Un défi littéraire

Il fallait oser le faire et le résultat est assez convainquant. Pour qui connaît la prose de Patricia Highsmith, les ambiances sombres dans lesquelles elle situe ses intrigues tragiques, ses esquisses psychologiques qui font de ses personnages des anti-héros attachants… recréer cet environnement très singulier pouvait se révéler très casse-gueule. D’ailleurs qui s’y risquerait ?

A moins que…

Ecrire une intrigue dont le personnage principal est Patricia Highsmith herself en s’appuyant sur des faits réels, qui servent de bases à une mésaventure où l’écrivaine va jouer son rôle le plus noir…

Donc nous sommes bien d’accord, il ne s’agirait pas là d’une biographie mais d’un roman écrit à la manière de, avec dans le rôle principal Miss Highsmith… non ?  Et bien si ! Jill Dawson, dont c’est à priori la première fiction est anglaise, et à n’en pas douter, super fan de l’auteuse de Carol, du Talentueux M. Ripley et de tant d’autres thrillers psychologiques passionnants…

L’iintrigue

Si Highsmith s’installe dans un petit cottage dans le sud de l’Angleterre, c’est pour écrire, mais aussi pour être près de la femme qu’elle aime passionnément, Sam, une épouse, mère d’une petite fille, habitant Londres. Les deux femmes vivent une liaison secrète, se rencontrent loin des regards suspicieux et sont constamment dans l’urgence et le danger. De quoi être paranoïaque…

Le drame ne va pas tarder à survenir, précipitant les deux femmes dans la tourmente !

Si vous êtes happé par l’histoire, par l’écriture incisive, par le sens de l’observation et des détails inégalable, par ce que l’on pourrait qualifier de « tics d’écriture » de Patricia, et si vous parvenez au bout de quelques chapitres à accepter que vous n’êtes pas en train de dévorer une biographie mais que c’est bien Highsmith qui se débat avec ses démons…. c’est que la talent de Jill Dawson a gagné ! Alors dégustez Sang d’encre jusqu’à la dernière goutte !


Sang d’encre,
Jill Dawson
Traduit de l’anglais  par Pierre Ménard
Denoêl