Texte originalement publié sur la page FB de Daniel.

Ambiance très rude !

Un beau film, des acteurs étonnants et très justes, avec la beauté rude, sans chichis, de la campagne du nord de l’Angleterre comme cadre, et avec sa petite touche de peinture sociale. Seule la terre, un film très… très anglais, en fait. Donc, il ne faut pas s’amuser à pointer toutes les ressemblances avec Brokeback Mountain, (même si le film s’attache à suivre le parcours de deux garçons que rien ne prédestinait à se rencontrer, le fils d’agriculteurs locaux et un saisonnier), c’est complètement une autre histoire, d’autres personnages, d’autres façons de se chercher, de se fuir et de se retrouver (il en existe tellement…).

Quand les sentiments s’en mêlent…

Si le film de Francis Lee était sorti avant, on aurait dit que celui que Ang Lee est une adaptation avec des moyens hollywoodiens. Seule la terre est différent et il est très bien comme ça. Le titre français est plutôt bien trouvé, parce qu’on pourrait mettre ces mots dans la bouche du père de John, obsédé par l’idée d’entretenir sa ferme, de réparer ce qui doit l’être, pour la transmettre.

Lui et d’autres personnages voient leur rudesse peu à peu défrichée pour faire ressortir une sensibilité, des gestes même anodins mais « qui ne se font pas ». Le père handicapé dit à son fils « merci » quand il le lave dans sa baignoire alors que jusque là il le traitait en larbin et fils fainéant, John retrouve Gheorghe pour lui dire « je veux être avec toi », etc… d’autres mots, des gestes spontanés que les personnages n’avaient pas au début pour exprimer leurs sentiments…

Cela étant, on ne dit jamais « je t’aime » dans ce film…

Si vous êtes vegan, si vous pensez que l’animal est une personne, vous penserez à fermer les yeux pendant le dépeçage de l’agneau et quelques scènes avec des vaches, dont on ne sait pas si elles estiment avoir été harcelées. Le reste du temps, il faut les garder grand ouverts…


Le film sort en salle le 6 décembre 2017.

Le film basque sorti en 2010, Ander de Raoul Caston aborde un thème proche, à savoir la relation amoureuse entre un paysan basque et un ouvrier agricole. Il existe en DVD.