Le beau livre #9, The Beard Pictures, Gilbert & George

Dupont et Dupond, Laurel et Hardy… et Gilbert et George qui font indubitablement partie de ces couples, fictionnels ou pas, la frontière avec ces derniers étant sur ce point parfois floue, et qui de par leurs extravagances ou leurs œuvres sont devenus aussi identifiables qu’incontournables. Sur la scène de l’art contemporain les deux artistes britanniques, ils travaillent ensemble depuis leur rencontre en 1967, n’ont eu de cesse de se mettre en scène dans leurs productions, ils se définissent eux-mêmes comme des Living sculptures, c’est par la performance qu’ils ont commencé. Contrebalançant leur apparence de bourgeois, le couple apparaissant en public immanquablement en costumes et cravates quasi identiques, le propos de leurs œuvres aux dimensions souvent grandiloquentes, peut se faire parfois cru, souvent dérangeant, flirtant avec le mauvais goût et l’irrévérence, explorant des thématiques parfois underground. La série d’œuvres qu’expose la galerie Thaddaeus Ropac dans son espace de Pantin, n’échappe pas aux codes et façon de faire des deux artistes, des formats gigantesques (l’une des...
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Théo et Hugo dans le même bateau : le DVD cul(te) !

Dans un sex-club, Théo et Hugo se rencontrent, se reconnaissent, se mêlent en une étreinte passionnée. Passé l’emportement du désir et l’exaltation de ce premier moment, les deux jeunes gens dégrisés, dans les rues vides d'un Paris nocturne, se confrontent à leur amour naissant. Le film événement de l'année 2016 sort enfin en DVD, dans une édition qui constitue un véritable écrin pour tout savoir sur la genèse du film avec des animations graphiques audacieuses. Retour réussi pour le duo de cinéastes Olivier Ducastel et Jacques Martineau, qui signe avec Théo et Hugo dans le même bateau un film emprunt de poésie, de romantisme, et ancré de plein pied dans le réel. Deux jeunes acteurs merveilleux, intenses, incroyablement charmants... François Nambot et Geoffrey Couet portent cette belle aventure sur leurs épaules. Quant au choix de filmer l'intrigue en temps réel, il  s'impose au couple de réalisateurs, puisqu'il confère de la véracité au propos du film et, plus qu'une contrainte, il donne des ailes aux acteurs qui réalisent quelques scènes où la magie...

Journal sur un drôle d’amour

Octobre 2013. Patrice Chéreau meurt des suites d’un cancer. Dans l’église Saint Sulpice, où ont lieu ses funérailles, un garçon s’installe dans le fond, anonyme parmi les célébrités et les personnages importants. Olivier Steiner, jeune provincial monté à Paris, n’a rien d’un Rastignac. Il ouvre grand ses yeux et emmagasine les expériences inédites et merveilleuses que lui procure la grande ville, tout comme les galères. La rencontre avec Chéreau A 31 ans, alors que sa vie stagne, il assiste à une lecture dans un théâtre de banlieue et rencontre Patrice Chéreau. Débutera alors une relation par SMS tout d’abord, puisque Chéreau monte un opéra à Milan… Puis ce sera la (re) rencontre à Trouville un soir d’hiver, mise en scène par Steiner, où rien ne se passera comme prévu. Une relation amoureuse hors des normes S’en suivra une relation décousue, mais forte, intense, cependant frustrante pour Steiner. En 2012, il écrit son premier livre Bohème. Il y traite d’une liaison virtuelle entre une jeune garçon un peu sauvage et...

Devenir Christian Dior de fil en aiguille

Une biographie de plus sur le grand couturier ? Ça aurait pu être une biographie de plus, consacrée à la carrière du couturier, après qu’en 1947, Christian Dior présente la première collection de sa maison de couture nouvellement fondée avec l’aide de l’industriel Marcel Boussac. L'auteur, François-Olivier Rousseau a décidé de raconter le long parcours de celui qui cherchait sa voie et qui a exercé différents métiers loin de de l’univers de la Mode. Quelle trajectoire que celle de cet enfant né à Granville, au bord de la Manche, au début du siècle dernier. Fils d’industriels locaux, créateurs entre autres de la fameuse lessive Saint-Marc et de l’eau de Javel Dior (on est loin des fragrances subtiles de la Haute Couture !), le jeune Christian est très attaché à sa chère maman. Pilier du Bœuf sur le toit ! Il s’inscrira à Sciences Po pour lui faire plaisir, mais à Paris. Il fréquentera alors le lieu névralgique de tous les plaisirs d’alors, rendez-vous des artistes en devenir et des...

Une women story devenue success story grâce aux réseaux sociaux

Dans ses « remerciements » qui précèdent le texte de son roman, Stéphanie Vidonne indique : « Merci… à vous lecteurs, sans qui ce projet littéraire n’existerait pas ». D’abord parue en feuilleton sur son site Internet (http://www.mavieenlila.com), l’histoire a très vite capté bon nombre de personnes, pour atteindre les 2000, ce qui a évidemment encouragé Stéphanie à prévoir une édition « papier » de son livre. Alors de quoi s’agit-il ? De deux femmes qui se cherchent – c’est le cas de le dire puisque l’une d’elles est aveugle, mais l’on constatera que le livre fait voler en éclats tous nos a priori de « voyants » sur ce sujet ! –, l’une étant bisexuelle et l’autre pas. Celle qui « voit » le mieux sur le plan des pétillements du désir n’est bien sûr pas celle que l’on croit, et même si le « je » qui s’exprime ne revendique aucune homosexualité, la révélation vécue, à la fois psychologique et physique, prête à...

Le son différent de Brooklyn

Un immeuble à Brooklyn Depuis la mort de son mari, Celia vit dans l’ombre de ce dernier. Propriétaire d’un petit immeuble à Brooklyn, elle loge des gens atypiques, avec qui elle entretient des rapports distants. Jusqu’à ce qu’arrive Hope, une femme fuyant un mari infidèle… Avec Le bruit des autres, Amy Grace Loyd signe son premier roman en 2014, avec une maîtrise incontestable et un sujet bouleversant :  une femme choisit de s’isoler parce qu’elle ne parvient pas à faire le deuil de son mari ; elle s’est enfermée dans la routine, dans une vie en demi-teinte mais va soudain vivre une expérience qui la fera enfin réagir et redevenir « humaine" Une femme brisée Célia, la quarantaine affirmée, vit à Brooklyn, dans un petit immeuble vétuste, dont elle est la propriétaire. Oui, c’est bien de Brooklyn dont il s’agit, sa bohème, sa « coolitude », quartier en mutation où vit une population très cosmopolite. Célia, elle, montre un visage fermé. On pourrait presque dire qu’elle est acariâtre....

Contre l’EI, la communauté LGBT*QI+ prend les armes

À Raqqa est né le premier groupe armé homosexuel de l'histoire, une initiative des forces kurdes... Article à lire sur l'Orient Le Jour : https://www.lorientlejour.com/article/1077272/contre-lei-la-communaute-lgbtqi-prend-les-armes.html

Comics : vers une nouvelle ère de personnages trans et queer

Si, longtemps l'homosexualité a été un sujet tabou dans la littérature des comics américains, il existe depuis les années 80 des super-héros gays, lesbiens ou bi, même dans la littérature grand public de type Marvel. La célèbre maison d’édition qui édite Spiderman et X-Men n’hésite pas non plus à homosexualiser certains de ses personnages classiques. Au-delà des nombreux sous-entendus ou des situations équivoques que certains auteurs avaient trouvés pour exprimer leur côté queer à une époque où les codes des comics US interdisaient de représenter des personnages gays (voir par exemple l’amitié débridée de Batman et de son pote Robin), les personnages ouvertement L, G, ou B sont maintenant légions. Pour vous convaincre de cette évolution, je vous invite à lire l'article très complet sur le sujet dans Comicsblog, même si de nouveaux personnages sont apparus depuis. Il ne manque plus que le cinéma hollywoodien ou que Netflix s’en emparent sérieusement pour que le cycle médiatique LGBT soit bouclé (appel du pied). Nul doute que ce moment viendra rapidement, une fois que...

Brahim Metiba, au cœur de la différence

Les mots de Brahim Metiba tintent comme un désespoir de cristal. On passe le doigt dessus et ça sonne juste, c’est pur, chaque phrase fait mouche, offerte là sans fioritures. Subtilement évidente sans être simple pourtant. Car c’est l’inextricable équation de la – ou plutôt des différences qui est posée ici, avec son cortège douloureux de non-réponses synonymes d’exclusion. Récit d’une solitude de sang aux résonances plurielles. « Nous », « eux », « les autres » Brahim Metiba – ou du moins son « double », comme il nous le précise dans l’entretien ci-dessous, s’agissant d’un récit « auto-fictionnel » – a « du mal » avec le « nous » lorsque ce dernier fait référence aux musulmans. « C’est pourtant simple », explique la mère, « il y a “nous”, puis il y a “eux”, les autres, les non-musulmans, les juifs par exemple ». L’assertion est monolithique, surgie d’une vérité elle-même inébranlable. Le « je » qui s’exprime cherche tout de même une faille...