Olivier Py écrit pendant son adolescence solitaire à Grasse, un cahier intime, où il consigne ses pensées les plus sombres et réalise des croquis fantasmatiques. En 2015, Actes Sud édite ce Cahier noir, premier « roman illustré » de l’homme de théâtre, dramaturge, metteur en scène, directeur du Théâtre de l’Odéon, aujourd’hui responsable du festival d’Avignon et homme de lettre…

Une enfance solitaire

Le jeune Olivier s’ennuie ferme dans la ville de Grasse, qu’il décrit grise, triste, austère, loin des clichés de carte postale de cette cité méditerranéenne dont le soleil et les parfums sont ici absents. Entre le lycée et la famille, où il joue le rôle de l’enfant lambda, il y a la place pour les fantasmes les plus exacerbés et extrêmes et pour l’ado singulier, qui se créé un imaginaire flamboyant mais très sombre. Entre les lignes, se dessinent la fougue et le jusqu’au-boutisme d’un adolescent au purgatoire, qui s’invente des chemins de croix dans une quête d’absolu sans limite.

La quête d’absolu mais des expériences décevantes

A son âge, tout est grave, définitif… Encore enfant, pas tout à fait homme, l’ado veut perdre sa virginité (qu’il associe à la création littéraire) et rencontre après de noirs complots et des manipulations démoniaques, des « maîtres » de pacotille, qui le décevront car ils ne sont que des hommes !

Le ridicule parfois s’immisce dans ces écrits, dans ce qu’il révèle de prétentieux, d’égocentrique, de haine de soi et des autres… mais la maturité de l’ensemble trahit cependant le génie en bourgeon d’un futur grand dramaturge, voué à une carrière exceptionnelle.

La défiance d’un génie

Il y a dans le fait de décider d’enfin livrer aux lecteurs ce cahier intime une audace, presqu’une défiance. Celle d’un homme dont la dimension littéraire et théâtrale ne saura être remise en cause, à l’heure où chacun, et en particulier les personnages publics, affiche la plus totale transparence.

Il y a l’émotion de tenir entre ses mains un manuscrit d’une dimension extraordinaire et exceptionnelle qui révèle le génie à l’état brut.

Le cahier noir
Olivier Py
Actes Sud