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Vous pouvez retrouver l’intégralité de la fresque chronologique de Martine Laroche sur son site http://caminare.free.fr. Nous en publions une partie toutes les 2 semaines.

Civilisations du Tigre et Euphrate Mésopotamie, Akkadie, Sumer, Babylonie, Assyrie…

Dans l’écriture, cunéiforme dessiné, le déterminatif de homme est à l’origine un phallus, celui de femme, une vulve.
A partir du IIe millénaire, il est courant qu’une femme mariée soit voilée; veuve, elle bénéficie d’un douaire et à certaines époques, elle devient «père et mère» des enfants et obtient le statut de l’autorité patriarcale.
Il existait aussi la possibilité pour un père de «faire des ses filles des fils» ou pour une femme d’épouser sa tante paternelle comme «frère»… héritage !

vers -2600 av. en Mésopotamie

Amour «libre» dans le quotidien qui pouvait se pratiquer notamment avec des spécialistes prostitué(e)s; la prostitution n’y était pas considérée comme une pratique infamante, c’était même une institution vénérable et très respectée, à condition qu’il n’y ait ni désordre ni violence; de nombreuses tablettes montrent des ébats hétéros et homosexuels.

vers -2300

Les premiers textes poétiques connus sont ceux d’une femme, Enheduanna ou En-Hedu-Ana, fille du roi Sargon Ier d’Akkad, princesse, prêtresse et poétesse de langue sumérienne; elle composait des chants à l’honneur d’Inanna, déesse de l’amour et de la guerre, dont elle exaltait avec sensualité la beauté et en parlait comme d’«une épouse»; ses hymnes religieux, quarante-deux connus, l’une des premières tentatives systématiques de théologie, sont restés en usage pendant les siècles qui suivirent. Elle est l’une des premières femmes dans l’histoire dont le nom est connu.

dans la mythologie sumérienne

Déesse Inanna Ishtar

Les déesses sont nombreuses et occupent une place importante. Cette place décline à partir de -2000. La déesse d’origine mésopotamienne Inanna/Ishtar tend à concentrer toutes les caractéristiques des autres déesses, et garde une place de premier plan, de même que ses équivalents hors de Mésopotamie, Astarté, Shaushga, mais son aspect guerrier lui donne un caractère dit «masculin».

vers -1750 code d’Hammurabi

Dans le premier code connu de l’histoire apparaît la salzikrum, figure qui caractérise une femme-homme qui pouvait avoir une ou des épouses et des droits exclusifs d’hérédité. Les salzikrum n’avaient probablement jamais d’enfants, comme les eunuques et, s’ils en avaient, ils les cédaient par adoption et ne pouvaient plus les réclamer ensuite.

Le code d’Hammurabi ne prend en considération qu’un seul cas de viol, celui d’une femme mariée à un homme mais sans avoir encore eu de relations sexuelles avec lui, l’offenseur étant exécuté et la femme «tenue pour quitte». Les autres textes législatifs du Proche-Orient ancien punissent également de mort le viol de femmes mariées, mais pas celui d’esclaves, qui donne lieu à une indemnité pour le maître de celle-ci, le cas du viol d’une femme non mariée ou promise à un autre étant généralement vu comme moins grave et pouvant conduire à un mariage contraint.

vers -1700-1600

Gilgamesh, Musée du Louvre
Gilgamesh, Musée du Louvre

L’Épopée de Gilgameh premier «roman» de l’histoire de l’humanité, raconte, en cunéiforme sur des tablettes d’argile, l’épopée du roi d’Uruk, Gilgamesh. On peut se demander pourquoi ce récit, l’un des fondateurs de l’humanité, texte repris ensuite, entre autre, dans la Bible, texte métaphysique dont le sens est l’acceptation inéluctable de la mort et une réponse à donner au sens de la vie humaine, repose-t-il sur une sorte de couple tendre, poétique et «homosexuel», celui formé par Gilgamesh et Enkidu ?*

Gilgamesh vs Enkidu, croquis par CLX (2017)
Gilgamesh vs Enkidu, croquis par CLX (2017)
L’illu de CLX (mars 2017)

vers -1500-1000

Chez les Assyriens, quiconque viole quelqu’un de son milieu doit être émasculé et sa femme doit être violée; une femme qui abîme les testicules d’un homme a un doigt tranché.

L ’«homosexualité» masculine est bien plus attestée que la féminine. La seule limite est le fait que, comme dans d’autres cultures, la position de l’amant passif est dévalorisée par rapport à l’actif, car il perd sa virilité: il est vu comme «efféminé» ou «tenant la quenouille».

V-IVe siècles en Perse

Un changement par rapport à l’«homosexualité» apparaît avec le développement du mazdéisme, religion très «moralisatrice» (V et IVe siècles). Dans les textes zoroastriens, le pédéraste est menacé de «tourments infernaux» et on a le droit de tuer les «homosexuels».

A suivre…

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