La galerie « Au Bonheur du Jour », présentera durant deux mois une sélection d’une cinquantaine de peintures et dessins de Gaston Goor (1902-1977). Quelque part entre jardin d’Éden et mont Olympe, au milieu de temples perdus ou cachés dans la végétation de paysages méditerranéens, comme irréels, d’une époque pas tellement définie, les personnages des œuvres de Gaston Goor semblent échapper au monde qui les entoure. Figures allégoriques, éphèbes et demi-dieux aux poses et manières empruntées aux grands peintres de la Renaissance italienne, mais aussi nimbés de cet « érotisme presque naïf » pour reprendre l’expression de la galeriste Nicole Canet, qui nous précise aussi la flagrante influence du peintre britannique Henry Scott Tuke sur le travail de Goor. Relativement peu connu du grand public, Gaston Goor, multiplia pourtant les collaborations avec le monde de l’édition et les écrivains, en illustrant des textes de Diderot, de Montherlant, collaborant aussi avec André Gide pour plusieurs ouvrages, réalisant également les lithographies accompagnant les romans de Renaud Icard ou Roger Peyrefitte, dont le texte le plus connu, « Les Amitiés particulières » écrit en 1943. Roger Peyrefitte qui deviendra d’ailleurs, l’ami, le mécène de Goor, il lui commande notamment plusieurs panneaux peints, dans un style antique, pour décorer son appartement parisien. En 1937, il réalise à la demande du maréchal de Lyautey, une série de dessins, pour l’Exposition coloniale de Paris. Gaston Goor travaillera également sur différents projets de décors pour des hôtels, des restaurants, églises et maisons particulières, mais aussi des vases pour la Manufacture de Sèvres, des maquettes de montres pour la manufacture horlogère suisse Cyma, et même la sculpture d’un sphinx pour « la Belle et la Bête » le film de Jean Cocteau sorti en 1946.  Réalisation de décors, encore comme ces deux grands panneaux peints, et qui seront parmi les pièces maitresses de l’exposition, présentant l’un, une « Diane chasseresse » et l’autre « Apollon et Hyacinthe », ils ont été réalisés eux, pour l’intimité de son dernier appartement parisien. Gaston Goor quittera Paris vers 1974 pour Hyères, là où il rencontra, quelques années auparavant, en 1934 Renaud Icard, c’est ce dernier qui organisa à cette même époque dans sa galerie « L’Art Français » à Lyon, l’une des premières expositions des peintures de Goor. Il peindra jusqu’à la fin de ses jours, en 1977. Sculpteur, peintre, pastelliste, illustrateur… l’essentiel des œuvres de Gaston Goor est aujourd’hui détenu dans des collections privées, c’est donc un ensemble de travaux particulièrement rare et précieux que présente Nicole Canet.

Crédits :

  • Étude, Gaston Goor (1902-1977), aquarelle, 1950, 34 cm x 48 cm (détail) © Au Bonheur du Jour
  • Hercule et l’Hydre de Lerne, Gaston Goor (1902-1977), 1935, (détail) © Au Bonheur du Jour

L’exposition

Goor Gaston (1902-1977), Peintures-Dessins 1930-1977

  • du 26 septembre au 29 novembre 2018
  • galerie Au Bonheur du Jour
  • 1 rue Chabanais
  • 75002 Paris
  • tél +33 (0) 1 42 96 58 64
  • du mardi au samedi, 14h30-19h00
  • www.aubonheurdujour.net