« En 2018, on compte encore plus de 70 pays condamnant l’homosexualité, dont 12 par la peine de mort. Ce n’est qu’en 1982, année de création des Gay Games, que la France a totalement dépénalisé l’homosexualité. les militants lesbiennes, gays, bis et trans ont obtenu que la loi punisse les discriminations et défende l’égalité de tous les couples face au mariage. Pour autant, l’homophobie reste prégnante dans la société, comme le révèle chaque année SOS Homophobie.

Manuel Picaud

Une étude sur le football révèle ainsi qu’un homme sur deux déclare avoir un jugement négatif sur l’homosexualité et que celle-ci reste un tabou chez 63% des joueurs professionnels et 74% des jeunes joueurs de football. Sur le terrain, « enculé » et « pédé » figurent parmi les insultes les plus fréquemment utilisées. La course à la surperformance, la valorisation de la virilité et le fanatisme des supporters semblent légitimer ces préjugés homophobes. L’homosexualité s’en trouve par conséquent niée, comme lorsque les gens déclarent « il n’y a pas de gay dans mon sport », ce qui est statistiquement impossible. La vérité est que les homosexuels se cachent, sont chassés des clubs ou les évitent par peur des réactions homophobes. N’est-ce pas ce qui arrive à Mario et Léon dans le film, qui illustre hélas parfaitement des pratiques courantes dans le milieu du football professionnel ? Il s’agit au bout du compte d’une perte pour les clubs, qui se privent de talents.
Ces questions ne concernent pas que les homosexuels : les transsexuels mènent aussi un combat pour avoir le droit d’affirmer dans le sport leur identité de genre. Amélie Mauresmo, après son coming-out, s’est vu accusée de jouer « comme un homme ». Et que dire de l’interdiction par des fédérations internationales de la natation synchronisée pour les hommes ou du patinage artistique pour les couples de même sexe ? Pour la première fois aux Gay Games de Paris en août 2018, ces couples ne seront plus bannis des compétitions officielles.

Les Gay Games, qui ont rassemblé plus de 70 000 personnes, incarnent un espoir que les choses changent positivement, ce qui passe par davantage de visibilité. Jamais il n’y a eu autant de participants ouvertement LGBT aux Jeux Olympiques de Rio ou de Pyeongchang. Ce mouvement doit s’intensifier en sensibilisant davantage les entraîneurs, les éducateurs et les dirigeants de clubs, en sanctionnant les comportements homophobes et en valorisant la diversité et la mixité dans ce domaine. C’est à ces conditions que le terrain de sport deviendra un vrai lieu de mixité et de cohésion sociale. »

Manuel Picaud Co-président de Paris 2018 – 10ème édition des Gay Games


Mario est disponible également en DVD, toujours distribué par Epicentre Films.