Vous pouvez retrouver l’intégralité de la fresque chronologique de Martine Laroche sur son site http://caminare.free.fr. Nous en publions une partie toutes les 2 semaines.

Grèce antique 

Ganymède versant une libation à Zeus. Cratère en calice attique à figures rouges du Peintre d’Eucharidès, vers 490-480 av. J.-C. Celui où l’éromène présente à l’éraste un petit cadeau, parfois un animal. Sur le vase attique du Ve siècle avant J.C., ci-dessus, Ganymède verser une libation à Zeus.

L’un des fondements sociaux de la société grecque fut la pédérastie, participant au renforcement du rôle de citoyen-soldat des jeunes garçons des classes élevées de ces sociétés. Le meilleur exemple historique étant le Bataillon sacré de Thèbes où cent-cinquante couples affrontaient le monde ! La pédérastie étant le catalyseur du courage guerrier. Mais tout comme l’hétéro-socialité, elle était fortement régie. Ainsi, paiderastès, pédéraste et pais, garçon (moins de 20 ans), erastès, celui qui aime, érogène, celui qui est aimé ont chacun leur rôle, seul l’éraste peut désirer, l’éromène ne peut le faire, et ce n’est même pas concevable. Le kinaïdos – le demi-homme, aux gestes et aux comportements féminins, à la figure fardée, était méprisé par toute la société. Les Grecs faisaient une distinction fondamentale entre actif et passif, hétéros ou homos, exemples de quelques moqueries contre les érogènes et passifs dans les comédies dont celles d’Aristophane : katapugos, enculé, euruprokos, à l’anus béant, kinoumenos, qui se laisse masturber… Mais aucune de ces relations ne pouvait être violente car, contre un citoyen en Grèce, la violence impliquait la mort.

Pédérastie

On retrouve donc dans la mythologie fondatrice de la société, des exemples fort connus et représentés dans tous les arts, vases, céramiques, cratères, amphores, qui montrent les jeux érotiques entre barbus et non-barbus, baisers, pénétrations intercrurales, anales, et des approches dites par le haut et par le bas: Zeus et Ganymède, prince troyen enlevé dans les airs, érogène qui finira en Constellation, celle du Verseau, Apollon et Hyacinthe, Pélops et Poséidon,  Achille et Patrocle, Laïos et Chrysippe…

Une loi athénienne attribuée à Solon établissait que la jeune fille qui avait eu des rapports sexuels avant le mariage cessait d’appartenir à la famille et pouvait être vendue comme esclave – à Athènes, le célibat masculin était mal considéré et à Sparte, il était puni par la loi

-VIIe siècle

Alcman, Sparte, dans les Parthénées, chants pour les chœurs de jeunes filles qui participaient de leur éducation : … Je suis rompue de désirs, / elle me lance des regards plus envoûtants / que le sommeil ou la mort; / et sa douceur et souveraine. / […] Ah! Si elle s’approchait et saisissait / ma main abandonnée, je deviendrais sa…

-VIe

Anacréon : … mais celle-ci / – elle vient en effet de Lesbos la bien bâtie – / dédaigne ma chevelure, effectivement blanche, / et reste bouche ouverte devant une autre.

-V-IV

Platon dans le Banquet : … Quant à celles des femmes qui sont une part de femme, elles ne prêtent aucune attention aux hommes, leur inclinaison les porte plutôt vers les femmes, et c’est de cette espèce que viennent les hetaïristriai (mot inventé par Platon, il désigne les femmes attirées très fortement par les femmes)

vers -630

Sappho, à Mytilène, sur l’île de Lesbos, qui vécut à la même époque que Bouddha, fut la chef de file d’une communauté de femmes, Thiasos, dans laquelle des femmes étudiaient la danse, la musique, les arts… , immortalise la passion amoureuse entre femmes dans ses poèmes. Sappho parle non seulement de l’amour – ce qui est exceptionnel puisque une femme de la Grèce antique n’est pas censée aimer, c’est le privilège de l’homme et/ou du mari -, mais du désir, ce qui est encore plus étonnant… J’ai servi la beauté / Était-il en effet pour moi / Quelque chose de plus grand ? … Je t’aimais, Atthis, depuis si longtemps / Tu n’étais à mes yeux qu’une petit fille / inahabile à l’amour. … De nouveau me tourmente Eros / briseur de corps / douceur-blessure / invincible serpent! // Atthis, c’est donc toi / qui trouves odieux de penser à moi / et c’est toi qui voles / vers une Andromède! // Quelle est donc cette rustaude / qui a ensorcelé ton cœur / avec sa robe de rustaude ?/ Elle ne sait même pas / relever sur ses chevilles / ses loques.

-470-400

Aspasie érudite à Athènes concubine de Périclès modèle d’intelligence selon Socrate ; les écrits de Platon, Aristophane et Xénophon, entre autres, mentionnent son existence

-IIe

Lucien de Samosate écrit Dialogue des courtisanes dans lequel Megilla se renomme Mégillos et porte une perruque pour couvrir sa tête rasée. Elle épouse Demonassa de Corinthe. Son amie Leaena commente: Ils disent qu’il y a des femmes comme ça dans Lesbos, avec des visages comme les hommes, et qui ne veulent pas frayer avec les hommes, mais seulement avec les femmes, comme s’ils étaient eux-mêmes des hommes. Mégillos séduit Leaena, qui estime que l’expérience est trop dégoûtante à décrire en détail

Clément d’Alexandrie premier lettré grec chrétien dans Le Pédagogue III : … On recherche tout, on expérimente tout, on transgresse tout, on nie la nature, les hommes jouent le rôle sexuel des femmes, les femmes font les hommes, possédées contre nature ou possédant des femmes… Abominable spectacle ! Abjecte conduite !

Plutarque dans la Vie de Lycurgue XVII : … Alors que l’amour était tellement en honneur chez eux que les femmes les plus honnêtes s’y éprenaient elles-mêmes des jeunes filles…

A suivre…