Rappelez-vous, c’était en 2014. Deux « biopics » sur Yves Saint-Laurent faisaient l’affiche à quelques mois d’intervalle. Le premier, signé de Jalil Lespert, le montrant  sous un jour lumineux, très consensuel, fut adoubé par Pierre Bergé, le compagnon du grand-couturier et accessoirement son financier. Le second, plus polémique, réalisé par Bertrand Bonello, s’attardait sur la complexité du couple formé par Saint-Laurent et Bergé. Plus incisif et critique, il n’eut aucun soutien de l’homme d’affaires Pierre Bergé qui le condamna sans limite !

Le conte de fée selon Pierre Bergé

On l’aura donc compris, homme de pouvoir et d’influence caractérisé, Bergé ne voulait pas qu’on détériore le conte de fée qu’il avait eu tant de mal à créer ; seuls les initiés savaient.

Alors cette biographie signée de celui qui fut le compagnon « rémunéré » de l’icône de la mode pendant 5 ans, de 90 à 95, n’aurait certainement pas eu les faveurs de Bergé, décédé il y a peu ! Sa parution aujourd’hui est-elle due au hasard ? Ça parait peu probable.

Toujours est-il que le sémillant Fabrice Thomas dresse ici le portrait d’un homme mi-génie, mi-loque… psychiatriquement limite, très déséquilibré, une poupée de chiffon utilisée par Bergé pour créer à dates fixes les collections qui font le succès de la maison Saint-Laurent.

Car le couple Saint-Laurent-Bergé, fondateur de cet empire de la mode s’est rapidement délité, et ils vivent chacun de leur côté, même si la jalousie, les intérêts, et d’autres sentiments non moins reluisants sont bien présents.

Un bel animal de compagnie

Le jeune Fabrice Thomas, alors chauffeur du styliste, ancien amant de Bergé, est engagé par ce dernier, qui connait l’attirance de son ex-compagnon pour le beau gosse sauvage, afin de « garantir » une harmonie amoureuse propice à la création… Pas joli joli tout ça…

De Marrakech à la Normandie, aux fêtes parisiennes les plus folles et les plus « hards », Fabrice Thomas, avec l’aide de la journaliste Aline Apostolska, dépeint un quotidien dont le glamour n’est qu’une façade offerte au public, plutôt un périple laborieux pour maintenir Saint-Laurent en capacité de créer et, pour Fabrice, de se fondre en bel animal de compagnie…

On comprend que Fabrice Thomas ait eu l’impérieuse nécessité de dire sa vérité, mais fallait il pour autant révéler des « secrets » aussi sordides, quitte à ternir le mythe Saint-Laurent, à le salir…

Cadeau empoisonné…

Saint-Laurent et moi
Une histoire intime
Fabrice Thomas
Hugo&doc