À la différence de la Grèce, chez les Romains, la référence essentielle était dominant / dominé – pénétrant /pénétré – famé / infamie – uirtus /mollitias bref toute la « masculinité » sociale est l’identifiant.
Les statuts étaient « simples », la sexualité binaire : pénétration ou non, hommes libres d’un côté et femmes, esclaves et leurs enfants, enfants de moins de 12 ans, affranchis de l’autre…
Les garçons étaient citoyens dès 14 ans et le mariage était possible dès l’âge de 12 ans, les pueri delicati étaient alors affranchis. La procréation était mise en avant, mais si pour les femmes la norme est le non-plaisir pour les hommes, éphèbes et prostituées sont courants.
Les mères de trois enfants étaient, à partir du 1er siècle av., juridiquement émancipées et au 1er siècle Domitien interdit la castration des esclaves qui pouvaient servir à certaines femmes mariées riches.
Fellation et cunnilingus étaient des actes dits avilissants.

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la loi Scatinia, attribuée à C. Scantinius, tribun du peuple, ne prévoyait qu’une peine d’amende pour les relations entre hommes libres car l’un devenait par le sexe l’esclave d’un autre; mais le maître pouvant disposer librement de son esclave. La loi semble être tombée en désuétude au début de l’ère chrétienne.
Catulle (84 av.-54 av.), poète romain à l’œuvre variée, vit une liaison éprouvante avec Lesbie et éprouve un amour non partagé pour un jeune Romain, Juventius, auquel il dédie de nombreux poèmes. Ce jeune garçon se donne à un autre poète, Furius, ce qui exacerbe sa jalousie et sa souffrance : « Ah ! s’il m’était donné, Juventius, de baiser sans cesse tes yeux si doux, Trois cent mille baisers ne pourraient assouvir mon amour ; Que dis-je ? fussent-ils plus nombreux que les épis mûrs de la moisson, Ce serait encore trop peu de baisers. »
Auguste (63 av.-14 ap.), né sous le nom de Caius Octavius, d’abord appelé Octave puis Octavien, porte le nom de Imperator Caesar Divi Filius Augustus. Premier empereur romain, il promulgue les lois Julia dont une oblige les citoyens à se marier et une autre punit l’adultère.
Ovide (43 av.-‎17 ou 18 ap.), poète latin, Des Métamorphoses décrit la naissance et l’ du monde gréco-romain. Ainsi, dans la mythologie grecque, à la naissance de Iphis, sa mère fait croire à son père que sa fille est un garçon pour qu’il ne l’abandonne pas; mais un jour, elle rencontre Ianthé et toutes deux tombent amoureuses. Dans ce texte les relations physiques entre deux femmes sont présentées comme impossibles. Iphis aime sans espérance; vierge, elle brûle pour une vierge; et cet obstacle irritant son amour, et retenant à peine ses larmes: « Quel succès, dit-elle, puis-je espérer en aimant? quelle est cette passion étonnante, et bizarre, et nouvelle? les dieux m’ont-ils été favorables en détournant l’arrêt de mon trépas? et s’ils voulaient me conserver la vie, devaient-ils me donner des penchants que condamne la nature? »
Philon d’Alexandrie (25 av.-50 ap.) philosophe hellénisé, dans De Abrahamo fustige l’« homosexualité » hellénistique et la rapproche de la pratique des Sodomites
Phèdre (15 av.-50 ap.), fabuliste latin, a écrit plus d’une centaine de fables souvent inspiré d’Ésope; il écrit dans l’une d’elle: Le premier homme demanda quelle raison avait présidé à la création des tribades et des hommes mous ? Tribas en latin, transcription du grec tribas, il s’agit ici d’une des premières occurrences du mot en latin
Pétrone (14-66), écrivain romain, considéré comme le premier romancier européen, Le Satyricon, récit des aventures, dans une Rome décadente (avant la fin du Ier siècle) de deux jeunes homosexuels, Encolpe et Ascylte, ainsi que du jeune amant du premier, l’adolescent Giton…
Flavius Josèphe (37-100), historiographe judéen de langue grecque, considéré comme l’un des plus importants de l’antiquité gréco-romaine, dans Antiquités utilise pour la première fois le terme de sodomie pour les pratiques homosexuelles.
Martial (vers 40-vers 104), poète d’épigrammes érotiques et pédérastiques : « Ici, tu ne trouveras ni Centaures, Gorgognes, ni Harpies : notre page sent l’homme » … « Jouir de la vie et la vivre pleinement ou Pour être aimé, il faut aimer ».  « Tu as l’audace d’accoupler deux cons / et cette union inouïe imite l’étreinte mâle. / Tu as imaginé ce prodige digne de l’énigme thébaine : / un adultère commis sans homme ! »
Juvénal (50-128), poète satirique,  aborde sur le ton de la farce le jeu politique et le politiquement incorrect, pères-la-pudeur qui dissimulent mal leur homosexualité sous leurs mâles paroles et leurs vêtements de soie diaphane, « efféminés » qui se marient entre eux…
Jamblique (245-325), philosophe néo-platonicien, raconte dans Le Babyloniaka l’histoire d’une princesse égyptienne, Bérénice, et de ses amours sauvages et « contre-nature» avec Mesopotamia, qu’elle épouse.

306 ap.

Constantin Ier trente-quatrième empereur romain et le premier à se convertir au christianisme ; le siège de l’Empire romain se déplace à Constantinople ; le christianisme devient religion d’État

313

la religion chrétienne devient religion d’état sous l’empereur Constantin

342

les lois de Constance et Constant prévoient la castration des «homosexuels passifs»; les relations entre hommes prennent le statut de crime contre la dignité humaine, puis de crime contre nature notamment sous l’influence de Saint-Augustin (354-430). Les lois appliquées sous les règnes de Théodose (379-395) et de Justinien (527-565), sont les premières du genre à prévoir le bûcher pour de tels actes.