Armistead : toujours bienveillant

Toujours bienveillant, de bonne humeur et l’œil qui frise, Maupin semble être un bon gros nounours qui pourrait facilement nous consoler de nos chagrins d’amour et nous donner de bons conseils. L’expérience de la vie. On sent qu’il l’a acquise mais qu’il n’en tire aucun orgueil…

Et pourtant que de chemins parcourus pour atteindre ce statut enviable…

Un jeune Américain pur jus qui devient… lui-même !

Pour le découvrir, il faut lire l’autobiographie qui vient d’être traduite en langue française et qui parait sous le titre un peu lisse de Mon autre famille.

Né en Caroline du Nord, dans une famille ultra-républicaine, Armistead vit ses premières années entre un père très réactionnaire et une mère fantasque. Il y a, heureusement, sa grand-mère qui lui apprend les vertus de la différence. Peu enclin à se démarquer de cette emprise familiale, le jeune Maupin adopte l’idéologie républicaine sans broncher.

Il débute des études de droit, mais les abandonne. Il s’engage pour rejoindre les troupes américaines au Vietnam en tant qu’officier. Il a entre temps, découvert son attirance pour les garçons. Il vivra son homosexualité librement en s’installant, encore presque par hasard, à San Francisco, où tout d’abord pigiste, il cumule les petits boulots, croise des anonymes et des célébrités…

Puis publie sous forme de feuilleton Tales of the City dans le San Francisco Chronicle.

Les Chroniques de San Francisco sont nées !

Mary-Ann, Mona, Bryan, Michael et Madame Madrigal sont en piste et commencent à envoûter les lecteurs.

Le début de la célébrité et de la reconnaissance pour Armistead Maupin.

Ce qui fait le sel de cette autobiographie, c’est la sincérité, l’honnêteté et la franchise désarmantes de l’auteur qui confie les événements importants comme anecdotiques de sa vie, sans chercher à en tirer une quelconque gloire. On l’aime pour cela, même si son parcours n’est pas exemplaire, loin s’en faut.

Des personnages trop fous pour être vrais…

Un autre aspect qui nous ravit, c’est de constater comment l’écrivain se nourrit des événements, des personnages qui jalonnent sa vie pour enjoliver ses Chroniques et les rendre, du coup, encore plus attachantes. Si ces Chroniques témoignent superbement de l’âge d’or de San Francisco, avant de sombrer dans le cauchemar et l’épidémie du sida, certains acteurs de ces intrigues parfois hallucinantes, paraissent être le fruit de l’imaginaire débordant d’Armistead, alors qu’ils sont tout bonnement issus de son quotidien !

Autant vous dire que l’on fond irrémédiablement en lisant cette autobiographie, et que le désir de se replonger dans les Chroniques de San Francisco, éditées par le même… éditeur devient une envie pressante !

Sachez également que les Chroniques ont fait l’objet d’une série disponible en DVD.

Mon autre famille,
Armistead Maupin
Editions de l’Olivier