Ah! Ah! entrer dans un livre par un escalier dérobé… Eh oui ce Journal, déjà deux fois publié, fut à chaque fois censuré. Mais, cette année 2017, les éditions Robert Laffont ont tout publié et même montré les parties censurées précédemment en mettant la police en italique. Et, c’est connu, les censures donnent aussi, sinon plus, l’image d’un pays à un moment donné et là, l’écœurement des magouilles éditoriales pour les prix littéraires, les tirages et l’argent !

Donc ce Journal de Matthieu Galey, de 1953 à 1986, année de sa mort due à la maladie de Charcot, lente et horrible agonie, celui qui était Revenu avant d’être parti.
Il débute comme journaliste en 1958 dans Cahiers des saisons et Arts avec des chroniques, puis travaille à Combat et l’Express pour des critiques dramatiques. En 1962 il entre aux éditions Grasset, dans son comité de lecture. Sale métier que le mien ! Je surprends des regards inconnus qui me fusillent…

L’observateur ou le témoin l’emporte chez lui sur le créateur donc il ne sera pas auteur de roman. Écrire, tout écrire, sans tricher, même si le plaisir de cette écriture et de la lecture vient d’une certaine méchanceté. Mais tout est assumé, jouissance, une image de la vie intellectuelle, artistique, culturelle d’une époque, de ses soirées mondaines, ses cocktails, ses premières, ses générales, ses livres, ses auteurs, Aragon, Jouhandeau, Cocteau, Françoise Sagan, Antoine Blondin, Jean d’Ormesson… et puis ses fréquents « plans cul », nombreux, variés… Mais Matthieu Galey n’est pas Renaud Camus et son Journal n’est pas Tricks !

La préface de Jean-Luc Barré donne une agréable vision de Matthieu Galey.
Le Journal est suivi de quarante-trois portraits littéraires et d’une partie de sa correspondance avec Herbert Lugert, amant, ami.
Une mine entre nos mains. L’émission Le Masque et la Plume… Des souvenirs, en veux-tu en voilà !

Journal,
Mathieu Galey
Robert Laffont – 2-221-19331-8 – 30 €