Lluis Llach, auteur, compositeur, chanteur catalan, très célèbre, militant homo, maintenant auteur de romans dont voici le second.
La Catalogne, XIXe siècle, ses vignes, sa richesse, sont menacées par le phylloxéra, petit puceron, même si ses celliers sont encore remplis de vin.
1893, Maria, 20 ans, sa mère, la Régente, meurt. Son père, ses quatre frères, partent s’installer à Barcelone pour leurs études de médecine, de droit, de pharmacie et de prêtrise. Elle doit rester dans le domaine, la Principal, le gérer à son tour et administrer tout le personnel. Cadeau de son père ou forme de mépris sexiste ?
1936, juillet, en plein franquisme, un cadavre est déposé devant la demeure la Principal. Qui est-ce ? Qui a pu faire cela et pourquoi le déposer là ?
1940, toujours le franquisme. Un inspecteur, seul, veut savoir alors qu’on lui déconseille et ordonne pratiquement de ne pas faire de bruit autour de cette famille riche et puissante, et dont l’un des représentants est à l’archevêché… Mais il s’obstine et rencontre la Régente.
2000, discussions mouvementées entre la dernière régente Maria, la troisième de cette histoire, et son père à Barcelone : … Ma mère est tombée amoureuse d’un inverti (les temps ont changé, le vocabulaire aussi…). D’un ped… Oh, merde, non ! … De ce qu’on appelle un bisexuel… À y regarder de plus près, ce sont les plus dangereux (…) ils sont parmi nous et avancent masqués… ce sont les pires et ils n’ont presque pas de nom : les bisexuels. Sa mère avait épousé, subjugué, l’un de ses employés, Llorenç. Employé qu’elle avait surpris dans le domaine en pleine action pédérastique avec Ricard, celui qui fut tué. Celui qui fut l’amant de l’abbé Salvador, pièce importante dans le contexte christo-fascisme du régime franquiste de l’époque.
Comme une épopée…

Les femmes de la principal,
de Lluis Llach
traduction du catalan de Serge Mestre
Actes Sud – ISBN 9782330078300 – 22, 80€