Noémie Renard veut « En finir avec la culture du viol »

Pour quatre Français sur dix, la responsabilité d’un violeur est « moindre si la victime se montre aguichante » – que recouvre ce terme ? c’est variable et contestable à l’infini ! – et « pour deux sur dix, un "non" veut souvent dire un "oui" ». Une sorte de distinction morale, en somme, entre le « vrai » viol et le viol « cool ». N’a-t-on d’ailleurs pas lu dans les médias, au moment de l’affaire Dominique Strauss-Kahn : « Il n’y a pas mort d’homme » ; c’est « un troussage de domestique ». Ou encore : « Un viol, c’est avec un couteau ou un pistolet. » De façon consciente ou non, la « culture du viol » est intégrée dans nos schémas de pensées, conditionnant nos jugements et érigeant en « véritable système » des mécanismes pourtant totalement erronés voire d’une injustice horrifiante. « Banalisation » des violences sexuelles, « stéréotypes de genre, impunité des agresseurs, culpabilisation des victimes » :...

La belle longueur d’avance de l’Australie sur la France pour les familles homoparentales

Nous sommes en 2018, la France commence seulement à envisager l’accès à la procréation médicalement assistée pour les couples de lesbiennes et les femmes célibataires dans le cadre de la révision des lois de bioéthique. En France, lorsqu’un enfant nait dans une famille homoparentale composée de deux lesbiennes, il n’a pas deux mamans. Cet enfant a légalement une seule maman, sa maman biologique. Pour être reconnu comme maman légalement, la deuxième maman doit tout d’abord épouser la maman biologique puis faire une demande d’adoption. Cela peut prendre de nombreux mois. La France est très en retard sur le sujet des familles homoparentales en comparaison à l’Australie. La France et l’Australie n’ont pas fait évoluer les droits des homosexuels et des familles homoparentales de la même manière. Certes l’Australie vient juste de voter le Mariage pour tous (décembre 2018) mais les familles homoparentales sont, elles, reconnues depuis plus de 10 ans. Evolution des droits des familles homoparentales en Australie En Australie, les couples homosexuels ont été reconnus comme couples...

En septembre 1981 naissait la répressive brigade des parcs et jardins

En septembre 1981, notre belle capitale se dote d’un nouvel instrument de lutte en faveur de la tranquillité de ses honnêtes citoyens, la bientôt fameuse Brigade des Parcs et Jardins. Tout est parti d’une interview dans le JDD (dirigé alors par Etienne Mougeotte) : un Parisien y explique qu’il n’est plus possible de se promener tranquillement la nuit dans le bois de Boulogne sans être agressé par des prostitués et des homosexuels sans pudeur !  Afin de ne pas laisser s’installer un tel sentiment d’insécurité, la Mairie de Paris met alors en place dès la rentrée une surveillance systématique des endroits susceptibles d’être fréquentés par cette faune. On crée même des patrouilles à cheval dans les bois, afin de mieux guetter l’intérieur des taillis et des fourrés. Très vite, 80 agents sont embauchés, dans le but de « protéger la tranquillité des parcs de Paris, en particulier des personnes âgées et des enfants ». Non assermentés, ils ne sont pas habilités à verbaliser, ni même à demander la présentation de...

Transidentités : tout ce que vous avez toujours voulu savoir

Hugues Demeusy : Tout d'abord, quelles distinctions doit-on faire entre transsexualité, transsexualisme et transidentité ? Arnaud Alessandrin : Il est vrai que nous partons souvent de l’hypothèse que ce vocabulaire est acquis pour toutes et tous. Débuter par des définitions n’est donc pas absurde. Le « transsexualisme » (que j’écris et prononce avec des guillemets) renvoie à une construction médicale et psychiatrique qui vise à "pathologiser" les identités trans, au "triage" des demandes jugées comme acceptables ou non-acceptables du point de vue des normes de genre et de sexualité en vigueur. Le « transsexualisme » est donc un terme qui "pathologise", j'insiste, et qui en plus fait souffrir les individus concernés, car elle pousse des identités et des vies à la marge de toute reconnaissance. Le terme « transidentitaire » est quant à lui plus englobant. Ce terme parapluie inclut toutes les personnes en transition, peu importe le type de transition choisie, vécue ou expérimentée. Comme toujours avec le langage, il y a les catégories d’analyse et les catégories d’expérience. Dans...

Une femme meurt toutes les neuf minutes d’un avortement illégal

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Tu vas pouvoir faire ton coming-out dans un jeu de foot

Reconnaissance au travers de la culture et des loisirs La reconnaissance de l'homosexualité dans tous les pans de la société avance à pas rapides. Certes on peut diversement apprécier la façon dont elle est traitée, néanmoins on ne peut nier que la visibilité est déjà une réalité dans le cinéma, à la télé et dans le monde des séries (tv et internet), entre autres. Alors que l'homosexualité a d'abord été traitée par Hollywood d'une manière caricaturale, puis dans les séries télé, il est intéressant de noter que cette représentation a évolué et que des personnages dont la caractéristique principale n'était plus seulement leur homosexualité ont commencé à apparaître. Le monde des jeux vidéo récemment a vu apparaître des personnages homo ou trans, et l'homosexualité s'insère maintenant dans des champs dont le sujet de l'homosexualité est loin d'être central. En gros la lesbienne du film n'est plus là juste pour faire lesbienne du coin. Aujourd'hui c'est l'éditeur de jeux vidéos SEGA, à l'origine d'une franchise de jeu de...

L’Egypte veut criminaliser l’homosexualité

Une loi quasi prête Alors que les droits des LGBT+ progressent dans le monde, Out Magazine rapporte que l'Égypte est en pourparlers cette semaine pour criminaliser l'homosexualité. Un député a présenté une loi anti-LGBT en cinq parties au Président du Parlement Ali Abdel Aal. Selon le quotidien The Egypt Independent, la loi a déjà reçu l'approbation de plusieurs députés, censés "être prêts à l'approuver". Une chasse aux sorcières Le projet de loi fait suite à un incident controversé du Music Park Festival du Caire le mois dernier. Des festivaliers ont été vus brandissant des drapeaux arc-en-ciel lors d'un concert de Mashrou Leila. Le groupe libanais dont le leader Hamed Sinno est ouvertement gay, a toujours été très actif sur les questions et la visibilité LGBT+ en Egypte tout au long de sa carrière. Après la mise en ligne des images de l'incident, l'Egypte a commencé une chasse aux sorcières massive contre la communauté LGBT+. Elle a arrêté des dizaines d'homosexuels, selon Rolling Stone. Alors que l'homosexualité n'est pas...

Portraits de Grindr : « pour vrai mec, look hétéro »

La masculinité à travers la virilité Parmi les gays, qui n'a pas été embarqué dans la grande lessiveuse Grindr ? Avant tout, un grand jeu aux codes précis et immuable, qu'on a tôt fait de réaliser, souvent à nos dépens. Marc Jahjah fait une analyse intéressante de la question de la virilité sur les applis de rencontres gays. Alors, vous y retrouvez-vous ? Dans les échanges ou sur les profils, la question de la virilité est obsédante : c'est comme si la masculinité ne pouvait avoir qu'une forme (virile). Question sans interrogation possible : comme l'objectif supposé ("on n'est pas là pour discuter"), elle a été soustraite au débat public. L'évoquer conduit à une tautologie ("ben un vrai mec c'est un mec mec quoi, look hétéro") ou au rappel du fonctionnement implicite du dispositif ("pas là pour philosopher")... La suite est à lire sur le blog de Marc Jahjah

Un bus anti-théorie du genre quadrille l’Île-de-France

A lire sur le site des Inrocks Retrouvez le travail et l'humour de Nawak au quotidien sur son blog.