Chroniques

Avoir beaucoup de choses à dire, sur tout plein de choses… apporter un nouvel éclairage sur le monde.

Yvette Roudy

1985, les mœurs au parlement

Les contrevenants seraient désormais passibles de 2 mois à 2 ans de prison, et 3.000 à 40 000 FF d’amende. Et les associations de défense des droits des femmes ou des homosexuels pourraient se porter partie civile en cas de procès… Il s’agit là d’une vieille revendication, portée notamment par le CUARH depuis les avancées législatives consécutives à l’arrivée de la gauche au pouvoir en mai 1981. A l’époque, le ministre délégué à la Fonction publique, Anicet Le Pors, avait déjà fait un premier pas en faisant disparaître les notions de « bonnes mœurs et de bonne moralité » du code de la fonction publique. Afin de faire passer plus facilement la nouvelle mesure (d’abord refusée par le gouvernement dans son projet de loi), Jean-Pierre Michel a choisi de s’appuyer sur la notion de mœurs, plus large que celle d’orientation sexuelle. Le jeudi 23 mai 1985, en première lecture à l’Assemblée Nationale, c’est le carton plein. L’amendement est voté à la quasi unanimité des députés...

L’heure de vérité de Le Pen

Le sidaïque (...) il faut bien le dire, est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. Près de 30 ans plus tard, ses propos sont encore dans toutes les mémoires : « Le sidaïque, si vous voulez, j’emploie ce mot-là, c’est un néologisme, il n’est pas très beau, mais je n’en connais pas d’autres, celui-là, il faut bien le dire, est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux. Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l’équilibre de la nation. » Poursuivant sur la voie des contre-vérités pseudo-médicales, il explique aussi, sans donner plus de détails, « On a dit aux Français qu’il suffisait de se doter de préservatifs pour se mettre à l’abri de la contagion. C’est faux. ». Dérapage ? Pas vraiment. Le Pen contrôle bien ses propos et les a volontairement prononcés. Il reprend les thèmes et les mots qu’il développe depuis plusieurs semaines déjà, à la suite...

Petite et grande histoire des droits : Grèce antique (3)

Vous pouvez retrouver l’intégralité de la fresque chronologique de Martine Laroche sur son site http://caminare.free.fr. Nous en publions une partie toutes les 2 semaines. Grèce antique  L’un des fondements sociaux de la société grecque fut la pédérastie, participant au renforcement du rôle de citoyen-soldat des jeunes garçons des classes élevées de ces sociétés. Le meilleur exemple historique étant le Bataillon sacré de Thèbes où cent-cinquante couples affrontaient le monde ! La pédérastie étant le catalyseur du courage guerrier. Mais tout comme l’hétéro-socialité, elle était fortement régie. Ainsi, paiderastès, pédéraste et pais, garçon (moins de 20 ans), erastès, celui qui aime, érogène, celui qui est aimé ont chacun leur rôle, seul l’éraste peut désirer, l’éromène ne peut le faire, et ce n’est même pas concevable. Le kinaïdos – le demi-homme, aux gestes et aux comportements féminins, à la figure fardée, était méprisé par toute la société. Les Grecs faisaient une distinction fondamentale entre actif et passif, hétéros ou homos, exemples de quelques moqueries contre les érogènes et passifs...

Savez-vous d’où vient le drapeau arc-en-ciel ?

Gilbert Baker était un artiste américain qui a marqué et représenté le mouvement LGBT. Mettant à profit ses talents en couture, il avait inventé le "rainbow flag", le célèbre drapeau aux huit couleurs pour la journée de la liberté homosexuelle à la fin des années 70, un événement qui a ensuite inspiré les gay prides qui sont devenues des institutions à travers le monde.   Harvey Milk était un homme politique et un militant américain pour les droits des LGBT. Il fut le premier élu conseiller municipal ouvertement homosexuel de la ville de San Francisco. Il a été assassiné avec le maire de San Francisco, George Moscone, le 27 novembre 1978. A San Francisco, il avait notamment participé au mouvement pour les droits des homos au début des années 70, époque à laquelle il avait rencontré des figures importantes du mouvement, dont Harvey Milk. Les couleurs de l'arc-en-ciel du drapeau reflètent la diversité de la communauté LGBT. Lorsque Gilbert Baker a soulevé le drapeau arc-en-ciel à San Francisco le 25 juin 1978, il...

Quand la musique est gay

Est-il aussi absurde de parler de musique gay que d’une eau minérale gay ou d’un beefsteak gay ? Eh bien non, une musique peut être gay, parce qu’elle parle d’amour homosexuel, de revendication identitaire, parce que son auteur l’est et a fait ou pas son coming out,  parce que l’interprète est une icône de la communauté LGBT. Donc pour des raisons diverses et variées la musique gay existe bien sans exclusive car elle peut naturellement être très appréciée par tous et pas forcément considérée comme une musique de pédé …Donc cliquez cliquez pour écouter ! Les chanteurs et chanteuses icônes gays. Un peu fou, un peu folle, excentrique et attachant Le panthéon gay, de Judy Garland à Madonna et Dalida en passant par Georges Michael et Elton John, tous ces artistes, gay ou pas, ont déclenché par les textes de leur chanson, leur physique et leurs interprétations une identification et une forte charge émotionnelle dans le public LGBT. Source : rts.ch https://www.rts.ch/info/culture/musiques/8306086-ces-chanteuses-et-chanteurs-mues-en-icones-gay.html La playlist est avancée ! Des chansons engagées, symboliques et revendicatrices, portées parfois par...

Avant internet, la drague sur le 3615

Au milieu des années 80, la France découvre peu à peu les joies de la télématique. Alors que ni Internet ni les mails n’existent encore, les PTT proposent aux foyers français une petite boîte cubique qui leur permet de se connecter à un réseau public, le Minitel. Le 16 janvier 1986, les gais à leur tout ont leur propre service, et vont pouvoir se lancer à corps perdu dans des discussions nocturnes interminables. Le journal Gai Pied Hebdo lance son tout nouveau réseau télématique ; le 3615 GPH est lancé. Le journal n’en est pas à sa première tentative. En décembre 84, il avait déjà lancé le 614.91.66 CLIPP et son service GRAFFITI, qui proposait déjà peu ou prou le même contenu. Mais ce premier service minitel était entre les mains d’une association qui touchait tous les bénéfices et n’en reversait qu’une petite part à Gai Pied. Au bout de quelques mois, Gérard Vappereau, directeur du journal, a donc dénoncé ce contrat initial (non sans...

Une femme meurt toutes les neuf minutes d’un avortement illégal

Retrouvez le travail et l’humour de Nawak au quotidien sur son blog et sa page Facebook !

L’homophobie, ce mot difficile à prononcer

Beaucoup d’élus ou de personnalités publiques rechignent à nommer l’homophobie, même quand celle-ci est criante. Retrouvez le travail et l'humour de Nawak au quotidien sur son blog.

1981 : la grande marche des homos, ancêtre de la gay pride

Avant même l’élection de François Mitterrand à l’Elysée, l’année 1981 est marquée par le premier défilé d’envergure, l’ancêtre des Gay Prides qui seront organisées par la suite. Le samedi 4 avril se tient à Paris la « Marche Nationale pour les Droits des Homosexuels et des Lesbiennes ». Cet événement est organisé par le CUARH, né en juillet 79, durant la première Université d’Eté Homosexuelle de Marseille. Alors que la gauche a enfin la possibilité d’arriver au pouvoir, la coordination a décidé de s’affirmer comme une force avec laquelle les politiques devront désormais compter. Une candidature homosexuelle a d’abord été envisagée, mais il se serait agi d’une simple opération médiatique, qui n’aurait pas obtenu les 500 parrainages requis. Le CUARH a donc finalement opté pour une démonstration publique, en appui à une lettre ouverte à tous les candidats et candidates. Les revendications sont claires : l’abrogation de l’article 331 aliéna 3 du Code Pénal ; l’extension à l’orientation sexuelle des lois contre le racisme ; la dissolution du groupe de...