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Colette naît en 1873, meurt à Paris en 1954. Autrice reconnue de son vivant, elle joue au music-hall et sera aussi journaliste. Elle ne perdra jamais « son terrible accent bourguignon », sa passion pour les chats devient aussi légendaire que son mode de vie moderne et libéré des préjugés : Colette vit pleinement sa bisexualité. Elle dessine un personnage à son image dans la série des Claudine, publiée de 1900 à 1903 : Claudine est une jeune femme libre dans ses manières et dans ses sentiments.

Claudine à l’école est le premier roman de Colette, signé par Willy son mari. Il s’agit d’une autofiction où Colette transparaît sous les traits de Claudine. Colette évoque ses années d’adolescente indomptable et rebelle, éprise de liberté et dont le corps s’éveille à la sensualité, le cœur à l’amour.

Claudine à l'école, Librairie Paul Ollendorff, 1900
Claudine à l’école, Librairie Paul Ollendorff, 1900

Claudine a 15 ans, elle tombe amoureuse de Mlle Aimée, l’institutrice adjointe. Colette crée le personnage de la femme émancipée en brossant le portrait de l’écolière. L’action se déroule dans une école de filles, lieu clos sur une micro société soumise à l’ordre établi. Claudine aime lire, elle connait bien des choses pour son âge, qu’elle a découvertes dans les livres. Elle est douée pour l’écriture, est la première en composition française ; Colette, femme de Lettres, figure parmi les grands écrivains. Elle refuse de faire comme les autres, sa chevelure abondante et bouclée descend librement jusqu’ à ses reins, elle n’a jamais pu la contraindre par un chignon. C’est en creux que Colette porte un regard critique sur la société et ses bonnes mœurs, sur ce qui est convenable et ce sur quoi on ferme les yeux.

Claudine devient le témoin jaloux des amours de Madame la Directrice avec l’institutrice adjointe, Mlle Aimée. Elles forment un couple visible dans une petite ville, qui suscite des réflexions de la part des habitants. Des ouvriers, représentatifs de l’opinion commune, ont attribué à l’une le rôle de l’homme et disent leur manque d’attrait pour ces deux femmes. Et le couple s’affiche aux regards des jeunes élèves, laissant sourdre un peu de son intimité et donnant une éducation à la sexualité en opposition aux attentes convenues. Colette ne rejette pas les hommes, mais témoigne d’une société parallèle où ils sont absents, une société entièrement féminine, comparable à un jardin de fleurs fraîches, dont le destin est d’être offertes au monde sérieux des hommes.

Colette, portrait de Jacques Humbert, 1896
Colette, portrait de Jacques Humbert, 1896

Dans ce roman, Colette initie le thème des amours adolescentes au pensionnat, auquel fera écho Olivia quelques années plus tard, ou encore Roger Peyrefitte avec Les Amitiés particulières qui évoluent dans un univers masculin.

Le cinéma des années 30 va s’emparer du thème lesbien pour une abondante production de films érotiques, où dominante et dominée se livrent à des jeux de nature à exacerber les désirs.


Texte rédigé par l’équipe des Plumes du Salon du Livre Lesbien.

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