Chroniques

Avoir beaucoup de choses à dire, sur tout plein de choses… apporter un nouvel éclairage sur le monde.

Une famille homoparentale européenne à Hong-Kong

Avant notre arrivée à Hong Kong nous avions contacté le groupe Facebook Rainbow Families of Hong Kong. Cécile et Claire ont tout de suite répondu qu’elles étaient partantes pour nous rencontrer. Cécile est Française, Claire est britannique. Elles ont eu ensemble Elodie qui a aujourd’hui 5 ans. Elles vivent actuellement à Hong Kong où elles travaillent toutes les deux. Nous les avons rencontrées un après midi, dans un parc au milieu de la ville. Pendant que les enfants s’amusaient, nous avons l’occasion de les interviewer. Ce fut une fois de plus une très belle rencontre. Découvrez ici leur histoire, leur passion commune, leurs difficultés pour obtenir leur visa pour Hong Kong… Lien direct vers la vidéo https://www.youtube.com/watch?v=U1o1092vYcM&t=1s
Yvette Roudy

1985, les mœurs au parlement

Les contrevenants seraient désormais passibles de 2 mois à 2 ans de prison, et 3.000 à 40 000 FF d’amende. Et les associations de défense des droits des femmes ou des homosexuels pourraient se porter partie civile en cas de procès… Il s’agit là d’une vieille revendication, portée notamment par le CUARH depuis les avancées législatives consécutives à l’arrivée de la gauche au pouvoir en mai 1981. A l’époque, le ministre délégué à la Fonction publique, Anicet Le Pors, avait déjà fait un premier pas en faisant disparaître les notions de « bonnes mœurs et de bonne moralité » du code de la fonction publique. Afin de faire passer plus facilement la nouvelle mesure (d’abord refusée par le gouvernement dans son projet de loi), Jean-Pierre Michel a choisi de s’appuyer sur la notion de mœurs, plus large que celle d’orientation sexuelle. Le jeudi 23 mai 1985, en première lecture à l’Assemblée Nationale, c’est le carton plein. L’amendement est voté à la quasi unanimité des députés...

Petite et grande histoire des droits : le Moyen-Âge (6)

• Grégoire Ier, dit le Grand (540-604), 64e pape ; selon lui, la punition de Sodome par le soufre et le feu montre par analogie la puanteur et la souillure de la chair et de ses désirs pervers • édition de la Loi salique entre le IV et le VIe siècle. L’un de ses buts étaient de mettre fin à la faide, la vengeance privée chez les Francs, les Saliens puis chez les quatre grands du royaume des Francs : Wisogast, Arogast, Salegast, Widogast ; après Clovis, elle sera remaniée par Charlemagne (798) et les successeurs. Rédigés en latin et comportant de forts emprunts au droit romain, ses 65 ou 100 titres portent sur les sujets les plus variés : un individu tué par faide devait voir sa tête plantée sur un pieu de fortification ou au bout d’une lance par son meurtrier afin que ce dernier fût signalé aux autorités ; tarifs que doit payer la partie coupable à la partie lésée, toucher la main...

Petite et grande histoire des droits : Rome antique (4)

À la différence de la Grèce, chez les Romains, la référence essentielle était dominant / dominé - pénétrant /pénétré - famé / infamie - uirtus /mollitias bref toute la « masculinité » sociale est l’identifiant. Les statuts étaient « simples », la sexualité binaire : pénétration ou non, hommes libres d’un côté et femmes, esclaves et leurs enfants, enfants de moins de 12 ans, affranchis de l’autre… Les garçons étaient citoyens dès 14 ans et le mariage était possible dès l’âge de 12 ans, les pueri delicati étaient alors affranchis. La procréation était mise en avant, mais si pour les femmes la norme est le non-plaisir pour les hommes, éphèbes et prostituées sont courants. Les mères de trois enfants étaient, à partir du 1er siècle av., juridiquement émancipées et au 1er siècle Domitien interdit la castration des esclaves qui pouvaient servir à certaines femmes mariées riches. Fellation et cunnilingus étaient des actes dits avilissants. - 227 la loi Scatinia, attribuée à C. Scantinius, tribun du peuple, ne prévoyait qu’une peine d’amende pour les...
vieille télé

Séries américaines, personnages LGBT, stéréotypes – Partie I

Voici mon premier article sur un thème que nous sommes nombreux-ses à affectionner tout particulièrement : les séries américaines. Oui, je suis comme vous, j’aime passer des soirées dans mon lit à regarder des personnages faire des trucs sur un temps plus ou moins long ou à revoir pour le 10ème fois l’épisode 4 de la saison 3 de Black Mirror (seul-e-s les vrai-e-s savent). "Les séries ne lobotomisent pas les téléspectateurs. Les séries ne sont pas de la sous-culture" Les séries ne sont pas seulement synonyme de culture « basse » comme aiment à le dire les gens un peu snobs. Les séries font leur chemin dans les universités (même françaises, eh oui) et peuvent donner lieu à des analyses passionnantes et profondes. Comme l’explique Sarah Sepulchre dans la préface du livre Décoder les séries télévisées : « les séries ne sont pas des « bouche-trous » qu’on diffuse à défaut d’autre chose. Les séries ne sont pas de simples répétitions formelles et narratives. Les séries ne présentent pas que des personnages stéréotypés....

Le cahier noir d’Olivier Py : la naissance d’un artiste

https://youtu.be/Ha2zZ6sFWqI Olivier Py écrit pendant son adolescence solitaire à Grasse, un cahier intime, où il consigne ses pensées les plus sombres et réalise des croquis fantasmatiques. En 2015, Actes Sud édite ce Cahier noir, premier "roman illustré" de l’homme de théâtre, dramaturge, metteur en scène, directeur du Théâtre de l'Odéon, aujourd'hui responsable du festival d'Avignon et homme de lettre... Une enfance solitaire Le jeune Olivier s’ennuie ferme dans la ville de Grasse, qu'il décrit grise, triste, austère, loin des clichés de carte postale de cette cité méditerranéenne dont le soleil et les parfums sont ici absents. Entre le lycée et la famille, où il joue le rôle de l'enfant lambda, il y a la place pour les fantasmes les plus exacerbés et extrêmes et pour l'ado singulier, qui se créé un imaginaire flamboyant mais très sombre. Entre les lignes, se dessinent la fougue et le jusqu’au-boutisme d’un adolescent au purgatoire, qui s’invente des chemins de croix dans une quête d’absolu sans limite. La quête d'absolu mais des expériences décevantes A son âge, tout est grave, définitif…...

Transidentité : une constellation d’identités de genre

Il est temps de faire le point sur l’avancée des droits des personnes transgenres avec l’adoption récente par le parlement de la nouvelle loi « Justice du XXIe siècle ». Cette loi, en modifiant le code civil, ne prévoit pas un changement d'état civil fondé sur l'auto-détermination avec une procédure libre et gratuite en mairie mais elle n'obligera plus les personnes requérantes à fournir des attestations d'ordre médical lorsqu'elles feront leur demande auprès du tribunal de grande instance. Concernant le changement de prénom, il sera facilité puisque l'article 60 permettra désormais d'en faire la demande auprès d'un officier d'état civil. Les associations vont plus loin dans leurs revendications (voir articles) en réclamant un accès libre et gratuit au changement d’état civil sur simple demande de la personne (suppression des obligations de traitement hormonal et du recours aux expertises médicales). Il est également temps de constater l’évolution de la représentation sociale de la transidentité à travers les médias et heureusement aussi sur un plan moral et public. Même si tout...