Marco Han : « Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant...

Tu es originaire de Mandchourie au nord de la Chine en 1983. Quel est ton parcours artistique ? Marco Han : Le dessin et la peinture ont toujours été ma passion, je les ai appris dès mon plus jeune âge, et je les pratique toujours régulièrement. J’ai également été tatoueur. Je suis venu à la photographie naturellement, comme prolongement à la peinture. Puis mon activité de photographe s’est développée au cours de mes nombreux voyages dans le monde, et au fil de mes rencontres. Je suis un photographe libre, qui me déplace souvent. Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la librairie Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3e Semaine LGBT chinoise. Peux-tu nous en parler ? La rue m’inspire beaucoup, ainsi que le monde de la nuit. Les hommes que je rencontre m’inspirent aussi. Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant le noir et blanc, afin d'exprimer leurs blessures et leurs forces...

Revue de presse : ciné-télé LGBT, on est sorti de la cage

L’entertainment, le spectacle, notamment le cinéma et de plus en plus les séries télé, sont un bon moyen d’améliorer l’inclusion et au moins la visibilité des personnes LGBT. Au cinéma, en approfondissant des caractères et des situations; à la télévision, en permettant sur la durée de fidéliser une catégorie de spectateurs peu habituée à s’attacher à des problématiques de genre. Mais sortir du placard est-ce rentrer dans le rang ? Une actrice trans doit-elle être assignée au rôle d’une trans, un acteur homo au rôle d’un homo ? Après tout, le rôle de l’acteur peut être de jouer ce qu’il n’est pas. Cependant, quid de la responsabilité sociale et sociétale du cinéma dans sa représentation des minorités ? Le lien entre leurs stigmatisations et les fictions Hollywoodiennes à grand public ne peut être ignoré. Quelques articles nous permettent de réfléchir et de faire le point à ce sujet. Certains articles sont disponibles sur des sites payants. Article les Inrocks : “Looking”, “Girls”, “Cucumber” : enquête sur les gays dans les séries Article le...

Mes regrets sont des remords, Frédéric Mitterrand

Le regret consiste dans le sentiment de quelque perte ; le repentir, dans celui d’une faute ; le remords, dans celui d’un crime, et la crainte du châtiment. La Bruyère Et d’aucuns ont pu affirmer que dire du mal de soi, c’était montrer que l’on est toujours là… Frédéric Mitterrand semble être atteint de ce syndrome qui a très bonne presse dans le milieu homo : le syndrome de Saint-Sébastien, à la seule différence que c’est lui-même qui bande l’arc et s’envoie les flèches… Journal, carnet mondain ? Pourquoi ? Cela commence comme cela finit, par deux exemples impossibles, deux fausses frontières et, entre, dix-sept chapitres. 11 novembre 1944, Joseph Wende, jeune allemand de 18 ans, espion, est fusillé à Toul par les Américains… Je serais tombé immédiatement amoureux de lui si je l’avais connu, je l’aurais soustrait à sa dérive criminelle… Et oui ! il était beau écrit un Frédéric Mitterrand qui se prend pour le Jean Genet du Condamné à mort : On peut se demander pourquoi...

Les Initiés, grave et terrifiant

Vous êtes un garçon, vous avez 15-16 ans, eh bien, il ne fait toujours pas actuellement bon être de l’ethnie xhosa en Afrique du Sud ! C’est le moment de l’initiation, période secrète qui ne concerne que les hommes et qui fera qu’en deux semaines ces ados deviendront des « hommes ». Hommes ! Hommes ! au point de blesser, meurtrir, et bien trop souvent faire mourir ces jeunes initiés. Un prépuce fait tout la différence ! Mais voilà l’un des initiateurs, Xolani, retrouve comme tous les ans son amour bi et caché, Vija, un autre Xhosa initié devenu initiateur. Vija est un peu trop imbu de sa virilité et de son pouvoir. Près de la cascade, une nuit d’amour dans l’herbe entre eux, mais ils sont vus par l’un des jeunes initiés, le plus « féminin »… et l’homosexualité — « L’homosexualité est une maladie importée d’Occident », dixit un président d’un état africain — ne peut être. Pas le choix, il sera froidement assassiné par l’homo… Eh oui, de peur d’être reconnu homo dans...

Act Up, la réédition vitale du livre de Didier Lestrade

A l'occasion de la sortie du film-événement 120 battements par minute de Robin Campillo, qui a obtenu le prix du Jury au dernier Festival de Cannes, l'éditeur Denoël réédite cet ouvrage capital dont nous vous conseillons absolument la (re)lecture. En 1989, Didier Lestrade, entouré de Pascal Loubet et de Luc Coulavin, crée Act Up-Paris, sur le modèle d'Act Up-New York. Il raconte ici les dix premières années durant lesquelles l'association de lutte contre le sida va construire et porter un discours politique à travers des campagnes de communication extrêmes, parfois violentes, toujours efficaces, des zaps marquants, des discours intransigeants.... Il explique comment elle a réussi à rendre visibles les séropositifs et la communauté gay, tout en s'impliquant fortement dans l'élaboration des traitements. Act Up invente "l'empowerment", ou quand les malades deviennent acteurs de leur santé. Contrairement à d'autres ouvrages sur le sujet, Didier Lestrade délaisse le côté théorique et réhumanise le récit du combat mené contre la mort et la maladie en racontant ses sentiments, ses expériences, ses espoirs, ses doutes,...

Arthur Dreyfuss : l’enfant qui est en chacun de nous

Il écrit avec des images dans la tête On vous connaît d’abord comme écrivain... C’est vrai, mais j’ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m’ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m’ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d’Agota Kristof qu’à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu’à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin. Comment est né votre travail photographique ? L’idée de la trace m’obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j’ai beaucoup photographié et filmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m’est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s’inventer une liberté. À vingt ans, un ami m’a offert un vieil argentique, que j’ai emporté partout. J’ai entrepris de cerner mes obsessions – tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme...

Décryptage réussi d’une légende du cinéma américain

Hugues Demeusy : Tu nous présentes aujourd'hui un essai sur la grande légende américaine Montgomery Clift, tu précises que ce n'est pas une biographie ? Sébastien Monod : En effet, ce n’en est pas une. Montgomery Clift – L’enfer du décor est un travail d’analyse des choix de carrière de l’acteur, complétée de l’étude des films eux-mêmes. Et je démontre tout au long de mon livre que ces choix ne sont ni innocents ni anodins ; ils sont, certes, réfléchis, car celui qu’on appelle communément Monty était un perfectionniste, mais ils procèdent surtout d’un facteur tout à fait subjectif, inéluctable : lui. Lui en tant qu’homme. Et c’est pourquoi mon travail est néanmoins proche de la biographie, car je m’appuie sur de nombreux éléments privés pour montrer combien sa vie d’homme – et précisément son homosexualité – a influé sur sa carrière. Ce n’est pas par hasard qu’il a choisi des rôles de personnes rejetées ou rebelles, pas un hasard si une grande partie de ces rôles...

Gaston Goor, galerie Au Bonheur du Jour

La galerie « Au Bonheur du Jour », présentera durant deux mois une sélection d’une cinquantaine de peintures et dessins de Gaston Goor (1902-1977). Quelque part entre jardin d’Éden et mont Olympe, au milieu de temples perdus ou cachés dans la végétation de paysages méditerranéens, comme irréels, d’une époque pas tellement définie, les personnages des œuvres de Gaston Goor semblent échapper au monde qui les entoure. Figures allégoriques, éphèbes et demi-dieux aux poses et manières empruntées aux grands peintres de la Renaissance italienne, mais aussi nimbés de cet « érotisme presque naïf » pour reprendre l’expression de la galeriste Nicole Canet, qui nous précise aussi la flagrante influence du peintre britannique Henry Scott Tuke sur le travail de Goor. Relativement peu connu du grand public, Gaston Goor, multiplia pourtant les collaborations avec le monde de l’édition et les écrivains, en illustrant des textes de Diderot, de Montherlant, collaborant aussi avec André Gide pour plusieurs ouvrages, réalisant également les lithographies accompagnant les romans de Renaud Icard ou Roger Peyrefitte,...
vieille télé

Séries américaines, personnages LGBT, stéréotypes – Partie I

Voici mon premier article sur un thème que nous sommes nombreux-ses à affectionner tout particulièrement : les séries américaines. Oui, je suis comme vous, j’aime passer des soirées dans mon lit à regarder des personnages faire des trucs sur un temps plus ou moins long ou à revoir pour le 10ème fois l’épisode 4 de la saison 3 de Black Mirror (seul-e-s les vrai-e-s savent). "Les séries ne lobotomisent pas les téléspectateurs. Les séries ne sont pas de la sous-culture" Les séries ne sont pas seulement synonyme de culture « basse » comme aiment à le dire les gens un peu snobs. Les séries font leur chemin dans les universités (même françaises, eh oui) et peuvent donner lieu à des analyses passionnantes et profondes. Comme l’explique Sarah Sepulchre dans la préface du livre Décoder les séries télévisées : « les séries ne sont pas des « bouche-trous » qu’on diffuse à défaut d’autre chose. Les séries ne sont pas de simples répétitions formelles et narratives. Les séries ne présentent pas que des personnages stéréotypés....