Présenté dans de nombreux festivals internationaux et récompensé par plusieurs prix, Corpo Elétrico, le film du réalisateur brésilien Marcelo Gaétano suit les pérégrinations amoureuse du bel Elias… Mais attention, tout n’est pas rose dans la vie de notre héros et l’intrigue s’attache à dresser un portrait très réaliste de la condition des gays au pays de la Samba.

Extrait de l’interview que le réalisateur a donnée pour le dossier de presse.

« Corps électriques est un film de boudoir : dans chaque lit où Elias se couche s’ouvre un nouvel univers. Des corps s’embrassent et se caressent, des amants racontent leurs rencontres, leurs aventures sexuelles, leurs rêves. Ma volonté était de mettre en scène l’amour vécu par Elias comme quelque chose qui se répète et tourne en boucle. Il s’agit plus d’une sorte d’affection que de romantisme. Il enchaîne les rencontres d’un soir déjà oubliées à peine consommées. Elias aime de façon légère, presque anarchique. Il a 23 ans et est ouvertement gay. Il est originaire du Nord-Est du Brésil. Chaque rencontre est pour lui une opportunité de façonner sa personnalité en devenant une sorte de prisme humain, capturant ce qu’il peut de ses partenaires. Il change de couleur (s’adapte à chaque rencontre) et transite entre sa part masculine et féminine.

De cette façon, le film interroge le classement social établi au Brésil pour les homosexuels, les Noirs, les immigrants et les travailleurs. Je me suis toujours intéressé à l’individu, en évitant le discours identitaire qui essaye d’emprisonner et de classer les individus. Elias arrive à l’âge adulte avec beaucoup de difficulté en essayant d’équilibrer son plaisir personnel avec sa vie professionnelle. C’est un homme qui pense trouver le bonheur ailleurs que dans la réussite professionnelle et l’amour conjugal. J’aime filmer les rencontres. Et je les aime davantage lorsqu’elles sont improbables. C’est peut-être l’aspect du film le plus important et politique : résister à l’intolérance en construisant des liens entre les différentes classes sociales de notre société. Le film met en lumière la population du Brésil, une jeunesse populaire qui vient d’horizons différents, des hommes et
des femmes, des drag queens, des immigrés qui tentent de vivre dans une société qui leur est hostile. Ils font face aux problèmes en restant unis, en sortant boire des verres après une bien trop longue journée à l’usine. La danse, l’amitié ou le sexe les rapproche et leur permet de profiter de quelques instants de bonheur. Le film est influencé par le poème de Walt Whitman «I sing the Body Electric» dans lequel l’auteur américain célèbre la beauté des corps sans distinction d’âge, d’orientation sexuelle, de couleur de peau. Le choix des mots et la force de la parole sont importants pour moi. Il fallait trouver un moyen de faire parler ces corps, ces personnages. Elias est mon porte-parole: comme Shéhérazade des Mille et Une Nuits, il raconte ses aventures comme s’il cherchait, par la séduction du récit, à retarder la fin de sa jeunesse. »

Propos extraits du dossier de presse du film.


Distributeur : Optimale
Film en salle le 16 mai 2018.