Jean-Paul Amouroux : parcours d’un militant hors norme

Pas facile d'être homo au début des années 70. Jean-Paul Amouroux, jeune étudiant à Nanterre, fréquente le club très fermé Arcadie, qui réunit les "homophiles" (ou comment poser un voile pudique sur les relations entre personnes du même sexe), une fois par semaine dans le 10ème arrondissement de Paris. 1974 : La création du GLH Très vite, il lie des contacts avec quelques fortes personnalités qui décident de s'émanciper. Ils fondent en 1974 Philandros. L'association devient très rapidement le GLH (Groupe de Libération Homosexuelle), pour envoyer un message aux lesbiennes, qui cependant, ne rejoindront pas les rangs... Sous l'impulsion de Michel Heim (aujourd'hui à la tête des Caramels fous, une troupe théâtrale très colorée), le GLH travaille à la visibilité des homos en distribuant des tracts sur les marchés Parisiens. Engueulades, lutte de pouvoir, trahisons, seront le lot du jeune Groupe, qui est rejoint par des nouvelles énergies et donc de nouveaux ambitieux... Jean-Paul partira à l'armée, puis sera nommé prof en Picardie. Il prendra de la distance avec le militantisme... Les CUARH...

1er décembre 1988, le monde se lève contre le SIDA

Le monde entier mobilisé Placée sous l’égide de l’OMS, cette journée doit symboliser les actions des associations, des particuliers et des pouvoirs publics dans le cadre de la lutte contre le sida, partout à travers le monde. Plus de 700 manifestations diverses sont prévues aux quatre coins de la planète. Des présidents, des premiers ministres, des ministres de la santé et de hautes personnalités prévoient des déclarations sur les radios et les télés. Réunions, colloques et forums sont organisés pour réfléchir sur le droit, l’éthique, les progrès scientifiques, la recherche, les modifications de comportement, les soins de santé, les rapports entre le sida et les domaines sociaux, médicaux et sanitaires… Et la journée est enfin consacrée aussi aux malades et aux séropositifs, ainsi qu’au souvenir des milliers d’hommes et de femmes emportés par la maladie. Associations et médias en campagne Paris participe bien sûr à l’événement, qui coïncide peu ou prou au quatrième anniversaire de l’association Aides. Une manifestation gaie se tient à 18h au Champ-de-Mars, sous...

1987 : la une coup de tonnerre du Nouvel Obs

Fin octobre 1987. Le monde se débat et se noie dans l’épidémie de sida. En France, le seuil des 2 000 cas recensés a été atteint à mi-année. La lutte contre le sida a été déclarée « grande cause nationale pour l’année 1987 », et le nouveau plan gouvernemental a décidé la vente libre de seringues en pharmacie et l’abrogation de la loi interdisant la publicité pour les préservatifs. L’AZT est distribuée depuis un an, encore au compte-goutte. Aucune nouvelle rassurante à l’horizon... C’est dans ce contexte noir que Le Nouvel Observateur publie un numéro coup de poing. Le 30 octobre, la une de l’hebdo affiche, en grosses lettres rouges, « Mon sida ». Et un regard, celui de Jean-Paul Aron, écrivain et intellectuel français. Première annonce publique Pour la première fois en France, une personnalité annonce officiellement sa maladie. D’autres sont mortes avant lui, sans dire. D’autres au contraire ont dû fermement démentir des rumeurs insistantes, comme Isabelle Adjani, obligée de venir témoigner sur le...

La mémoire gay peine à se regrouper

Évoquée depuis près de vingt ans, la création d’un centre d’archives LGBT n’a toujours pas abouti. Face à la lenteur de la mairie de Paris, de nombreuses associations ou fonds privés se sont développés. Lire la suite sur Liberation.fr : La mémoire gay peine à se regrouper - Libération

Petite et grande histoire des droits : le Moyen-Âge (7)

• vers 1130 à Sens, un nouveau style architectural apparaît lors de la construction de la cathédrale Saint-Étienne... Début de l’art ogival, sculpteurs et peintres commencent à exalter le corps féminin avec, au choix, l'apparence de la vierge Marie ou d'Eve. •  les femmes de haut lignage prennent part à l'art poétique et participent à l'exercice du pouvoir, à l'égal de leur mari ou en remplacement de celui-ci, comme Aliénor d’Aquitaine (1120-1204) qui divorce du roi de France et se remarie avec le futur roi d'Angleterre ! En 1147, elle prend part à la deuxième croisade, traversant l'Europe et l'Anatolie à cheval, la Méditerranée en bateau. Son de son arrière-petite-fille, Blanche de Castille (1188-1252) qui gouverne, au nom de son fils âgé de 12 ans avec le titre de baillistre puis de 1249 à 1252 quand son fils Louis (saint) part à la croisade. On peut dire que les femmes perdront leur autonomie à la Renaissance, avec le retour du droit romain et son statut...

Petite et grande histoire des droits : le Moyen-Âge (6)

• Grégoire Ier, dit le Grand (540-604), 64e pape ; selon lui, la punition de Sodome par le soufre et le feu montre par analogie la puanteur et la souillure de la chair et de ses désirs pervers • édition de la Loi salique entre le IV et le VIe siècle. L’un de ses buts étaient de mettre fin à la faide, la vengeance privée chez les Francs, les Saliens puis chez les quatre grands du royaume des Francs : Wisogast, Arogast, Salegast, Widogast ; après Clovis, elle sera remaniée par Charlemagne (798) et les successeurs. Rédigés en latin et comportant de forts emprunts au droit romain, ses 65 ou 100 titres portent sur les sujets les plus variés : un individu tué par faide devait voir sa tête plantée sur un pieu de fortification ou au bout d’une lance par son meurtrier afin que ce dernier fût signalé aux autorités ; tarifs que doit payer la partie coupable à la partie lésée, toucher la main...

Petite et grande histoire des droits : à l’époque judéo-chrétienne (5)

• 305-306 concile d’Elvire pour l’excommunication des stupratores puerorum - les séducteurs d’enfants - même in articulo mortis (au moment de la mort ); décrète l’abstinence sexuelle des prêtres; proscrit les mariages avec des non-chrétiens et condamne l’étroite fréquentation des juifs • 306 Constantin Ier trente-quatrième empereur romain et le premier à se convertir au christianisme ; le siège de l’Empire romain se déplace à Constantinople. • 313 la religion chrétienne devient religion d'état sous l'empereur Constantin Le judéo-christianisme • 314 Concile d’Ancyre contre ceux qui sont désignés comme alogeusamenoi - ceux qui s’adonnent à la bestialité-homosexualité, quinze ou vingt ans de pénitence • 342 un texte législatif condamne l'homosexualité passive. Sous l'influence de personnes telles que Augustin, ces lois deviennent de plus en plus sévères. Après avoir été qualifiées de crime contre la dignité humaine, les relations entre hommes deviennent un crime contre nature. • 363 Concile de Laodicée définit la liste des écritures retenues pour former le Nouveau Testament, sans l’Apocalypse. Testament du latin testament, témoignage et du grec testament,...

En août 1982 naissaient les Gay Games

Tous sont venus applaudir le défilé des 1300 athlètes des deux sexes, représentant de 15 pays, qui vont s’affronter jusqu’au 5 septembre dans 17 disciplines différentes. Une torche olympique est partie le 13 juin de New York, symboliquement allumée devant le Stonewall Inn, à Christopher Street. Elle entre finalement dans le stade, portée par deux anciens compétiteurs des JO, George Frenn et Susan Mc Greivy. La cérémonie se tient en présence de Doris Ward, adjointe à la maire de San Francisco et de Phil Burton, député républicain. C’est Tina Turner en personne qui anime le show de la soirée. Ces jeux d’un nouveau genre ont été organisés par Tom Waddell, capitaine de l’équipe américaine de décathlon aux JO de Mexico en 1968. Ils visent à promouvoir la confraternité gaie à travers le sport. Bien sûr, le 9 août, un tribunal saisi par le Comité Olympique américain a refusé que cet événement utilise le qualificatif « olympique ». Qu’importe, le succès reste au rendez-vous. Et 10.000 personnes...

Petite et grande histoire des droits : Rome antique (4)

À la différence de la Grèce, chez les Romains, la référence essentielle était dominant / dominé - pénétrant /pénétré - famé / infamie - uirtus /mollitias bref toute la « masculinité » sociale est l’identifiant. Les statuts étaient « simples », la sexualité binaire : pénétration ou non, hommes libres d’un côté et femmes, esclaves et leurs enfants, enfants de moins de 12 ans, affranchis de l’autre… Les garçons étaient citoyens dès 14 ans et le mariage était possible dès l’âge de 12 ans, les pueri delicati étaient alors affranchis. La procréation était mise en avant, mais si pour les femmes la norme est le non-plaisir pour les hommes, éphèbes et prostituées sont courants. Les mères de trois enfants étaient, à partir du 1er siècle av., juridiquement émancipées et au 1er siècle Domitien interdit la castration des esclaves qui pouvaient servir à certaines femmes mariées riches. Fellation et cunnilingus étaient des actes dits avilissants. - 227 la loi Scatinia, attribuée à C. Scantinius, tribun du peuple, ne prévoyait qu’une peine d’amende pour les...