’est un moment imaginé, préparé, il possède son lieu et son heure. Aujourd’hui sur la côte de granit rose, où même le ciel a fini par rosir et où les rochers sont éclairés à l’horizon par les lumières d’un soleil devenu invisible, je pense à cet instant.

L’abandon du sexe
Etre en seul
Sur ce rocher rose

Au-dessus du vide, les pieds sur les rochers que des enfants ont appelé des montagnes, je perçois le froid du ressac et la dureté de la chute. Je n’ai aucune envie de mourir ici.

L’abandon du visage
Le regard ne se pose sur rien
Quand le ciel est tout bleu

Peut-être qu’une fois chez moi, dans ce lieu où je souhaite disparaître, j’apparaîtrai. L’endroit où l’on veut mourir est peut-être aussi l’endroit où l’on veut vivre.

 

Anne-Claire Thevenot / Carnets temporels
Anne-Claire Thevenot / Carnets temporels

Pour en savoir plus sur le travail d’Anne-Claire Thevenot, rendez-vous sur sa page Facebook, ou sur ses Carnets temporels.

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Laurent Hili
Éducateur de Jeunes Enfants et poète. Je porte grand intérêt aux questions éducatives, me passionne pour la vie où le verbe n'est pas observé et voue une adoration à la saveur du thé, les heures où je ne bois pas d'alcool.

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