Une bible sur Daho

Fruit d’une collaboration étroite de pas moins de dix ans entre les deux garçons, c’est une véritable bible que nous propose Flammarion sur Daho, déjà éditée une première fois en 2008 et enrichie pour cette nouvelle version.

Vie professionnelle, vie intime et au delà, portrait d’une époque de plusieurs décennies, le tout étroitement imbriqué dans un parcours exceptionnel qu’on apprécie ici dans le moindre détail. Car l’érudition d’un grand documentaliste, d’un passionné de musique et d’un amoureux de Daho est réunie pour composer cette biographie qui entre dans notre tête comme une mélodie élaborée par les meilleurs musiciens.

Si Daho possède ce don singulier de flairer les sons les plus novateurs, il cultive une exigence acharnée, de celle qui abattent les montagnes à une discrétion légendaire. La musique : point barre.

On en saura donc pas d’avantage sur l’orientation sexuelle de celui qui prétend qu’il est transparent et que les paroles de ses chansons révèlent tout. Il suffit d’écouter…

La bisexualité affirmée

On se reportera (entre autres) aux paroles ludiques et imagées des Attractions désastres, morceau phare de l’album Paris ailleurs de 1991. « Était ce une quille ou un glaçon, va savoir ». C’est en ces termes qu’Etienne Daho aborde sa bisexualité, qu’il affirmera lors de multiples interviews, ne satisfaisant que très peu les mauvaises langues qui préfèrent ranger les individus dans une case.

Jouant à fond sur l’ambiguïté et refusant d’être le porte-drapeau que certains voudraient tant qu’il soit, le chanteur est régulièrement accusé d’hypocrisie et de mensonges.

Mais les chiens aboient et la caravane passe…

Mort du sida

En 1994 et alors âgé de 38 ans, Etienne Daho apprend son décès du sida dans les médias… (on est alors au summum de l’épidémie) Pourtant, il est bel et bien vivant, habite à Londres et enregistre un album avec le groupe britannique Saint Etienne. Quelques années plus tôt, il avait enregistré un disque dont les bénéfices avaient été reversés à la recherche contre le sida. Ce qui avait déjà fait naître bon nombre de rumeurs : « J’ai eu la chance que ça ne m’arrive pas, je suis vraiment passé entre les mailles du filet. C’était compliqué de parler de ça, c’était une période où j’avais beaucoup de gens autour de moi qui n’avaient pas eu ma chance ». Quant aux raisons de la naissance de cette rumeur, Etienne Daho semble avoir sa petite idée : « C’était la rançon de ma vie de l’époque » précise-t-il.

Clin d’œil à cette méchante « plaisanterie », le titre de son album Résurrection qui sortira quelques mois après. Daho bande toujours !