Marco Han : « Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant...

Tu es originaire de Mandchourie au nord de la Chine en 1983. Quel est ton parcours artistique ? Marco Han : Le dessin et la peinture ont toujours été ma passion, je les ai appris dès mon plus jeune âge, et je les pratique toujours régulièrement. J’ai également été tatoueur. Je suis venu à la photographie naturellement, comme prolongement à la peinture. Puis mon activité de photographe s’est développée au cours de mes nombreux voyages dans le monde, et au fil de mes rencontres. Je suis un photographe libre, qui me déplace souvent. Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la librairie Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3e Semaine LGBT chinoise. Peux-tu nous en parler ? La rue m’inspire beaucoup, ainsi que le monde de la nuit. Les hommes que je rencontre m’inspirent aussi. Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant le noir et blanc, afin d'exprimer leurs blessures et leurs forces...
Zhu Mingxiang

« Camarades, encore un effort, et la Révolution triomphera ! »

Photographie par Zhu Mingxiang. Les deux premières éditions de La Semaine LGBT chinoise à Paris en 2015 et 2016 ont été un succès. Vous allez donc continuer en 2017 ? Semaine LGBT Chinoise à Paris, du 1er au 26 février 2017 Divers événements et expositions Yu Zhou : Oui. Elle a été le premier et le seul festival en France à évoquer l’homosexualité des Chinois sous l’aspect historique, politique, social et artistique. Cet événement a été co-fondé fin 2014 avec Jean-Jacques Augier, président de Têtu de l’époque. Nous avons eu les soutiens des Mairies du 3e et du 4e de Paris, du Centre LGBT de Paris, de l’Inter-LGBT et de nombreux partenaires et médias dont GENRES. L’enthousiasme du public nous encourage à continuer ce travail. Après deux éditions, est-il difficile de trouver de nouveaux talents et de nouveaux thèmes ? Effectivement. Nous espérons que cette troisième édition rencontra autant de succès avec neuf événements au total : exposition de photos Corps & Âme à la libraire Les Mots à la bouche ; deux...

Renée Vivien, la muse aux violettes

« Muse aux violettes » ou « Sappho 1900 » : voilà deux des surnoms qui ont été donnés à Renée Vivien, poétesse du Parnasse oubliée, à la vie tragique et tumultueuse. Née en 1877 à Londres, elle meurt en 1909, à Paris, à 32 ans. Poétesse anglaise de langue française, son œuvre sera influencée par l’œuvre de Baudelaire et celle de Sappho. Sa vie mouvementée est partagée entre ses amantes, ses voyages et ses tentatives de suicide ; fantasque et fragile, elle célèbre dans ses vers l’amour pur et la beauté des femmes, mais sombre tout au long de sa vie dans l’alcool, la drogue et la dépression. Son amie Colette, après sa mort, qualifiera ainsi son œuvre : « l’œuvre de Renée habite une région de tristesse élevée, où les « amies » rêvent et pleurent autant qu’elles s’y enlacent. » Renée Vivien, de son vrai nom Pauline Mary Tarn, naît à Londres. Son éducation se fait entre différents pensionnats français et anglais....

Immeuble Dakota. New-York. 1970

Joyau baroque implanté au cœur de New-York, grâce à une architecture néo renaissance, le Dakota est une demeure unique surtout célèbre parce que l'immeuble accueillit John Lennon, où il fut assassiné. Un lieu singulier qui va servir de décor à un portrait d'une folle décennie new-yorkaise, les fameuses seventies, à travers les habitants des différents appartements de l'immeuble. Le fil rouge du bouquin est un jeune black qui pénètre presque par effraction dans l'édifice bourgeois et réussira à grimper les échelons du personnel de sécurité, tout en posant un regard décalé sur les habitants. Il y a parmi eux des anonymes et des célébrités telles John Lennon et sa femme Yoko Ono, Léonard Bernstein, Rudolf Noorev... La vie de l'immeuble se décline au travers des péripéties emmenées par des personnages à la vie pas forcement exceptionnelle, et se dessine en arrière plan le portrait d'une époque foisonnante d’événements en tout genre, notamment la libération des gays. On suivra parmi les personnages récurrents un couple de garçons dont les...

Ton père est gay

Récit autobiographique sur l'homoparentalité Il vit à Paris, avec sa fille, une gamine éveillée, mature... Des faits étranges se produisent dans son immeuble, qui vont provoquer chez lui un début de paranoïa. S'en suivra une remise en cause. Il est père et... gay. Il a décidé de faire un enfant avec une amie, car la paternité est capitale pour lui, inscrite dans son ADN. Mais les choses ne sont pas si simples, et le regard de la société n'est pas forcement bienveillant, même quand on vit à Paris, dans un quartier "bobo". On le comprend, ce récit est autobiographique. Un état des lieux inquiétant de l'homophobie Au-delà de l'homophobie ordinaire, c'est la culpabilité qui envahit peu à peu le narrateur, qui va l'entraîner à se pencher sur son parcours personnel, son enfance en Bretagne, son rapport avec son père, la dualité complexe entre son orientation sexuelle et le désir d'enfant... Retour en littérature... Christophe Honoré s'était abstenu d'écrire depuis quelques années, pour se consacrer au cinéma et signer des films singuliers : Dans...

Le beau livre #11, Garçons de joie, Nicole Canet

Il est dans les villes des endroits rares et précieux, des endroits que l’on ne voudrait n’avoir que pour soi, et dont on rechigne à donner l’adresse : la galerie de Nicole Canet, « Au bonheur du jour » est de ceux-là. Là où s’épanchent sur papier les désirs, là où sursaute d’un trait d’encre, d’inavouées passions, de curieux chromos et des obsessions derrière les crayons… dans sa nouvelle exposition « Garçons de joie » qu’accompagne la parution d’un ouvrage au titre éponyme, la promesse est tenue. Et c’est Frédéric Mitterrand, ancien ministre de la Culture, mais aussi l’auteur de « La mauvaise vie » qui signe la préface de cet ouvrage dans un texte tout en suggestion, il y écrit notamment « L’un des grands mérites de Nicole Canet (…) est de nous rapporter des images insolites de ces temps envolés, de ces lieux qu’on ne trouve plus, de tous ceux qui ont écrit sans le savoir une histoire qu’on ne raconte guère. » Pousser les portes de ce bar un peu...

Le beau livre #12, Outlandish /Room/ par Marc Kiska

David Lachapelle, Anthony Gayton, Justin Monroe, Simen Johan… autant de références et d’évocations qui si elles semblent évidentes de prime abord sont à évacuer assez vite, tant « l’écriture » photographique de Marc Kiska est singulière et personnelle. Dans son ouvrage « Outlandish /Room/ » le photographe semble vouloir se frayer un chemin, ce sera tortueux, boueux et brumeux, escarpé… au cœur de la ville ou dans des bois sombres, dans l’intimité d’une chambre exiguë ou bien perdus dans de vastes forêts oniriques, ses photographies sont comme des balises d’un parcours initiatiques au milieu des méandres et troubles adolescents. Dans des mises en scènes soignées, de réelles compositions plastiques, que l’on devine parfois empruntées aux grand maîtres de la Renaissance, les corps et les objets de Marc Kiska, naviguent entre ombres et illuminations, sont comme des offrandes déposées sur un autel. Des offrandes et même des sacrifices, que l’on imagine dans ces temples païens, des toits d’immeubles de villes anonymes, des maisons hitchcockiennes ou encore des lieux abandonnés...
Nawak homophobie

Dessine-moi Nawak !

Hugues Demeusy : Bonjour Nawak. On voit de plus en plus tes dessins qui s’attaquent notamment à la Manif pour tous ? D’où viens-tu ? Nawak : Je me suis lancé dans le dessin depuis deux ans et demi. Au départ, je souhaitais principalement dessiner pour des entreprises ou des collectivités. J’avais donc un style plutôt consensuel, adapté à ces organisations, que je signais sous le pseudonyme de Nawak et j’utilisais mon vrai prénom pour les dessins plus polémiques. Nous étions au début de l’année 2013 avec les débats autour du mariage pour tous. Il est devenu de plus en plus difficile de gérer deux identités. Au bout de quelques semaines, j’ai fini par assumer totalement mes positions. J’ai publié un dessin sous le nom de Nawak dénonçant l’homophobie des « manifs pour tous ». Celui-ci a été retweeté par SOS homophobie et tout s’est emballé ! On l’a vu dans tes dessins, tu es très en colère contre les « intégristes » de la Manif pour...
Patricia Highsmith

Patricia Highsmith : Carol, les eaux dérobées

Si Patricia Highsmith (1921–1995) est surtout connue pour ses romans policiers, fins thrillers psychologiques, qui inspirèrent le cinéma d’Alfred Hitchcock, son deuxième roman, intitulé Carol, est le roman d’une passion lesbienne mettant en scène deux personnages principaux féminins répondant respectivement aux noms de Therese et Carol. Carol (The Price of Salt en langue originale) est un roman publié en 1952. Le manuscrit en ayant d’abord été refusé par son éditeur en raison de la hardiesse du sujet, Patricia Highsmith décida de le faire paraître sous le pseudonyme Claire Morgan. Finalement, en 2015, le livre a été adapté au cinéma par Todd Haynes. Le film britannico-américain retrace fidèlement l’histoire du livre. Therese est une jeune femme vendeuse dans un grand magasin au rayon des jouets, mais ce travail n’est qu’alimentaire car elle rêve en réalité de créer des décors de théâtre. Richard est un ami proche. Tellement proche qu’il est, en fait, profondément épris de Therese. Cependant, rien n’y fait car elle ne se sent pas séduite...