Comble du luxe (car c’en est un pour les aficionados de la reine du polar psychologique dont je suis), utiliser en couverture les visuels à base de dessins très stylisés, sur aplats de couleurs vives.

Mais autant vous le dire tout de suite, le seul, le vrai, le grand roman de la série (quatre livres), c’est le premier, j’ai nommé Le talentueux M. Ripley !

L’intrigue (géniale, extraordinaire….) a fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques dont une en France, avec Plein Soleil. Porté à l’écran par René Clément à la fin des années 60, avec Alain Delon et Maurice Ronet en tête d’affiche, le film est construit sur une intrigue différente du livre, ou plutôt, le long-métrage démarre à un moment clé qui intervient dans le livre beaucoup plus tard. Mais le résultat reste époustouflant et le suspense est à son comble, porté par un Delon solaire, inquiétant, malsain au possible.

Autre scénario pour Le Talentueux M. Ripley, tourné par Anthony Menghella au début des années 2000 avec Matt Damon dans le rôle de M. Ripley qui campe un jeune homme propre sur lui, tourmenté par ses échecs et une homosexualité pas assumée. Il fait face à l’homme de tous les fantasmes Jude Law, au top de son charme vénéneux… Dans cette version plus conforme au roman de Highsmith, les scénaristes ont créé des personnages qui sont censés donner du sel à l’intrigue, qui n’en a pourtant pas besoin.

Car quelle est elle cette intrigue démoniaque me demandez-vous ? Tom Ripley petit escroc américain sans ambitions rencontre lors d’une soirée un riche industriel dont le fils Dicky voyage en Europe, plus précieusement en Italie, sur la côte Amalfitaine, où il a rencontré une jeune américaine Marge, avec qui il coule des jours heureux. Tom est donc chargé par le père de partir pour l’Italie, avec la mission de convaincre Dicky, de rentrer au bercail, contre rémunération… Une fois sur place, Tom va mettre en œuvre une stratégie pour rentrer en contact avec Dicky et Marge, puis s’infiltrer dans la  vie et la liaison des jeunes tourtereaux, jusqu’à devenir le compagnon fidèle (le meilleur ami) de Dicky. Il ira jusqu’au point de non retour et ses manigances entraîneront un drame.

Porté par une écriture minutieuse, presque chirurgicale, Highsmith dépeint avec brio des caractères complexes, animés par des ambitions, des frustrations, des jalousies et dessine froidement les désirs secrets d’une garçon faible mais calculateur, qui va voler l’identité de son ami, au péril de sa conscience. Le piège qui se referme sur Ripley est étouffant et laisse peu de place à une rédemption…

Patricia Highsmith la grande experte de l’âme humaine dans ce qu’elle peut avoir de pire, nous entraîne sans ménagements dans une plongée au cœur des bas instincts de M. Ripley pourtant si séduisant.



Le talentueux M. Ripley
Patricia Highsmith
Camann Levy