« Je préfère vivre en couleur » David Hockney

Voici une phrase dont il ne faudrait surtout pas faire l’erreur d’ignorer les multiples significations qu’elle peut avoir lorsque l’on entreprend d’évoquer l’œuvre et la vie de l’artiste né en 1937 au Royaume-Uni. Après la Tate Modern de Londres, c’est le centre Pompidou, qui accueille, pour encore quelques jours, l’exposition David Hockney, un peintre, un figuratif, a priori bien loin des tendances actuelles de l’art contemporain, un grand connaisseur de l’histoire de l’art, il signe en 2001 un impressionnant ouvrage sur les techniques et secrets des peintures des grands maîtres tel que Vermeer, Le Caravage, Ingres… ce qui ne l’empêche pas d’exposer fin 2010, à la fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, ses peintures sur IPad et IPod, dans l’exposition « Fleurs fraîches ». Un artiste donc, à 80 ans, résolument de son temps. Artiste devenu quasiment personnage, son allure inspire encore nombre de créateurs de mode, c’est à ce jour la plus importante rétrospective de son travail que lui consacre l’institution parisienne. David Hockney qui distille dans ses œuvres, ses obsessions de couleurs, cette vision d’une Californie hédoniste, luxuriante, et aussi les portraits hommages de ses amis, ses amants, ses amours, il n’aura de cesse de revendiquer l’influence de la revue « Physique Pictorial », ses « swimming pool », bien que saturées de couleurs, distillent aussi de la mélancolie, presque parfois de l’ennui, de la lassitude, de la solitude, mais aussi une calme passion. Les paysages l’inspire, du Yorkshire de son enfance, jusqu’à son gigantesque Grand Canyon, ses forêts, ses champs sont autant de démonstration de sa maitrise de la couleur, de cette proposition d’évasion dans des formats démesurés. Mais il serait injuste de réduire Hockney à son seul statut de peintre, il est aussi dessinateur, graveur, et même créateur de costumes et décors pour le théâtre. Il réalise des photomontages se jouant des perspectives et des décalages, floutant la frontière entre peinture et photographie. Un film « a Bigger Splash » de Jack Hazan sorti en 1974, mêlant images d’archives et de fiction offre une plongé dans l’esthétique et l’univers de l’artiste. Peter Webb signe en 1988 (paru en 1991 en langue française) une importante biographie de l’artiste, aux éditions La Différence, mais c’est un ouvrage qui semble difficile à trouver aujourd’hui…

Crédits photos

  • Portrait of an Artist (Pool with Two Figures) (détail) 1972, David Hockney, Private Collection © David Hockney Photo Credit: Art Gallery of New South Wales / Jenni Carter
  • Peter getting out of Nick’s pool, 1966, David Hockney, Collection Walker Art Gallery, Liverpool © David Hockney Photo Credit: Richard Schmidt
  • L’arrivée du printemps à Woldgate, East Yorkshire, 2011, David Hockney, dessin créé sur IPad puis imprimé sur papier © David Hockney

David Hockney, catalogue de l’exposition

  • Sous la direction de Didier Ottinger
  • 320 illustrations
  • 320 pages
  • éditions du Centre Pompidou
  • 49,90 €

 

 


Exposition David Hockney