« J’aimerais que dans cent ans on étudie mes robes, mes dessins. » Yves Saint Laurent, 1992.

En 1961 le couple Yves Saint Laurent – Pierre Bergé ouvre leur maison de couture, d’abord rue Spontini, puis en 1974 ils déménagent et s’installent au 5 avenue Marceau, cette adresse que ne quitteront plus les ateliers, le studio et les salons de la maison, dès sa création, il est décidé d’archiver l’intégralité du travail du couturier, les modèles des défilés, mais aussi, tous les croquis, fiches d’ateliers, photographies, coupures et dossiers de presse, accessoires… c’est cet ensemble qui constitue aujourd’hui une trace unique de l’activité d’une maison de Haute couture au vingtième siècle. En 2002, le 7 janvier, Yves Saint Laurent, annonce son retrait, la maison de Haute couture ferme ses portes aprés un dernier défilé rétrospective au Centre Georges Pompidou, puis le 5 avenue Marceau devient la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, le couturier disparaît en 2008, et c’est en ce début du mois d’octobre 2017 que la fondation, après travaux et agrandissement devient le Musée Yves Saint Laurent. Ce livre revient sur la transformation de la maison Yves Saint Laurent en musées (au pluriel puisque qu’un second musée est inauguré simultanément à Marrakech, la ville où le couturier se rendra, avec une étonnante régularité, deux fois dans l’année, dans sa résidence installée dans les jardins du peintre Majorelle, pour y dessiner ses collections). Ces deux musées, c’est le dernier des grands projets de Pierre Bergé disparu le 28 septembre 2017 dont on ne peut renier la constance et l’énergie déployées au rayonnement de l’œuvre d’Yves Saint Laurent. C’est donc une déambulation dans les anciens salons de cette maison de couture, au travers une élégante scénographie de Nathalie Crinière et du décorateur Jacques Grange, qui emmène jusque dans le bureau du couturier, dont les moindres détails et objets laissent croire qu’il s’est seulement absenté pour un moment… que le visiteur découvre ce parcours inaugural (jusqu’au 09 septembre 2018). Une première présentation qui choisit, en toute logique, comme une introduction, de mettre en avant les plus emblématiques créations du couturier, la saharienne, la robe Mondrian, le smoking, les créations évocatrices d’horizons lointains et fantasmés, la Chine, l’Afrique, l’Espagne… C’est un ensemble, une œuvre, puisque c’est ainsi que Saint Laurent souhaitait voir qualifier son travail, bien plus complexe qu’elle n’y paraît et qui interroge évidemment au-delà de l’histoire de la mode, puisqu’elle accompagnera et même souvent devancera les grandes (r)évolutions de notre société, de l’avènement du prêt-à-porter, de cette ambivalence et de cet éternel questionnement des notions de féminin-masculin, de cette attention constante portée à la rue et aux aspirations de la jeunesse, de cette réflexion sur la nudité et la sensualité… pour des créations qui toujours balancent entre scandale en sublime.

Crédits photos

  • Yves Saint Laurent, photographie, Jeanloup Sieff, 1971 (détail)
  • Réserves textiles de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, Paris © Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, Paris / Alexandre Guirkinger
  • Yves Saint Laurent, photographie, Jeanloup Sieff, 1971
  • Planche de collection « soir long broderies », collection haute couture printemps-été 1988 © Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, Paris

Les musées Yves Saint Laurent : Paris, Marrakech

  • Textes de : Laurence Benaïm, Madison Cox, Bjorn Dahlstrom, Olivier Flaviano, Olivier Gabet, Olivier Saillard, Aurélie Samuel, Valérie Steele
  • 208 pages
  • éditions Réunion des Musées Nationaux
  • 39 €

 

 


Musée Yves Saint Laurent, Paris

  • 5 avenue Marceau, 75116, Paris
  • du mardi au dimanche
  • de 11h à 18h, nocturne jusqu’à 21h le vendredi
  • tél. + 33 (0)1 44 31 64 00
  • https://museeyslparis.com/
  • contact@museeyslparis.com