Dans Tu t’appelais Maria Schneider, Vanessa qui est la cousine de l’actrice aujourd’hui partiellement oubliée, donne enfin vie au projet formulé avec cette dernière avant sa disparition : écrire le livre de sa vie.

On connait le visage radieux de Vanessa Schneider, journaliste au Monde, pour ses participations à ces émissions télévisées où les prises de parole des invités sont formatées et souvent insipides. Elle écrit une biographie (si le terme convient à ce livre) très personnelle, emprunte de l’amour, de la fascination et de la bienveillance qu’elle garde intacte, comme un précieux trésor,  qu’elle nous livre ici.

Le tu est le mode sur lequel la journaliste a choisi de raconter ses souvenirs, peut-être pour recréer une proximité et aussi parce qu’on tutoie les étoiles… Elle y mêle des réminiscences de sa vie d’enfant, parce que Maria y était toujours étroitement associée.

Premier film, premier scandale

Maria, cette belle jeune femme devenue adulte trop vite, fille de l’acteur Daniel Gélin, élevée par une mère mal aimante, s’installe dans des familles de substitution, sort la nuit, bref n’est pas une enfant de coeur. Elle débarque à à peine 18 ans devant la caméra du grand réalisateur italien Bertolucci qui filme ce qui va devenir une bombe,  qui défigurera la trajectoire de cette jeune pousse, malmenée et violentée par un Marlon Brando sur le retour !

Il aurait fallu une assise psychologique béton pour en réchapper. Ce n’était pas son cas. La jeune actrice entre dans le cercle infernal de la drogue et de l’alcool.  Elle sombre, se détruit, de shoots en fixes, de rôles pas vraiment convaincants en éclipses professionnelles. Celle par qui le scandale est arrivé ne parvient plus à échapper à ce rôle envahissant. Une vraie malédiction qui l’attache au malheur et la ramène sans cesse vers lui. Elle en mourra.

Mieux vaut être belle et rebelle…

« Mieux vaut être belle et rebelle que moche et remoche » était le dicton que Maria Schneider s’était appropriée et c’est une des anecdotes intimistes que révèle Vanessa dans ce livre emprunt d’élégance, de délicatesse et de respect en l’honneur de ce petit bout de femme mal aimée dont on découvre les blessures intimes qui deviennent des plaies béantes.

C’est un très bel hommage à celle qui cherchait l’amour maladroitement auprès d’hommes et de femmes qui furent ses compagnons et compagnes de galères comme des bons moments, que Vanessa Schneider rend à cette femme-enfant fragile, qu’une vie tempêtueuse finira par abattre.


Tu t’appelais Maria Schneider
Vanessa Schneider
Grasset