Chvës ne joue pas la comédie

Chvës : art-thérapeute, comédien et photographe Kevin démarre la photo en 2012. Il a fait des études de dramathérapie, en lien avec sa pratique de comédien. La photographie, plus intime, évoque sa perception du monde et des autres. Il constate qu’il se représente les autres d’une manière personnelle, pas forcément partagée par l’entourage, voire même des personnes elles-mêmes, sa vision comme une fenêtre sur une autre réalité perçue. Son travail offre une perspective mise en scène ; au centre la personne dont il fait le portrait. La mise en scène est l’évocation de son regard intérieur, singulier, mêlé à la personnalité impliquée du sujet photographié. Avant de vous présenter les photos qui ont fait l’objet de l’exposition en lien avec le projet Phèdre/Salope, je vais vous dévoiler un aperçu du parcours de Kevin Dez en tant que Chvës. Une photo aux souvenirs pluriels Une première photographie fut publiée dans le cadre du concours Souvenirs. Les enfants de la démesure. Titrée F#5. Françoise (comédienne de la cie MKCD), en premier plan devant...

Le beau livre #11, Garçons de joie, Nicole Canet

Il est dans les villes des endroits rares et précieux, des endroits que l’on ne voudrait n’avoir que pour soi, et dont on rechigne à donner l’adresse : la galerie de Nicole Canet, « Au bonheur du jour » est de ceux-là. Là où s’épanchent sur papier les désirs, là où sursaute d’un trait d’encre, d’inavouées passions, de curieux chromos et des obsessions derrière les crayons… dans sa nouvelle exposition « Garçons de joie » qu’accompagne la parution d’un ouvrage au titre éponyme, la promesse est tenue. Et c’est Frédéric Mitterrand, ancien ministre de la Culture, mais aussi l’auteur de « La mauvaise vie » qui signe la préface de cet ouvrage dans un texte tout en suggestion, il y écrit notamment « L’un des grands mérites de Nicole Canet (…) est de nous rapporter des images insolites de ces temps envolés, de ces lieux qu’on ne trouve plus, de tous ceux qui ont écrit sans le savoir une histoire qu’on ne raconte guère. » Pousser les portes de ce bar un peu...

Arthur Dreyfuss : l’enfant qui est en chacun de nous

Il écrit avec des images dans la tête On vous connaît d’abord comme écrivain... C’est vrai, mais j’ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m’ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m’ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d’Agota Kristof qu’à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu’à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin. Comment est né votre travail photographique ? L’idée de la trace m’obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j’ai beaucoup photographié et filmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m’est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s’inventer une liberté. À vingt ans, un ami m’a offert un vieil argentique, que j’ai emporté partout. J’ai entrepris de cerner mes obsessions – tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme...
Nawak homophobie

Dessine-moi Nawak !

Hugues Demeusy : Bonjour Nawak. On voit de plus en plus tes dessins qui s’attaquent notamment à la Manif pour tous ? D’où viens-tu ? Nawak : Je me suis lancé dans le dessin depuis deux ans et demi. Au départ, je souhaitais principalement dessiner pour des entreprises ou des collectivités. J’avais donc un style plutôt consensuel, adapté à ces organisations, que je signais sous le pseudonyme de Nawak et j’utilisais mon vrai prénom pour les dessins plus polémiques. Nous étions au début de l’année 2013 avec les débats autour du mariage pour tous. Il est devenu de plus en plus difficile de gérer deux identités. Au bout de quelques semaines, j’ai fini par assumer totalement mes positions. J’ai publié un dessin sous le nom de Nawak dénonçant l’homophobie des « manifs pour tous ». Celui-ci a été retweeté par SOS homophobie et tout s’est emballé ! On l’a vu dans tes dessins, tu es très en colère contre les « intégristes » de la Manif pour...

Claudius Pan : l’art pour territoire

Peux tu tracer pour nos lecteurs en quelques phrases ton parcours atypique ? J'ai squatté assez tôt les scènes de théâtre, vers onze ans. J’ai suivi une formation à Lyon, avant de monter une compagnie avec trois autres ami(e)s « Les Représentantes », puis de tout quitter, pour des raisons personnelles, et partir vivre dans une communauté d’artistes, aux USA. Je suis resté là-bas deux ans, avant de suivre les Train Hoppers ( ceux qui vivent illégalement sur les trains marchands ) dans leurs aventures. J’ai alors vagabondé sur ces terres marginales pendant trois années de plus, passant par l’Inde, la Roumanie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle Calédonie etc Je désirais une vie romanesque, je voulais insuffler ma voix et mon corps pour les rendre outils d’une parole d’artiste. Durant ces années j’ai écrit, composé de la musique, peiint, performé, réalisé des films… Chaque instant était prompt à se transformer en oeuvre, en partage collectif. Toujours dans le but de soigner, guider le monde, comme un rituel, un sortilège. Mon corps...

Les 12 voyages amoureux de Jean-Baptiste Huong

Les éléments et les hommes sont en harmonie Les photos de Jean-Baptiste Huong sont belles, pures, d'une simplicité extrême... Elles évoquent quiétude et harmonie. Les éléments (Terre, Eau, Air) sont présents dans ce qu'ils apportent de plaisir, de sensualité... Le regard "amoureux" du photographe Si tous ses modèles sont poilus, barbus, très mâles... il émane de leur attitude une vraie douceur... ils se sentent aimés par le regard du photographe. Ce n'est pas un hasard. Jean-Baptiste cultive une relation quasi amoureuse avec ces garçons qui, du coup, lui donne ce qu'ils n'offriraient pas forcement à un autre. C'est sans doute un des secrets qui fait le prix du travail de Jean-Baptiste Huong, dont nous vous présentons régulièrement les photos. Sweet Fantaisies Diary calendar 2018 Son calendrier, où chaque mois est illustré de la plus belle manière par une composition qu'on pourrait imaginer née du hasard, est à n'en pas douter le fruit de son regard amoureux...  Il ravira votre année 2018, sous les auspices de la beauté et de la générosité. En vente en exclusivité...

Le beau livre #6, Les musées Yves Saint Laurent : Paris, Marrakech

« J'aimerais que dans cent ans on étudie mes robes, mes dessins. » Yves Saint Laurent, 1992. En 1961 le couple Yves Saint Laurent - Pierre Bergé ouvre leur maison de couture, d’abord rue Spontini, puis en 1974 ils déménagent et s’installent au 5 avenue Marceau, cette adresse que ne quitteront plus les ateliers, le studio et les salons de la maison, dès sa création, il est décidé d’archiver l’intégralité du travail du couturier, les modèles des défilés, mais aussi, tous les croquis, fiches d’ateliers, photographies, coupures et dossiers de presse, accessoires... c’est cet ensemble qui constitue aujourd’hui une trace unique de l’activité d’une maison de Haute couture au vingtième siècle. En 2002, le 7 janvier, Yves Saint Laurent, annonce son retrait, la maison de Haute couture ferme ses portes aprés un dernier défilé rétrospective au Centre Georges Pompidou, puis le 5 avenue Marceau devient la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, le couturier disparaît en 2008, et c’est en ce début du mois...

Le beau livre #5, David Hockney

« Je préfère vivre en couleur » David Hockney Voici une phrase dont il ne faudrait surtout pas faire l’erreur d’ignorer les multiples significations qu’elle peut avoir lorsque l’on entreprend d’évoquer l’œuvre et la vie de l’artiste né en 1937 au Royaume-Uni. Après la Tate Modern de Londres, c’est le centre Pompidou, qui accueille, pour encore quelques jours, l’exposition David Hockney, un peintre, un figuratif, a priori bien loin des tendances actuelles de l’art contemporain, un grand connaisseur de l’histoire de l’art, il signe en 2001 un impressionnant ouvrage sur les techniques et secrets des peintures des grands maîtres tel que Vermeer, Le Caravage, Ingres… ce qui ne l’empêche pas d’exposer fin 2010, à la fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, ses peintures sur IPad et IPod, dans l’exposition « Fleurs fraîches ». Un artiste donc, à 80 ans, résolument de son temps. Artiste devenu quasiment personnage, son allure inspire encore nombre de créateurs de mode, c’est à ce jour la plus importante rétrospective de son travail...

L’artiste Marc Martin fait du vestiaire un lieu de cul(te)

Aujourd'hui Marc Martin est fier d'apporter sa collaboration à l'exposition berlinoise l'érotisme des choses, organisée au Musée Der Dinge, visible jusqu'au 27 août. Construite autour de l'oeuvre de Magnus Hirschfeld, le premier grand sociologue qui se passionna et travailla sur l'érotisme. L'exposition nous intéresse au premier plan pour la présence très remarquée de l'installation de Marc Martin, qui a reconstitué un vestiaire avec sa fantasmagorie... jusqu'à ses odeurs... Entre poésie et pornographie, son installation est un parcours artistique entre les objets qui évoquent l'érotisme latent d'un vestiaire masculin. L’accumulation de baskets usagées de différentes tailles, couleurs et matériaux, avec différentes senteurs et origines, de différentes époques, illustre le fétichisme de l’objet dans toute sa diversité. Marc Martin nous en parle : « Le vestiaire collectif, lieu de passage intensif, sexué, malodorant, rudimentaire, symbolise pour moi la passerelle entre deux univers qui se chevauchent en permanence : l’instant d’avant ou l’instant d’après. Cet endroit concrétise dans mon imaginaire la clef d’un passage secret. Il offre à mon approche une multitude...