L’Egypte veut criminaliser l’homosexualité

Out Magazine rapporte que l'Égypte est en pourparlers cette semaine pour criminaliser l'homosexualité après qu'un député a présenté une loi anti-LGBT en cinq parties au Président du Parlement.

Une loi quasi prête

Alors que les droits des LGBT+ progressent dans le monde, Out Magazine rapporte que l’Égypte est en pourparlers cette semaine pour criminaliser l’homosexualité. Un député a présenté une loi anti-LGBT en cinq parties au Président du Parlement Ali Abdel Aal. Selon le quotidien The Egypt Independent, la loi a déjà reçu l’approbation de plusieurs députés, censés « être prêts à l’approuver ».

Une chasse aux sorcières

Le projet de loi fait suite à un incident controversé du Music Park Festival du Caire le mois dernier. Des festivaliers ont été vus brandissant des drapeaux arc-en-ciel lors d’un concert de Mashrou Leila. Le groupe libanais dont le leader Hamed Sinno est ouvertement gay, a toujours été très actif sur les questions et la visibilité LGBT+ en Egypte tout au long de sa carrière. Après la mise en ligne des images de l’incident, l’Egypte a commencé une chasse aux sorcières massive contre la communauté LGBT+. Elle a arrêté des dizaines d’homosexuels, selon Rolling Stone.

Alors que l’homosexualité n’est pas illégale en Egypte, le gouvernement a trouvé des failles. Généralement il utilise des stratégies diverses, et accuse les citoyens de débauche ou de prostitution. Mais aujourd’hui tout est sur le point de changer.

Une loi qui bâillonnerait toute « promotion » de l’homosexualité

De nombreux détails de la loi anti-gay préparée par le président du Parlement ont été révélés par The Egypt Independent :

  • Le premier article définit l’homosexuel comme toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne du même sexe.
  • Le deuxième article précise que toute personne qui s’adonne à l’homosexualité dans un lieu public ou privé devrait faire l’objet de mesures punitives. Elle ne devraient pas être inférieures à un an et ne pas dépasser trois ans d’emprisonnement.
  • Il ajoute que si ces homosexuels emprisonnés avaient des rapports sexuels répétés après avoir été libérés, la peine devrait être de cinq ans de prison.
  • Le troisième article souligne que tout « partisan » de l’homosexualité ou quelqu’un qui réclame l’acceptation de l’homosexualité, même s’il n’est pas un « pratiquant de l’homosexualité », devrait être emprisonné pour au moins un an, au plus trois ans.
  • Le quatrième article porte sur la couverture médiatique des fêtes organisées par des homosexuels, stipulant que tous les médias qui font la promotion de fêtes LGBT seraient emprisonnés pendant trois ans.
  • De plus, l’article note également que les organisateurs ou les participants de ces fêtes seraient emprisonnés pour la même durée.
  • Plus généralement, il devient interdit de montrer tout signe ou symbole représentant l’homosexualité ou d’en faire la promotion. Tous les contrevenants seront emprisonnés pendant au moins un an et au plus trois ans « , dit le cinquième article.