Hugues : Comment es-tu venu à la photo ?

Jean-Baptiste : J’ai eu mon premier appareil reflex à 15 ans et j’ai commencé surtout à prendre la famille, les amis. Puis, j’ai fait des études de cinéma car je voulais devenir directeur de la photo ou monteur. Finalement j’ai opté pour le montage car j’avais une opportunité dans le milieu de la télévision.

Mais j’ai continué à prendre en photo des gens que j’aimais autour de moi et ce jusqu’à maintenant. C’était devenu une passion, un hobby.

J’ai toujours été en admiration pour des photographes tels que Man Ray, Mapplethorpe, et beaucoup plus tard, Helmut Newton, Peter Lindberg, Bruce Weber, Herb Ritts, Pierre et Gilles et Paul Freeman qui ont toujours su capter des émotions particulières et des corps dans toute leur splendeur, toujours parsemées d’érotisme.

Je suis aussi très fan de la peinture de la Renaissance.
Je pense que l’ambiance de mes photos reflète donc tout cela.

Quel rapport entretiens tu avec tes modèles ? Comment les recrutes-tu  ?

J’ai besoin d’un rapport affectif avec mes modèles, c’est presque viscéral. Ce ne m’intéresse pas de prendre en photo des modèles qui veulent juste assouvir leur soif de célébrité sur des réseaux sociaux ou avec des égos surdimensionnés.
Avec l’expérience, je sais faire le bon choix de personnes que j’ai envie de photographier.
Au départ, c’était surtout des amis ou des amants que je prenais en photo.
Avec le développement des réseaux sociaux et surtout Instagram, je trouve de plus en plus des modèles qui me conviennent car je prends le temps d’analyser leurs profils et choisir ceux qui se mettent moins en avant, qui sont plus en retrait. J’ai besoin aussi de privilégier le côté humain. Avoir le physique c’est une chose mais je préfère aller au delà de la plastique.
C’est plutôt moi qui fais le premier pas car j’ai besoin d’être dans un état d’admiration.

Est ce que le désir physique pour le modèle participe à la réussite de tes photos ?

Bien sûr, ils représentent pour moi la perfection, le fantasme ou parfois la frustration du désir.
Le fait d’être en émoi ou de désirer l’autre (pas forcément un désir physique) me pousse à être performant, à être motivé et quand je sens qu’il y a une bonne connexion, ma créativité est décuplée.
La réussite de mes photos vient de cet état surtout si le modèle est très poilu et a une belle barbe !

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Hugues Demeusy

Grenoblois d’origine, je viens à Paris pour vivre ma vie et apprendre la publicité. Je travaillerai dans la communication jusqu’à ce que ma vie soit bouleversée par le sida en 94. Depuis, je m’adonne avec frénésie à mes passions : la littérature, le cinéma, l’écriture, la mer…. J’ai découvert le Centre LGBT rue Keller en 2001 !