Pas facile d’être homo au début des années 70. Jean-Paul Amouroux, jeune étudiant à Nanterre, fréquente le club très fermé Arcadie, qui réunit les « homophiles » (ou comment poser un voile pudique sur les relations entre personnes du même sexe), une fois par semaine dans le 10ème arrondissement de Paris.

1974 : La création du GLH

Très vite, il lie des contacts avec quelques fortes personnalités qui décident de s’émanciper. Ils fondent en 1974 Philandros. L’association devient très rapidement le GLH (Groupe de Libération Homosexuelle), pour envoyer un message aux lesbiennes, qui cependant, ne rejoindront pas les rangs…

Sous l’impulsion de Michel Heim (aujourd’hui à la tête des Caramels fous, une troupe théâtrale très colorée), le GLH travaille à la visibilité des homos en distribuant des tracts sur les marchés Parisiens. Engueulades, lutte de pouvoir, trahisons, seront le lot du jeune Groupe, qui est rejoint par des nouvelles énergies et donc de nouveaux ambitieux…

Jean-Paul partira à l’armée, puis sera nommé prof en Picardie. Il prendra de la distance avec le militantisme…

Les CUARH remplacent les GLH

Le GLH sera dissout, pour donner naissance aux CUARH (des comités d’urgence révolutionnaire d’arrondissement), qui s’investissent dans le conseil juridique aux homosexuels. Ils se battront pour l’adoption du Pacs.

Militant et témoin d’une époque

Avec un humour teinté d’ironie très camp (rien que le sous-titre du bouquin est un bonheur), ce qu’il faut de nostalgie et de lucidité et grâce à une mémoire très vivace,  Jean-Paul Amouroux dresse le portrait d’une époque pas si lointaine (mais pourtant peu connue) partagée entre militantisme, amitiés, sexe et politique.

Il évoque avec émotion les années sida, qui emportèrent nombre de ses amis, la victoire de François Mitterrand qui ouvrit le champ des possibles, l’essor des radios libres, la multiplicité associative, les combats… en tant qu’acteur mais il égratigne au passage les travers du militantisme.

Ce livre autobiographique met en lumière des militants dont on a oublié les noms, mais qui pourtant furent les pionniers du mouvement LGBT. Il a l’immense mérite de nous rafraîchir la mémoire (voir de nous révéler un pan de notre histoire).

Aujourd’hui Jean-Paul Amouroux s’est retiré dans la campagne Normande, loin de l’agitation militante parisienne.

Merci à lui et à tout celles et ceux qui ont œuvré à notre visibilité.


Du rose à l’Arc en Ciel
Souvenirs authentiques d’un vieux con paranoïaque et homosexuel
Jean-Paul Amouroux
Jacques André Editeur