Chroniques

Avoir beaucoup de choses à dire, sur tout plein de choses… apporter un nouvel éclairage sur le monde.

Aux origines de la Manif pour tous…

Nawak nous fait la gentillesse de publier régulièrement ses dessins dans Genres. Incisif et drôle, il met le doigt sur la bêtise de certain-e-s pour démonter leur méchanceté et leurs contradictions. Il tient un blog où il croque régulièrement l’actualité, LGBT et autre, et publie également sur Yagg et sur l’Obs.

Conférence Ilga Europe de Varsovie : des initiatives porteuses d’espoir

Des initiatives porteuses d’espoir dans une Pologne peu favorable aux droits LGBTQI Lors de la soirée d’inauguration, Adam Bodnar, qui a les fonctions de ‘Défenseur des droits’ en Pologne, détaillait et déplorait les discriminations touchant les LGBTQI en Pologne. Il dénonçait également avec force les récents projets de modifications de la constitution visant à soumettre le pouvoir judiciaire au pouvoir exécutif, tout comme les projets de loi limitant les droits des femmes notamment en matière d’avortement. A Chaber, de l’association KPH (Campagne Contre l’Homophobie), principale association LGBTQI polonaise, indiquait le lendemain en séance d’ouverture que la politique très conservatrice du gouvernement polonais dominé par le parti Droit et Justice (PiS) de Jarosław Kaczyński, avait motivé la volonté de son association d’accueillir la conférence de l’Ilga Europe à Varsovie. Lors de cette même plénière, Urszula Kuczynska, co-organisatrice de la Marche noire (Black Protest), a partagé son combat féministe qui a vu des dizaines de milliers de femmes polonaises vêtues de noir protester à l’automne 2016 contre un projet de...

GayKitschCamp, pour que vive le patrimoine LGBT

Créée en 1989, l'association culturelle GayKitschCamp a pour vocation de promouvoir le patrimoine LGBT. Après avoir organisé en parallèle le festival de films QuestionDeGenre à Lille de 1991 à 2005, elle s’est incarnée en centre de documentation/librairie de 2000 à 2005. Installée ensuite à Montpellier, elle se concentre aujourd’hui sur sa première activité : faire découvrir à des chercheurs, des étudiants et des amateurs, des textes constitutifs de l'histoire homosexuelle au sein de la maison d’édition QuestionDe­Genre/GKC. Cette maison d’édition a lancé puis accompagné les publications d’études homosexuelles en France. Entretien avec Patrick Cardon, responsable depuis sa création et immense figure de la culture LGBT. Hugues Demeusy : Patrick, pourquoi ce nom de GayKitschCamp? Patrick Cardon : A l’origine, une affiche entrevue pour une exposition à Anvers sur le kitsch (resignification de choses banales et surtout anachroniques) et sur le camp (humour gay). Nous ajoutâmes gay, pour affirmer une identité. Quels furent ses débuts ? Gay « sans commentaire » ; Kitsch « Le temps qui passe » ; Camp « Le temps qu’il fait » : C’est ainsi qu’en...

Taïwan : la disparition d’un gay français ravive les débats entre pro et anti-mariage...

Une Marche des fiertés pas comme les précédentes La Taiwan LGBT Pride (台灣同志遊行) se déroulant fin octobre est toujours considérée par les médias internationaux comme le plus grand rassemblement des personnes LGBTQI+ (Lesbiennes, Gay, Bies, Trans, Queer, Intersexes...) en Asie. Cette année, la 14ème édition de la marche a rassemblé plus de 80.000 participants taïwanais et étrangers.   Mais l’ambiance était bien différente de celle des précédentes. La foule était agitée. Les gens étaient anxieux de voir les réels progrès en matière de droits des personnes LGBTQI+, et de voir cette petite île devenir prochainement le premier pays asiatique à autoriser le mariage pour tous.     C’est non seulement parce que l’adoption du mariage pour tous est la promesse de campagne faite l’an dernier par Tsai Ing-wen (蔡英文), la première femme présidente de Taïwan, mais encore parce qu’il y a eu une disparition regrettable à la veille de la Marche des fiertés...   Décès de l’artiste français Jacques Picoux Jacques Picoux, agé de 67 ans, artiste, universitaire d’origine française à la retraite, mais...

En septembre 1981 naissait la répressive brigade des parcs et jardins

En septembre 1981, notre belle capitale se dote d’un nouvel instrument de lutte en faveur de la tranquillité de ses honnêtes citoyens, la bientôt fameuse Brigade des Parcs et Jardins. Tout est parti d’une interview dans le JDD (dirigé alors par Etienne Mougeotte) : un Parisien y explique qu’il n’est plus possible de se promener tranquillement la nuit dans le bois de Boulogne sans être agressé par des prostitués et des homosexuels sans pudeur !  Afin de ne pas laisser s’installer un tel sentiment d’insécurité, la Mairie de Paris met alors en place dès la rentrée une surveillance systématique des endroits susceptibles d’être fréquentés par cette faune. On crée même des patrouilles à cheval dans les bois, afin de mieux guetter l’intérieur des taillis et des fourrés. Très vite, 80 agents sont embauchés, dans le but de « protéger la tranquillité des parcs de Paris, en particulier des personnes âgées et des enfants ». Non assermentés, ils ne sont pas habilités à verbaliser, ni même à demander la présentation de...

Piros : « mon travail est motivé par l’étude du vivant »

Salut Piros ! En fait on aurait dû se parler l'été dernier, pour la sortie de GENRES mais mon message s'est perdu dans ton Facebook...Est-ce un prétexte pour ne pas répondre aux interviews ? (rires) Piros : Salut Olivier ! Oui j'ignore ce qui s'est passé, ton message s'est perdu dans les méandres de Facebook et il est réapparu le premier de l'an. Donc me voilà ! Au fait, est-ce que tu utilises beaucoup les réseaux sociaux pour te faire connaitre ? De quelle manière ? Oui, quand il ne me joue pas des tours, Facebook est un excellent outil de communication. Après cela demande beaucoup de temps car j'essaie autant que possible de répondre aux divers messages et commentaires que l'on me laisse. Je trouve important d'avoir un vrai relationnel avec les personnes qui s'intéressent à mon travail. C'est aussi une super plate-forme pour connaître l'avis du public. Après j'utilise aussi DeviantArt mais c'est moins facile et instinctif. Bien, parlons un peu de ton boulot. Parle-nous un peu...

Novembre 1989, les homos et la chute du Mur

1989. L’Europe telle qu’on la connaît depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale vit ses dernières heures. Une Europe séparée en deux, observée de près par deux grandes puissances qui semblent encore se partager le monde. Depuis 1945, l’Allemagne est divisée en deux pays ennemis. Et deux Berlin vivent depuis l’été 1961 séparés par un mur, LE mur, symbole de la Guerre Froide et du système né de l’après-guerre. Personne n’y aurait cru quelques mois plus tôt, mais ce système est en train de vivre ses dernières heures. Le jeudi 9 novembre 1989, le monde assiste ébahi à la chute du Mur. Un événement considérable pour tous les allemands bien sûr. Mais comment l’ont vécu les homos des deux côtés de la frontière ? Dès les premières heures, et durant tout le week-end qui suit, les berlinois vont à la rencontre de leurs futurs compatriotes et deux mondes totalement différents l’un de l’autre font connaissance. Les allemands de l’est, surtout, profitent d’un taux de...

Le cahier noir d’Olivier Py : la naissance d’un artiste

https://youtu.be/Ha2zZ6sFWqI Olivier Py écrit pendant son adolescence solitaire à Grasse, un cahier intime, où il consigne ses pensées les plus sombres et réalise des croquis fantasmatiques. En 2015, Actes Sud édite ce Cahier noir, premier "roman illustré" de l’homme de théâtre, dramaturge, metteur en scène, directeur du Théâtre de l'Odéon, aujourd'hui responsable du festival d'Avignon et homme de lettre... Une enfance solitaire Le jeune Olivier s’ennuie ferme dans la ville de Grasse, qu'il décrit grise, triste, austère, loin des clichés de carte postale de cette cité méditerranéenne dont le soleil et les parfums sont ici absents. Entre le lycée et la famille, où il joue le rôle de l'enfant lambda, il y a la place pour les fantasmes les plus exacerbés et extrêmes et pour l'ado singulier, qui se créé un imaginaire flamboyant mais très sombre. Entre les lignes, se dessinent la fougue et le jusqu’au-boutisme d’un adolescent au purgatoire, qui s’invente des chemins de croix dans une quête d’absolu sans limite. La quête d'absolu mais des expériences décevantes A son âge, tout est grave, définitif…...
Yvette Roudy

1985, les mœurs au parlement

Les contrevenants seraient désormais passibles de 2 mois à 2 ans de prison, et 3.000 à 40 000 FF d’amende. Et les associations de défense des droits des femmes ou des homosexuels pourraient se porter partie civile en cas de procès… Il s’agit là d’une vieille revendication, portée notamment par le CUARH depuis les avancées législatives consécutives à l’arrivée de la gauche au pouvoir en mai 1981. A l’époque, le ministre délégué à la Fonction publique, Anicet Le Pors, avait déjà fait un premier pas en faisant disparaître les notions de « bonnes mœurs et de bonne moralité » du code de la fonction publique. Afin de faire passer plus facilement la nouvelle mesure (d’abord refusée par le gouvernement dans son projet de loi), Jean-Pierre Michel a choisi de s’appuyer sur la notion de mœurs, plus large que celle d’orientation sexuelle. Le jeudi 23 mai 1985, en première lecture à l’Assemblée Nationale, c’est le carton plein. L’amendement est voté à la quasi unanimité des députés...