Oui, les traitements sont efficaces, on ne meurt (presque) plus du sida dans les pays occidentaux… mais quand est-il du regard de la société sur les séropositifs, comment se situe la « communauté » gay par rapport aux nouveaux contaminés… autant de sujets brûlants et tabous que ce témoignage a le mérite de soulever.

Le narrateur est « plombé » juste quand il rencontre un garçon avec qui il va entamer une liaison amoureuse. On peut dire que c’est un test infaillible pour mesurer la véracité des sentiments… on peut s’en passer aussi…

Il décrit avec une précision clinique ses peurs, ses angoisses et son parcours du combattant dans l’univers médical, même s’il a la chance d’être accompagné par les siens qui le soutiennent, et de rencontrer immédiatement les bonnes personnes.

Car c’est sur ce point que l’on peut étayer une critique : le milieu très aisé dans lequel vit Camille (c’est un garçon !) constitue un atout non négligeable dans son entrée dans la séropositivité (nous l’avons dit, ses proches le soutiennent, l’accompagnent, comprennent tout…) bref il est bien parti psychologiquement et socialement.

Donc, on peut être agacé de lire ce point de vue qui suinte le confort et le luxe de la bienveillance et de la mensuétude…
A sa décharge, l’auteur en est tout à fait conscient et il mesure pleinement sa chance dans son malheur.

Il s’insurge contre les établissements financiers, les assurances… qui établissent un rejet radical des séropositifs en leur infligeant des pénalités quand ce n’est un refus clair et net.
Il milite pour l’oubli du statut sérologique dans ce cadre (il est à l’origine d’une pétition qui va dans ce sens).

Ce livre est toutefois étonnament bien écrit (pour un premier opus) et percutant : Camille Genton impose son statut d’acteur de sa maladie et son refus de se considérer et d’être traité comme une victime. C’est ce que l’association Act-Up appelle ‘l’empowerment » et qui a radicalement bouleverser le rapport des malades et du corps médical.

Etre positif, plus que séropositif, c’est son message !

Positif
Camille Genton
Editions JC Lattes

http://www.liberation.fr/france/2017/09/30/discriminations-les-seropositifs-reclament-un-droit-a-l-oubli_1599843