Mes papas avant moi, de Mikl Mayer

Mikl Mayer, l’auteur de cette bande dessinée, nous raconte et nous dessine maintenant l’histoire des deux adolescents, Florian et Tristan, quand ils se rencontrèrent, se trouvèrent et se plurent au lycée, puis s’aimèrent et devinrent les papas de la précédente BD, Mes papas et moi. Mikl Mayer, né à Pont à Mousson le 4 septembre 1987 et vivant depuis à Toulouse, est un dessinateur connu pour sa bande dessinée Les d'jeunes, qui raconte la vie d'un groupe d'adolescents. Il s'est fait connaître pour ses affiches pour l'association Laurette Fugain ainsi que ces visuels contre l'homophobie à Toulouse. Son premier album est sorti en décembre 2009 et s'appelle La dure vie des adolescents. Il publie la bande-dessinée "Mes papas & moi" en 2015. (source Wikipedia) L’un de ses héros, Florian, est large, athlétique, et chamboule à son arrivée la vie déjà normée du lycée. Il plaît aux garçons et aux filles. Tristan, lui, est un gringalet homo mais qui ne peut toujours pas le dire malgré les engueulades de sa...

Coby : journal filmé d’une métamorphose

À l’origine de ce film, il y a l’histoire de votre demi-frère, de sa transition, de ses opérations. Et pourtant le film déjoue tous les pièges redoutés du documentaire… Le documentaire n’est pas mon genre de prédilection. J’en produis mais, en tant que réalisateur, j’ai besoin de passer par la fiction qui est pour moi une métaphore du réel et une digestion de la réalité. C’est une manière de regarder en arrière. Quand Coby, mon demi-frère, a amorcé sa transition en 2010, il m’a demandé de faire un film sur cette période de sa vie. À l’époque il avait déjà posté ses vidéos sur Youtube et je savais qu’il y aurait cette matière première et pourtant, j'’hésitais. Je ne savais vraiment pas quoi faire de tout cela. Je redoutais ce cinéma du réel qui consistait à suivre quelqu’un, à filmer toutes ces étapes plus ou moins dramatiques. Donc j’ai décliné la proposition. et puis cinq ans plus tard, après avoir suivi de loin son évolution...

2017 : mes 5 livres « MAJUSCULE »

2017 se carapate... Tout le long de cette année politiquement surprenante et épuisante, dont les rebondissements auraient pu être imaginés par un scénariste légèrement torturé, ces livres ont illuminées les journées souvent sombres d'un Parisien casanier. Ils continueront à briller comme des étoiles dans mon ciel ! Les voici dans le désordre : Dakota Song par Ariane Bois chez Belfond http://genres.centrelgbtparis.org/2017/06/08/immeuble-dakota-new-york-1970/ Parlez-moi encore de lui de Lisa Vignol, chez Stock http://genres.centrelgbtparis.org/2017/06/03/portrait-clair-obscur-dune-etoile-filante/ La vie serait simple à Manneville de Pierre Cochez L'Escale http://genres.centrelgbtparis.org/2017/05/02/de-manneville-monde-parcours-extraordinaire/ Place des Vosges de Michel Braudeau au Seuil http://genres.centrelgbtparis.org/2017/03/30/marais-1970/ Peggy dans les phares de Marie-Eve Lacasse chez Grasset http://genres.centrelgbtparis.org/2017/02/13/peggy-roche-femme-amoureuse-de-sagan/ Bien sûr, je vous les recommande chaudement et surtout,  je vous souhaite de nombreuses découvertes littéraires en 2018 !

Hervé Joseph Lebrun : le porno gay seventies dans le coeur

Bonjour Hervé Joseph, tu es "conseiller historique" du film de Yann Gonzalez, « Un couteau dans le cœur », dont l'intrigue se passe dans le milieu du porno gay de la fin des années 70. Comment es-tu arrivé sur ce projet et comment cela s'est-il passé ? À l’occasion de la sortie du « Dictionnaire des films érotiques et pornographiques français en 16 et 35 mm », dictionnaire sous la direction de Christophe Bier pour lequel j'étais un des contributeurs et superviseur des films homos, une soirée spéciale, « La Nuit de la grande chaleur », a été organisée à La Cinémathèque française le 11 juin 2011. Trois films étaient programmés dont « Maléfices pornos » (Éric de Winter, 1978) produit par Anne-Marie Tensi (AMT). Yann Gonzalez était présent et, de cette soirée, est née l'idée de réaliser un film autour d'Anne-Marie Tensi. J'étais en train de réaliser le film documentaire « Mondo Homo: A Study of French Gay Porn in the '70s » (2014) où un...

Yves Navarre, hier, aujourd’hui et demain

Hugues Demeusy : Comment et quand as-tu « rencontré » Yves Navarre ? Philippe Leconte : A la fin des années 70. J’étais dans la mythique librairie Corman à Knokke-Le-Zoute. Je venais de choisir les poèmes de Constantin Cavafy traduits par Yourcenar, et, à côté, il y avait une pile de Loukoums en livre de poche. C’est la couverture qui m’a attiré, le dessin de David Hockney. J’ai pris le livre, l’ai lu d’une traite et n’ai eu de cesse, après, de découvrir les précédents livres de Navarre, puis, au fur et à mesure, les nouveaux, au gré de leurs parutions. Qu’est-ce qui t’a accroché dans ses écrits ? Navarre a été beaucoup trop catalogué en tant qu’écrivain homosexuel, alors que lui-même se définissait comme écrivain ET homosexuel La façon dont il abordait l’homosexualité. C’était la première fois qu’un écrivain m’en « parlait » comme quelque chose de normal. J’avais l’impression de me découvrir à travers ses livres, que ceux-ci me parlaient de moi. Á l’époque, il n’y avait...

Rendez-vous à Positano

Si l’on peut parler d’un livre comme l’on dit musique baroque, alors, ce livre l’est. Chaque image de ce merveilleux village de Positano, lieu des longs crépuscules, au sud de Naples, s’accompagne de l’odeur mélodieuse des jasmins, de musique, celle de l’orage, du vent, et de Wilhelm Kempff jouant du piano dans l’église, en haut de la montagne, de l’élégance des mouvements de ses habitants montants ses escaliers escarpés, et de ses deux héroïnes, Goliarda Sapienza, l’auteure de Rendez-vous à Positano, et de Erica, l’amie. C’est la fin du fascisme. Les discussions éthérées, hors de tout, du monde, le long chemin d’une rencontre amicale, celle d’une grande bourgeoise riche, Erica, Son pas captivait tous les regards quand elle descendait les quelques marches qui menaient au rivage… Mais cette femme : Depuis quelques années j’évite la véritable amitié, le véritable engagement, y compris en amour, et voilà que ce besoin que j’ai essayé d’étouffer m’a poussée à te rechercher. On n’y échappe pas. Et même si cette amitié...

D’Eddy Bellegueule à Marvin, l’histoire d’une émancipation

Au moment où sort sur les écrans l'adaptation très libre du premier "roman" d'Edouard Louis, réalisée par Anne Fontaine, Marvin ou la belle éducation, retournons-nous sur ce livre coup de poing, qui a bouleversé le paysage littéraire. Une enfance misérable un long cri de haine qui pénètre notre cortex et qui ne nous lâchera pas jusqu'au dernier mot Edouard Louis raconte une enfance sans amour, sans tendresse, sans repère... une famille pire que les Groseillle de La vie est un long fleuve tranquille, ancrée dans son inculture, son manque d'ambition... Sa vie triste et morne, dominée par le machisme et la méchanceté, donc la peur. Etre différent dans ce cloaque est la pire des injures pour ceux qui sont soumis au regard des autres, à la vindicte populaire qui détruit les « anormaux ». Le jeune Eddy parce qu'il est efféminé est catalogué pédé et est, donc, la honte de la famille. D'humiliations en sévices, ils lui font la vie dure. Au collège, c'est la tête de Turc des « normaux » qui lui font...

Ton père est gay

Récit autobiographique sur l'homoparentalité Il vit à Paris, avec sa fille, une gamine éveillée, mature... Des faits étranges se produisent dans son immeuble, qui vont provoquer chez lui un début de paranoïa. S'en suivra une remise en cause. Il est père et... gay. Il a décidé de faire un enfant avec une amie, car la paternité est capitale pour lui, inscrite dans son ADN. Mais les choses ne sont pas si simples, et le regard de la société n'est pas forcement bienveillant, même quand on vit à Paris, dans un quartier "bobo". On le comprend, ce récit est autobiographique. Un état des lieux inquiétant de l'homophobie Au-delà de l'homophobie ordinaire, c'est la culpabilité qui envahit peu à peu le narrateur, qui va l'entraîner à se pencher sur son parcours personnel, son enfance en Bretagne, son rapport avec son père, la dualité complexe entre son orientation sexuelle et le désir d'enfant... Retour en littérature... Christophe Honoré s'était abstenu d'écrire depuis quelques années, pour se consacrer au cinéma et signer des films singuliers : Dans...

Sport et diversité gagnent des points

Si vous vous rendez au Centre LGBT de Paris en ce moment, vous découvrirez les œuvres réalisées par le photographe Franck Weens et le peintre Serge Krewiss. Comment et pourquoi les deux artistes ont associé leur talent pour créer ces "tableaux" à la gloire du Sport et de la diversité ? Nous avons voulu le savoir en rencontrant un des deux  membres de ce duo artistique prometteur, Franck Weens… Hugues Demeusy : Vous exposez votre travail  pour célébrer les Gay-Games de Paris au Centre LGBT Paris Ile de France durant le mois d’août. Racontez nous tout d'abord votre parcours artistique ? Franck : J'ai découvert la photo en 2005, au début de l’ère de la photographie numérique, puis suis devenu photographe professionnel en 2010. J'aime particulièrement les photos de sport, d’où ma participation en tant que responsable d’équipe et photographe pour Paris 2018 / Gay Games 10. Je suis également le photographe officiel de la European Snow Pride à Tignes qui a lieu tous les ans en...