Il reste encore plus d’un mois pour se rendre au Palais Galliera, le musée de la mode de la ville de Paris et déambuler au milieu de la garde-robe d’une des plus grandes icônes populaires de ces dernières années et qui fascine encore aujourd’hui, cette exposition a été rendue possible grâce à la récente et généreuse donation d’Orlando, le frère de Dalida au musée. Et le prisme du vêtement apparaît ici, comme éminemment pertinent, lorsqu’il est question de retranscrire les évolutions de la carrière de la chanteuse. De la robe de velours rouge, semblable au rideau d’une scène, d’inspiration New-Look, créé en 1958 par Jean Dessès et qui ouvre le parcours de cette exposition, jusqu’au débauche de strass, plumes, perles et paillettes de ses costumes de scène dans les années 80, la garde-robe de Dalida, à la ville et à la scène, apparaît comme une grille de lecture privilégiée de l’histoire de la mode et de celle de la variété et du spectacle. Au travers l’observation de cet ensemble de près de 110 robes, le goût et les choix de Dalida apparaissent très sûrs, elle choisit, particulièrement pour la ville, ce qui lui sied, elle va vers ce qui la met en valeur, elle refuse de se plier à certains caprices et excès, c’est ce qui laisse aujourd’hui la trace d’un véritable style. Balmain, Loris Azzaro accompagneront de leurs fourreaux et robes fluides la silhouette de la chanteuse dans une veine classique et couture. À la ville, les essentiels du prêt-à-porter Yves Saint Laurent Rive gauche, saharienne, smoking, tailleur-pantalon témoigne de cette envie de liberté que le couturier entend proposer aux femmes et que Dalida embrasse, mais aussi Jean-Claude Jitrois qui déclarera qu’habiller Dalida « c’est comme habiller les stars pour le Festival de Cannes » dans sa carrière cinématographique aussi d’ailleurs, la chanteuse au travers de ses tenues, fera la démonstration d’un style affirmé, de robes à la féminité triomphante de Jean Dessès jusqu’à des choses simples et sans artifices de Jacques Estérel. Au travers de ses choix, du privé à la scène, du show à l’intime, c’est aussi cette part de sensible qui infuse l’atmosphère de cette exposition et qui rend la démonstration particulièrement émouvante. La garde-robe de l’artiste rejoignant le fond du musée prolonge ainsi d’une empreinte indélébile ce qui fût aussi, partie intégrante, de l’œuvre d’une vie.

de haut en bas, de gauche à droite :

  • affiche de l’exposition « Dalida, une garde-robe de la ville à la scène » (détail)
  • Jean Dessès. robe 1958. Velours rouge profond. Collection Palais Galliera © Julien Vidal / Galliera / Roger-Viollet
  • Balmain. robe longue 1977. Sergé de soie ivoire brodé de paillettes plastique, perles tubulaires et miroirs. Collection Palais Galliera © Julien Vidal / Galliera / Roger-Viollet
  • Loris Azzaro. robe longue 1976. Crêpe de satin ivoire plissé soleil, application de maille métallique argent. Collection Palais Galliera © Julien Vidal / Galliera / Roger-Viollet
  • Tenue dessinée par Michel Fresnay et réalisées par Mine Barral Vergès.
Tenue de scène 1980. Cape en plumes d’autruche et body en velours noir. Collection Palais Galliera © Julien Vidal / Galliera / Roger-Viollet

    Dalida, une garde-robe de la ville à la scène

  • Sous la direction de Sylvie Lécailler
  • Textes de : Olivier Saillard, Nelly Kaprièlian, Sandrine Tinturier, Gérard Lefort, Alexandre Samson
  • 200 illustrations (dont 140 photographies)
  • 192 pages
  • Éditions Paris Musées
  • 37 €
  • exposition jusqu’au 13 août 2017, Palais Galliera, Paris, www.palaisgalliera.paris.fr

 

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