Gaston Goor, galerie Au Bonheur du Jour

La galerie « Au Bonheur du Jour », présentera durant deux mois une sélection d’une cinquantaine de peintures et dessins de Gaston Goor (1902-1977). Quelque part entre jardin d’Éden et mont Olympe, au milieu de temples perdus ou cachés dans la végétation de paysages méditerranéens, comme irréels, d’une époque pas tellement définie, les personnages des œuvres de Gaston Goor semblent échapper au monde qui les entoure. Figures allégoriques, éphèbes et demi-dieux aux poses et manières empruntées aux grands peintres de la Renaissance italienne, mais aussi nimbés de cet « érotisme presque naïf » pour reprendre l’expression de la galeriste Nicole Canet, qui nous précise aussi la flagrante influence du peintre britannique Henry Scott Tuke sur le travail de Goor. Relativement peu connu du grand public, Gaston Goor, multiplia pourtant les collaborations avec le monde de l’édition et les écrivains, en illustrant des textes de Diderot, de Montherlant, collaborant aussi avec André Gide pour plusieurs ouvrages, réalisant également les lithographies accompagnant les romans de Renaud Icard ou Roger Peyrefitte,...

Daho décodé ?

Une bible sur Daho Fruit d'une collaboration étroite de pas moins de dix ans entre les deux garçons, c'est une véritable bible que nous propose Flammarion sur Daho, déjà éditée une première fois en 2008 et enrichie pour cette nouvelle version. Vie professionnelle, vie intime et au delà, portrait d'une époque de plusieurs décennies, le tout étroitement imbriqué dans un parcours exceptionnel qu'on apprécie ici dans le moindre détail. Car l'érudition d'un grand documentaliste, d'un passionné de musique et d'un amoureux de Daho est réunie pour composer cette biographie qui entre dans notre tête comme une mélodie élaborée par les meilleurs musiciens. Si Daho possède ce don singulier de flairer les sons les plus novateurs, il cultive une exigence acharnée, de celle qui abattent les montagnes à une discrétion légendaire. La musique : point barre. On en saura donc pas d'avantage sur l'orientation sexuelle de celui qui prétend qu'il est transparent et que les paroles de ses chansons révèlent tout. Il suffit d'écouter... La bisexualité affirmée On se reportera (entre autres)...

Les rencontres extérieures de Julien Diez

De Bordeaux à Londres... Bordelais de 34 ans, diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts, Julien Diez se confronte à Londres aux photographes Larry Clark et Willie Doherty qui vont influencer son engagement artistique futur. De retour en France, il est l'assistant de l'artiste Alberto Sorbelli, un performeur reconnu et provocateur. Quelque 18 ans après, ces trois artistes sont encore très présents dans le travail photographique de Julien, qui sera notamment choisi dans le cadre de la commémoration des attentats de Charlie Hebdo, dans plusieurs lieux bordelais. Éphéméride La série de photo Éphéméride que nous vous présentons a été réalisée entre l'été 2016 et l'hiver 2017. Elle représente une créature hybride au corps musclé dont les prises de vues cartographient les esplanades Mériadeck de Bordeaux. Ce lieu a cela de particulier qu'il est fréquenté par différentes communautés : des groupes de sportifs s'exerçant au "parcours" ou au "cross fit", le jour et la nuit venue, les esplanades servent de terrain de chasse aux gays locaux. . Julien Diez a...

Jean Boullet (1921-1970)

« Les ailes d’une chauve-souris sur les carburateurs des Hell’s Angels. » Jean Boullet le précurseur, Denis Chollet, 1999. Fantasmagorique, onirique, mythologique, mirifique et subversive, parcourir l’œuvre foisonnante de Jean Boullet (1921-1970), c’est vriller, c’est sombrer et s’émerveiller d’un monde grouillant de créatures chimériques et de garçons alanguis, de personnages de contes de fées, de faunes, de boxeurs et de culturistes, qui tous élégamment cohabitent dans l’imaginaire de l’artiste. C’est se frayer un chemin dans un pays des merveilles, un monde aux accents de théâtre aussi inquiétant qu’intrigant, diablement attirant, c’est suivre le trait acéré et sûr de ces dessins à l’encre qui semble ne souffrir d’aucune hésitation, c’est se frotter au bizarre, à l’étrange, à Poe, Cocteau, Shakespeare, Verlaine… Bram Stoker, l’auteur de Dracula est son idole, il se passionne pour les monstres, tout ce qui dérange et dévie, qu'importe pourvu que cela échappe au terrible ordinaire, et même ses amours suivront ce tortueux chemin. Il se décrit comme un « Peintre de la beauté masculine », voyous,...

Le cahier noir d’Olivier Py : la naissance d’un artiste

https://youtu.be/Ha2zZ6sFWqI Olivier Py écrit pendant son adolescence solitaire à Grasse, un cahier intime, où il consigne ses pensées les plus sombres et réalise des croquis fantasmatiques. En 2015, Actes Sud édite ce Cahier noir, premier "roman illustré" de l’homme de théâtre, dramaturge, metteur en scène, directeur du Théâtre de l'Odéon, aujourd'hui responsable du festival d'Avignon et homme de lettre... Une enfance solitaire Le jeune Olivier s’ennuie ferme dans la ville de Grasse, qu'il décrit grise, triste, austère, loin des clichés de carte postale de cette cité méditerranéenne dont le soleil et les parfums sont ici absents. Entre le lycée et la famille, où il joue le rôle de l'enfant lambda, il y a la place pour les fantasmes les plus exacerbés et extrêmes et pour l'ado singulier, qui se créé un imaginaire flamboyant mais très sombre. Entre les lignes, se dessinent la fougue et le jusqu’au-boutisme d’un adolescent au purgatoire, qui s’invente des chemins de croix dans une quête d’absolu sans limite. La quête d'absolu mais des expériences décevantes A son âge, tout est grave, définitif…...
Nawak homophobie

Dessine-moi Nawak !

Hugues Demeusy : Bonjour Nawak. On voit de plus en plus tes dessins qui s’attaquent notamment à la Manif pour tous ? D’où viens-tu ? Nawak : Je me suis lancé dans le dessin depuis deux ans et demi. Au départ, je souhaitais principalement dessiner pour des entreprises ou des collectivités. J’avais donc un style plutôt consensuel, adapté à ces organisations, que je signais sous le pseudonyme de Nawak et j’utilisais mon vrai prénom pour les dessins plus polémiques. Nous étions au début de l’année 2013 avec les débats autour du mariage pour tous. Il est devenu de plus en plus difficile de gérer deux identités. Au bout de quelques semaines, j’ai fini par assumer totalement mes positions. J’ai publié un dessin sous le nom de Nawak dénonçant l’homophobie des « manifs pour tous ». Celui-ci a été retweeté par SOS homophobie et tout s’est emballé ! On l’a vu dans tes dessins, tu es très en colère contre les « intégristes » de la Manif pour...

Peintre et modèle : une psychanalyse picturale par Jean-Philippe Blondel

Dans la mise à nu, son dernier roman, Jean-Philippe Blondel dont on avait adoré Une saison à Paris, raconte les retrouvailles entre un professeur d'anglais en fin de carrière et un des ses élèves devenu peintre. Jean-Philippe Blondel explore dans ses livres les relations intimes qui se créent entre des personnages ayant des parcours très éloignés, et qui bouleversent leur vie. Et même s'il s'en défend dans l'interview qui suit, il crée des caractères d'homosexuels qui ont un rôle important voire crucial dans la suite de l'intrigue. Rencontre avec un auteur secret peu bavard mais dont les romans sont des joyaux... Hugues Demeusy : Dans la mise à nu, un vieux professeur d'anglais retrouve un de ses anciens élèves devenu peintre à succès. Ils vont vivre une expérience extraordinaire ? Jean-Philippe Blondel : Oui, ils vont entreprendre une expérience peu commune - le professeur va devenir le modèle de son ancien élève et poser pour lui. Ce tête à tête va les obliger à se regarder, à se considérer,...

Le beau livre #5, David Hockney

« Je préfère vivre en couleur » David Hockney Voici une phrase dont il ne faudrait surtout pas faire l’erreur d’ignorer les multiples significations qu’elle peut avoir lorsque l’on entreprend d’évoquer l’œuvre et la vie de l’artiste né en 1937 au Royaume-Uni. Après la Tate Modern de Londres, c’est le centre Pompidou, qui accueille, pour encore quelques jours, l’exposition David Hockney, un peintre, un figuratif, a priori bien loin des tendances actuelles de l’art contemporain, un grand connaisseur de l’histoire de l’art, il signe en 2001 un impressionnant ouvrage sur les techniques et secrets des peintures des grands maîtres tel que Vermeer, Le Caravage, Ingres… ce qui ne l’empêche pas d’exposer fin 2010, à la fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, ses peintures sur IPad et IPod, dans l’exposition « Fleurs fraîches ». Un artiste donc, à 80 ans, résolument de son temps. Artiste devenu quasiment personnage, son allure inspire encore nombre de créateurs de mode, c’est à ce jour la plus importante rétrospective de son travail...

Le beau livre #9, The Beard Pictures, Gilbert & George

Dupont et Dupond, Laurel et Hardy… et Gilbert et George qui font indubitablement partie de ces couples, fictionnels ou pas, la frontière avec ces derniers étant sur ce point parfois floue, et qui de par leurs extravagances ou leurs œuvres sont devenus aussi identifiables qu’incontournables. Sur la scène de l’art contemporain les deux artistes britanniques, ils travaillent ensemble depuis leur rencontre en 1967, n’ont eu de cesse de se mettre en scène dans leurs productions, ils se définissent eux-mêmes comme des Living sculptures, c’est par la performance qu’ils ont commencé. Contrebalançant leur apparence de bourgeois, le couple apparaissant en public immanquablement en costumes et cravates quasi identiques, le propos de leurs œuvres aux dimensions souvent grandiloquentes, peut se faire parfois cru, souvent dérangeant, flirtant avec le mauvais goût et l’irrévérence, explorant des thématiques parfois underground. La série d’œuvres qu’expose la galerie Thaddaeus Ropac dans son espace de Pantin, n’échappe pas aux codes et façon de faire des deux artistes, des formats gigantesques (l’une des...