Collision avec une étoile filante

Dans Tu t'appelais Maria Schneider, Vanessa qui est la cousine de l'actrice aujourd'hui partiellement oubliée, donne enfin vie au projet formulé avec cette dernière avant sa disparition : écrire le livre de sa vie. On connait le visage radieux de Vanessa Schneider, journaliste au Monde, pour ses participations à ces émissions télévisées où les prises de parole des invités sont formatées et souvent insipides. Elle écrit une biographie (si le terme convient à ce livre) très personnelle, emprunte de l'amour, de la fascination et de la bienveillance qu'elle garde intacte, comme un précieux trésor,  qu'elle nous livre ici. Le tu est le mode sur lequel la journaliste a choisi de raconter ses souvenirs, peut-être pour recréer une proximité et aussi parce qu'on tutoie les étoiles… Elle y mêle des réminiscences de sa vie d'enfant, parce que Maria y était toujours étroitement associée. Premier film, premier scandale Maria, cette belle jeune femme devenue adulte trop vite, fille de l'acteur Daniel Gélin, élevée par une mère mal aimante, s'installe dans...
Nawak homophobie

Dessine-moi Nawak !

Hugues Demeusy : Bonjour Nawak. On voit de plus en plus tes dessins qui s’attaquent notamment à la Manif pour tous ? D’où viens-tu ? Nawak : Je me suis lancé dans le dessin depuis deux ans et demi. Au départ, je souhaitais principalement dessiner pour des entreprises ou des collectivités. J’avais donc un style plutôt consensuel, adapté à ces organisations, que je signais sous le pseudonyme de Nawak et j’utilisais mon vrai prénom pour les dessins plus polémiques. Nous étions au début de l’année 2013 avec les débats autour du mariage pour tous. Il est devenu de plus en plus difficile de gérer deux identités. Au bout de quelques semaines, j’ai fini par assumer totalement mes positions. J’ai publié un dessin sous le nom de Nawak dénonçant l’homophobie des « manifs pour tous ». Celui-ci a été retweeté par SOS homophobie et tout s’est emballé ! On l’a vu dans tes dessins, tu es très en colère contre les « intégristes » de la Manif pour...

Le journal intégral de Matthieu Galey

Ah! Ah! entrer dans un livre par un escalier dérobé… Eh oui ce Journal, déjà deux fois publié, fut à chaque fois censuré. Mais, cette année 2017, les éditions Robert Laffont ont tout publié et même montré les parties censurées précédemment en mettant la police en italique. Et, c’est connu, les censures donnent aussi, sinon plus, l’image d’un pays à un moment donné et là, l’écœurement des magouilles éditoriales pour les prix littéraires, les tirages et l’argent ! Donc ce Journal de Matthieu Galey, de 1953 à 1986, année de sa mort due à la maladie de Charcot, lente et horrible agonie, celui qui était Revenu avant d’être parti. Il débute comme journaliste en 1958 dans Cahiers des saisons et Arts avec des chroniques, puis travaille à Combat et l’Express pour des critiques dramatiques. En 1962 il entre aux éditions Grasset, dans son comité de lecture. Sale métier que le mien ! Je surprends des regards inconnus qui me fusillent… L’observateur ou le témoin l’emporte chez lui...

Le beau livre #4, Undressed, Mario Testino

Dernier projet éditorial de l’éditeur Taschen et du photographe de mode Mario Testino, Undressed, invite à l’effeuillage, cet ouvrage se propose de dresser un panorama des photos de nus les plus marquantes du photographe Mario Testino, adepte d’une esthétique léchée et sensuelle ou juste là lorsqu’il s’agit de capturer ces moments aussi torrides qu’éphémères. les photos de Testino font se côtoyer les mannequins les plus en vues, et des anonymes, des filles parfaites et des garçons androgynes, ou peut-être est-ce l’inverse… Réunissant une cinquantaine de photographies, certains clichés issus des archives du studio du photographe sont ici publiés pour la première fois. Figure incontournable des années porno chic, période Tom Ford chez Gucci, il est régulièrement plébiscité pour les séries mode de magazines prestigieux, ou de sulfureuses et luxueuses campagnes de publicité. Un entretien accordé à l’ancienne et emblématique rédactrice du Vogue Paris et créatrice du CR Fashion Book, Carine Roitfeld, éclaire sur les volontés esthétiques du travail du photographe. Images au luxe décomplexé,...

Le journal de rêve de Guy Hocquenghem

Les éditions Verticales viennent de publier cinquante-huit articles de Guy Hocquenghem, gauchiste et ex, homo et plus, mort du sida à 41 ans. Ses textes sont parus dans des journaux et des magazines, Libération, Masques, Gai Pied Hebdo, Actuel, Tout !, L’Idiot liberté et le Figaro magazine, entre 1970 et 1987. Comme de nombreux et nombreuses militant.es homos de cette époque, il eut de nombreuses activités, tout était à créer. D’abord militant trotskiste mais homo, il participe à la création du FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) en 1971, au groupe Vive la Révolution et publie son premier roman, Le Désir homosexuel en 1972. Il fut un touche à tout politique comme le montre les sujets de ses articles et l’explique fort bien la post-face de Antoine Idier qui vient de publier sa biographie. Des textes de désabusé, d’un militant revenu de presque tout… À quoi peut donc servir la lucidité ? À propos de 68 : Nous avons voulu la politique. La politique nous a recraché, dégueulés, souillés…, dans un article...

Les vacances du petit Renard, interview d’Arthur Cahn

C’est un ouvrage singulier, même s’il est difficile de mettre précisément le doigt sur ce qui le place à part, qu’a publié en ce début d’année, le réalisateur, acteur et donc désormais auteur, Arthur Cahn. C’est un court texte, comme un concentré, cette histoire, celle qui prétexte un récit de vacances, mais qui est aussi celle d’une rencontre, celle d’un amour contrarié, d’une machination, de regrets, d’énergie et d’oisiveté, de sexe et de retenue, du passage d'un âge à un autre… Quelques impressions de lecture,  croisées aux remarques et réflexions de l'auteur, qui a bien voulu prendre le temps de répondre à ces questions, qu'il en soit ici remercié. - « Les vacances du petit Renard », et d’abord ce titre, qui sonne comme une fable, comme le titre d’un récit pour enfants, et qui cache, un texte, bien évidemment, assez éloigné de ces évocations d’âges tendres, puisque d’innocence ou de naïveté, il n’en est plus question. Le personnage principal, même s’il se trouve lui à la...

Richie : de l’ENA à Sciences Po, un haut fonctionnaire peut cacher un garçon...

Grand bourgeois, militant et fêtard Fils d'une famille bourgeoise, rien ne semblait prédestiner ce bon élève à une trajectoire singulière, entre ombre et lumière. Tout d'abord, un parcours militant au sein de l'association Aides dans les années 80, lors de sa création. Richie y côtoiera le gratin homo qui fréquente le Palace et les Bains-Douches la nuit et occupent les fonctions les plus honorifiques de l'administration le jour. Le social à Sciences-Po Parce qu'il est ambitieux et doué, Richard Decoing, surnommé Richie, devient le Directeur de Sciences Po, la célèbre école de la rue Saint-Guillaume. Son fait d'armes, qui semblerait attester de son sens des réalités, d'une fibre sociale et humaniste, sera de mettre en place les fameuses équivalences destinées à ouvrir les portes de l'Ecole aux jeunes des banlieues défavorisées... Il se battra pour cette véritable révolution. On apprend aussi sa relation avec Guillaume Pépy, le patron de la SNCF qui du coup, est « outé ». L'ombre, c'est ce mal-être profond lié à son orientation sexuelle ? (l'explication semble facile) qui...

L’amour fou de Sagan et Peggy Roche (en poche)

Mise à jour du 23/01/18 : A l'occasion de la sortie en Poche de Peggy dans les phares de Marie-Eve Lacasse, nous republions la chronique qui avait été dédiée à ce roman lors de sa sortie, en 2017. Vous l'aurez compris, nous aimons beaucoup ce récit et vous le recommandons vivement ! Peggy Roche n'est pas forcement connue au-delà du milieu de la mode. Elle débuta à Elle, le grand magazine féminin à la fin des années 50, comme mannequin, repérée pour sa singularité, son élégance et sa classe naturelle. Elle devient styliste, puis rédactrice de mode pour le même magazine. Mais bien loin de la frivolité de la mode et de ses caricatures, Marie-Eve Lacasse, dont c'est le premier roman, "créée" une femme ambiguë, fantasque, révoltée, un peu en marge mais idéaliste. La vérité autobiographique de Peggy Roche est-elle si importante que cela ? C'est plus un personnage romanesque que Marie-Eve Lacasse "invente", en prenant comme point d'encrage des faits authentiques. Mais c'est l'amour fou qui unit Peggy...
Joni Mitchell

Joni Mitchell, génie devenue icône

Si vous ne connaissez pas la musique de Joni Mitchell, vous devriez ! Toute collection musicale qui se respecte doit avoir au moins un CD de Joni. Elle n’est ni L, ni G, ni B, ni T… mais elle a contribué avec son style très personnel à la diversité musicale de notre époque. L’artiste canadienne, qui fêtera a ses 73 ans le 7 novembre, est une génie, devenu icône, avec une carrière musicale qui démarre dans les années 60. Elle vient de souffrir d’une rupture d’anévrisme en mars dernier et pour le moment elle est en convalescence. Ceci explique le titre de mon article ! A la fois poète, musicienne, et artiste peintre, ses chansons sont parfois des chansons de colère mais aussi des chansons mélancoliques et romantiques La musique de Joni a inspiré énormément d’artistes mais jamais personne ne s’est même approché de son talent. A la fois poète, musicienne, et artiste peintre, ses chansons (pour la plupart écrites par elle-même) sont parfois des chansons de colère...