• vers 1130 à Sens, un nouveau style architectural apparaît lors de la construction de la cathédrale Saint-Étienne… Début de l’art ogival, sculpteurs et peintres commencent à exalter le corps féminin avec, au choix, l’apparence de la vierge Marie ou d’Eve.
•  les femmes de haut lignage prennent part à l’art poétique et participent à l’exercice du pouvoir, à l’égal de leur mari ou en remplacement de celui-ci, comme Aliénor d’Aquitaine (1120-1204) qui divorce du roi de France et se remarie avec le futur roi d’Angleterre ! En 1147, elle prend part à la deuxième croisade, traversant l’Europe et l’Anatolie à cheval, la Méditerranée en bateau. Son de son arrière-petite-fille, Blanche de Castille (1188-1252) qui gouverne, au nom de son fils âgé de 12 ans avec le titre de baillistre puis de 1249 à 1252 quand son fils Louis (saint) part à la croisade. On peut dire que les femmes perdront leur autonomie à la Renaissance, avec le retour du droit romain et son statut d’infériorité des femmes.

• 1215 le IVe concile du Latran convoqué par Innoncent III qui réglemente l’obligation de se confesser et de communier au moins une fois l’an, à Pâques, la confession auriculaire apparaît ainsi qu’un nouveau personnage, le curé ; publication des bans à l’occasion des mariages qui deviennent un sacrement religieux indissoluble et, pour la première fois dans l’Histoire, les femmes peuvent dire non ou oui ; impose aux juifs le port d’un insigne distinctif ; impose aux seigneurs de poursuivre les sodomites sur leurs terres, sous peine d’excommunication ; condamne les doctrines vaudoise et cathare qui sanctifient la pauvreté et le renoncement aux valeurs matérielles ; émet un canon sur la question de l’incontinence des clercs, les enjoint à se garder de tout vice du désir déréglé et particulièrement, de celui à cause duquel la colère de Dieu vient du ciel sur les fils de la défiance.

• 1220 l’exclusion des femmes de la médecine fut progressive et atteignit son terme vers 1220; seuls les hommes non mariés peuvent faire ces études. En 1344, la faculté de médecine de Paris intenta un procès à une dame Jacobe Félicie pour avoir acquis des connaissances médicales et donner des preuves excellentes dans sa pratique. Elle fut condamnée en dépit des nombreux témoignages de patients qu’elle avait guéris

• vers 1255 le dominicain Jean de Mailly publie la première version de l’histoire de la Papesse Jeanne dans Chronique universelle ; plus d’une dizaine de versions d’auteurs différents seront ensuite publiées ; femme du IXe siècle travestie en homme, elle est utilisée par les catholiques et les protestants en renforcement des doctrines misogynes du Droit canon. Elle réapparaît au XIVe siècle avec Boccace, puis au XVIe dans Frau Juttaz où les luthériens en font un disciple de Lucifer contre les non-réformés ; en 1777, la Papesse Jeanne, de Charles Bordes, est une libertine et en 1793 elle devient l’un des symboles de l’anticléricalisme républicain. Puis, Brecht, Singer…

• 1256 Espagne Alfonso X de Castille promulgue un Code civil qui punit de castrations et de lapidation le péché contre-nature

• 1260 Orléans, lois édictées contre les rapports entre personnes de même sexe ; sanctions : excision du clitoris ou des testicules la première fois, seins ou pénis la deuxième fois, bûcher la troisième

• Xllle Thomas d’Aquin, philosophe et théologien scolastique de l’ordre mendiant des Dominicains ; pour lui la sodomie est une faute mortelle contre la nature. Or un péché mortel entraîne la perte de la charité et la privation de la grâce sanctifiante, c’est-à-dire de l’état de grâce. C’est le plus grave des péchés dans le genre de la luxure qui concerne, par définition, ce qui viole l’ordre et la mesure de la raison dans le domaine sexuel. Il constitue une grave injure contre Dieu, son ordonnateur. La sodomie est un péché plus grave que le péché de bestialité, il détourne l’homme du but que Dieu a attribué à l’union sexuelle : la procréation

• 1327 en Angleterre, le roi Edward II, qui ne faisait pas mystère de son amour pour Gaveston, sur l’intigation de sa femme Isabelle et de son amant Mortimer, est déchu, castré et empalé par le rectum

• 1335 sodomie et hérésie vont être présentées comme des crimes associés mais distincts, la sodomie étant un des signes de l’hérésie; petit à petit hérésie et sodomie vont être confondues: la sodomie est qualifiée de grande hérésie et de grande mauvaiseté dans un arrêt rendu en plein Parlement de Paris

• 1372 à Reims, un prostitué travesti nommé Rémon est conduit au bûcher

• XlVe le prédicateur Jacques de Vitry écrivait qu’à Paris le vice honteux et abominable de sodomie est tellement en vigueur que celui qui entretient publiquement une ou plusieurs concubines est réputé honorable. Sous l’influence des thèses de Saint-Thomas, l’Église lance une vaste offensive pour contrôler la sexualité des individus ne devant avoir qu’une seule fonction : la procréation dans le mariage obligatoirement officialisé devant l’église.

• 1402 Christine de Pisan (1364-1430), philosophe, poétesse, première femme écrivain de langue française ayant vécu de sa plume. Son érudition « universaliste » la distingue des écrivains de son époque. Veuve et démunie, elle élève sa famille en écrivant. Elle lance la première querelle littéraire de France après la parution du second Roman de la Rose de Jean de Meung, antithèse de la première écrite par Guillaume de Lorris (vers 1245). Elle trouve l’Argument… contre de Meung qui accuse, blâme et diffame les femmes de plusieurs très grands vices et prétend que leurs moeurs sont pleins de toutes perversités mais Si les femmes ont tous les défauts que de Meung leur prêtent, pourquoi s’en approcher !!!!! Dans Le livre de la Cité des dames, elle reproche aux hommes : repputer à elles estre grands crime ce que ils tiennent à eux estre petit deffault et Si la coutume, était de mettre les petites filles à l’école, et que communément on leur fît apprendre les sciences comme on fait aux fils, elles apprendraient aussi parfaitement et entendraient les subtilités de tous les arts et sciences comme ils font.

• 1431 30 mai Jeanne d’Arc, schismatique, apostate…, est brûlée place du Vieux-Marché à Rouen, embronchée (voilée), dotée de la mitre de l’infamie, placée à plus de 3 mètres de hauteur pour qu’il ne reste que ses cendres, jetées dans la Seine pour qu’on ne puisse en faire des reliques, brûlée vive (ce qui était rare) car elle avait contrefait l’homme !

• 1432 Italie Florence création d’un tribunal spécial contre la sodomie

• 1436 Jeanne des Armoines à Metz prétend être Jeanne d’Arc, elle est d’ailleurs reconnue comme telle par les deux frères de la vraie Jeanne; elle est arrêtée en 1456 parce qu’elle porte des vêtements d’homme après la réhabilitation de Jeanne

• 1440 Gilles de Rais, chevalier et seigneur de Bretagne, d’Anjou, du Poitou, du Maine, et d’Angoumois, jugé par l’officialité de Nantes pour hérésie, sodomie et meurtres de « cent quarante enfants, ou plus. » Simultanément, il est condamné à la pendaison et au bûcher par la cour séculière nantaise pour s’être emparé indûment du château de Saint-Étienne-de-Mer-Morte ainsi que pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants » sans précision de leur nombre. Il est conduit au bûcher

• 1482 le chevalier de Hohenberg et son valet sont brûlés vifs sous les remparts de Zurich

• 1486-1535 Corneille Agrippa de Nettesheim, docteur ès-lettres et docteur en médecine, et esprit universaliste, publie en l’honneur de Marguerite de Bourgogne, un traité en latin intitulé De la noblesse et préexcellence du sexe féminin (1509) dans lequel il rappelle que Ève est née au Paradis et qu’elle joue un grand rôle dans la génération. Il fait l’éloge des femmes de la Bible : Marie est meilleure que le meilleur des hommes, et la pire des femmes l’emporte sur Judas…