En 2014, l’écrivain Philippe Mezescaze évoque son enfance à La Rochelle et ses débuts d’élève comédien, qui lui donneront la chance de rencontrer un adolescent hors du commun.

Apprenti comédien à la Rochelle

Ça commence par un tremblement de terre, une secousse sismique qui symbolise le bouleversement qui se produit dans la vie de l’auteur, alors adolescent (les crises de démence de sa mère). A 17 ans, il quitte Paris pour s’installer à la Rochelle chez sa grand-mère. Disposant d’une grande liberté d’action, négociée avec cette dernière, il intègre la maison de la culture locale car il veut au-delà de tout devenir comédien, dans une troupe théâtrale professionnelle.

La rencontre avec Hervé

Il croisera alors le chemin du jeune Hervé avec qui il interprètera une scène de Caligula. Très vite, une relation amoureuse intense s’instaure comme une évidence, mais elle est contrariée par le père d’Hervé, qui voit d’un très mauvais œil son jeune fils lui échapper.

Roman d’apprentissage au style épique, Deux garçons trace le portrait d’un adolescent qui vagabonde dans sa liberté nouvellement acquise et découvre les difficultés propres à cette indépendance. Les écueils sont légion, c’est vrai, mais ils forment la personnalité de l’auteur. Et puis il y aura cette relation passionnée et compliquée avec le jeune Hervé Guibert, adolescent mutique, fantasque, exigeant dans son romantisme un peu fleur bleue. Les ados se quittent, se retrouvent, Philippe trahit Hervé qui s’installe dans le rôle de la victime sous l’emprise d’un père autoritaire presque jaloux…

Un récit d’apprentissage sentimental

Philippe Mezescaze expliquera qu’il n’a pas voulu raconter l’histoire d’une relation avec  le Hervé Guibert que nous connaissons à travers son œuvre, mais la rencontre entre deux ados presque anonymes : il est acteur de cette histoire et utilise le je… en se replongeant 40 ans auparavant.  D’ailleurs, les deux garçons se rencontreront à nouveau quelques années plus tard à Paris, où ils se disputeront et rompront leur relation définitivement…

Ce livre est celui d’un temps et d’un amour à la fois retrouvés et perdus, d’une innocence reconquise par l’écriture qui raconte justement sa propre disparition.

Il n’empêche que notre intérêt est décuplé par la quête incontrôlée de signes de reconnaissance de la légende Guibert. Mais au-delà, on ne pourra que saluer une intrigue passionnante racontée avec les mots qui font mouche.

A lire également De l’eau glacée contre les miroirs (édition du Rocher 2007), où l’on reconnaît avec délice des personnalités qui ont traversées la vie de Mezescaze, dont Guibert.

http://www.herveguibert.net/philippe-mezescaze