Corpo Elétrico : le courant passe

Présenté dans de nombreux festivals internationaux et récompensé par plusieurs prix, Corpo Elétrico, le film du réalisateur brésilien Marcelo Gaétano suit les pérégrinations amoureuse du bel Elias... Mais attention, tout n'est pas rose dans la vie de notre héros et l'intrigue s'attache à dresser un portrait très réaliste de la condition des gays au pays de la Samba. Extrait de l'interview que le réalisateur a donnée pour le dossier de presse. "Corps électriques est un film de boudoir : dans chaque lit où Elias se couche s’ouvre un nouvel univers. Des corps s’embrassent et se caressent, des amants racontent leurs rencontres, leurs aventures sexuelles, leurs rêves. Ma volonté était de mettre en scène l’amour vécu par Elias comme quelque chose qui se répète et tourne en boucle. Il s’agit plus d’une sorte d’affection que de romantisme. Il enchaîne les rencontres d’un soir déjà oubliées à peine consommées. Elias aime de façon légère, presque anarchique. Il a 23 ans et est ouvertement gay. Il est originaire du...

Armistead Maupin : une étoile dans notre ciel !

Armistead : toujours bienveillant Toujours bienveillant, de bonne humeur et l'œil qui frise, Maupin semble être un bon gros nounours qui pourrait facilement nous consoler de nos chagrins d'amour et nous donner de bons conseils. L'expérience de la vie. On sent qu'il l'a acquise mais qu'il n'en tire aucun orgueil... Et pourtant que de chemins parcourus pour atteindre ce statut enviable... Un jeune Américain pur jus qui devient... lui-même ! Pour le découvrir, il faut lire l'autobiographie qui vient d'être traduite en langue française et qui parait sous le titre un peu lisse de Mon autre famille. Né en Caroline du Nord, dans une famille ultra-républicaine, Armistead vit ses premières années entre un père très réactionnaire et une mère fantasque. Il y a, heureusement, sa grand-mère qui lui apprend les vertus de la différence. Peu enclin à se démarquer de cette emprise familiale, le jeune Maupin adopte l'idéologie républicaine sans broncher. Il débute des études de droit, mais les abandonne. Il s'engage pour rejoindre les troupes américaines au Vietnam en...

Noémie Renard veut « En finir avec la culture du viol »

Pour quatre Français sur dix, la responsabilité d’un violeur est « moindre si la victime se montre aguichante » – que recouvre ce terme ? c’est variable et contestable à l’infini ! – et « pour deux sur dix, un "non" veut souvent dire un "oui" ». Une sorte de distinction morale, en somme, entre le « vrai » viol et le viol « cool ». N’a-t-on d’ailleurs pas lu dans les médias, au moment de l’affaire Dominique Strauss-Kahn : « Il n’y a pas mort d’homme » ; c’est « un troussage de domestique ». Ou encore : « Un viol, c’est avec un couteau ou un pistolet. » De façon consciente ou non, la « culture du viol » est intégrée dans nos schémas de pensées, conditionnant nos jugements et érigeant en « véritable système » des mécanismes pourtant totalement erronés voire d’une injustice horrifiante. « Banalisation » des violences sexuelles, « stéréotypes de genre, impunité des agresseurs, culpabilisation des victimes » :...

L’amour et la mort

Genres reproduit l'entretien avec le cinéaste et écrivain Christophe Honoré, tiré du dossier de presse de Ad Vitam, qui trace les tenants et les aboutissants de cette histoire générationnelle, celle des trentenaires des années 90, qui lisaient Guibert, Koltès et Lagarce... Comment résumer l’histoire, la matière de ce film ? Un premier amour et un dernier amour. Un début dans la vie et une fin dans la vie, à travers une seule et même histoire d’amour, celle du jeune provincial Arthur et de l’écrivain agonisant Jacques. Le film voudrait conjuguer cette association de sentiments : l’élan et le renoncement. L’histoire d’amour racontée précipite deux choses : d’une part les débuts dans la vie d’Arthur, d’autre part la fin de la vie de Jacques. Il est possible que sans cet amour Jacques aurait vécu plus longtemps, parce qu’il est précipité dans l’idée que sa maladie, le sida, le rend inapte à cet amour, qu’il n’est plus capable de le vivre. Je crois que le vrai sujet du film...

L’artiste Marc Martin fait du vestiaire un lieu de cul(te)

Aujourd'hui Marc Martin est fier d'apporter sa collaboration à l'exposition berlinoise l'érotisme des choses, organisée au Musée Der Dinge, visible jusqu'au 27 août. Construite autour de l'oeuvre de Magnus Hirschfeld, le premier grand sociologue qui se passionna et travailla sur l'érotisme. L'exposition nous intéresse au premier plan pour la présence très remarquée de l'installation de Marc Martin, qui a reconstitué un vestiaire avec sa fantasmagorie... jusqu'à ses odeurs... Entre poésie et pornographie, son installation est un parcours artistique entre les objets qui évoquent l'érotisme latent d'un vestiaire masculin. L’accumulation de baskets usagées de différentes tailles, couleurs et matériaux, avec différentes senteurs et origines, de différentes époques, illustre le fétichisme de l’objet dans toute sa diversité. Marc Martin nous en parle : « Le vestiaire collectif, lieu de passage intensif, sexué, malodorant, rudimentaire, symbolise pour moi la passerelle entre deux univers qui se chevauchent en permanence : l’instant d’avant ou l’instant d’après. Cet endroit concrétise dans mon imaginaire la clef d’un passage secret. Il offre à mon approche une multitude...

Tazzio Paris : esquisse d’un photographe en mutation

Hugues DEMEUSY : Bonjour Tazzio, comment es-tu venu à la photo ? Tazzio Paris : Par le biais du dessin, à travers mon goût pour les visages. J'ai commencé à utiliser une caméra pour étudier les expressions et la mobilité des traits. Je voulais réaliser une série d'animation dont j'avais écrit le scénario et m'inspirer de vrais visages. Le projet n'a pas abouti et je suis passé à la photo, moins onéreuse à produire qu'un film. Les garçons et les filles dont tu captes la présence ont-ils quelque chose à part ? C'est leur capacité à provoquer chez moi le désir de vivre un moment de partage, hors du temps... qui me fascine. Pour le temps d'un shooting. Certains modèles sont créatifs, c'est stimulant. J'aime bien improviser et expérimenter. Parfois avec des matières, de la couleur ou des accessoires. Les raisons qui poussent les modèles à poser sont très diverses, aussi, je prends le temps d'échanger, ça conditionne la façon dont se déroule la prise de vue. Il arrive que la...

A la manière de la grande Patricia Highsmith

Un défi littéraire Il fallait oser le faire et le résultat est assez convainquant. Pour qui connaît la prose de Patricia Highsmith, les ambiances sombres dans lesquelles elle situe ses intrigues tragiques, ses esquisses psychologiques qui font de ses personnages des anti-héros attachants... recréer cet environnement très singulier pouvait se révéler très casse-gueule. D'ailleurs qui s'y risquerait ? A moins que... Ecrire une intrigue dont le personnage principal est Patricia Highsmith herself en s'appuyant sur des faits réels, qui servent de bases à une mésaventure où l'écrivaine va jouer son rôle le plus noir... Donc nous sommes bien d'accord, il ne s'agirait pas là d'une biographie mais d'un roman écrit à la manière de, avec dans le rôle principal Miss Highsmith... non ?  Et bien si ! Jill Dawson, dont c'est à priori la première fiction est anglaise, et à n'en pas douter, super fan de l'auteuse de Carol, du Talentueux M. Ripley et de tant d'autres thrillers psychologiques passionnants... L'iintrigue Si Highsmith s'installe dans un petit cottage dans le...

Nobody’s watching : rêves et déboires d’un acteur argentin à New-York

Nico est un comédien argentin tout juste installé à New York. Dans l’attente de trouver un rôle, il enchaîne les petits boulots pour s’en sortir. Sa vie affective et sociale s’en trouve bouleversée. Quand un ancien amant lui rend visite, tout vacille, l’obligeant à se confronter aux raisons de son exil... Epicentre Films : Quelle est la genèse du film ? Julia Solomonoff : C’est un film qui m’est très personnel. Je suis arrivée à New York il y a vingt ans. Je suis restée sept ans aux Etats-Unis, avant de rentrer en Argentine où j’ai fait deux enfants et deux films. Je suis revenue quelques années plus tard pour enseigner le cinéma. Je voulais raconter cette expérience personnelle, parler du sentiment d’appartenance à une culture et du désir de se réinventer. Pourquoi vous êtes-vous installée à New York ? J’étais venue dans cette ville pour des raisons professionnelles mais des questionnements personnels plus profonds m’avaient amenée à quitter l’Argentine. C’était une fuite de nature émotionnelle. Il ne s’agissait pas...

Pour l’amour des Hommes

Ode au corps des hommes "les hommes pleurent à la salle de sport déclenchent le sèche-mains pour couvrir le bruit de leurs sanglots, leurs cœurs sont devenus trop lourds pour leurs torses, leurs torses sont devenus trop larges pour leurs tee-shirts, ils s’habillent comme des gamins qui auraient oublié d’apporter leur tenue pour l’entraînement" Vingt-cinq poèmes pour dire et raconter le corps des hommes, leurs désirs, leur jouissance et leur solitude. Andrew McMillan les observe dans leur intimité, en famille, en groupe,  ou encore dans des bars interlopes. Il les croque (au propre comme au figuré), avec justesse dans une langue parfois crue, souvent tendre, toujours amoureuse... Une bouleversante ode au corps masculin qui porte un regard poétique sur l’homme moderne, sa sexualité et sa quête du bonheur. Un skinhead peut cacher un poète ! Andrew McMillan, trentenaire britannique enseigne l'écriture à Manchester. Ce premier recueil de poèmes a été célébré et a reçu de nombreuses distinctions. Ne vous fiez pas à son look de skinhead british car il pourrait bien révéler la sensibilité...