Marco Han : « Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant...

Tu es originaire de Mandchourie au nord de la Chine en 1983. Quel est ton parcours artistique ? Marco Han : Le dessin et la peinture ont toujours été ma passion, je les ai appris dès mon plus jeune âge, et je les pratique toujours régulièrement. J’ai également été tatoueur. Je suis venu à la photographie naturellement, comme prolongement à la peinture. Puis mon activité de photographe s’est développée au cours de mes nombreux voyages dans le monde, et au fil de mes rencontres. Je suis un photographe libre, qui me déplace souvent. Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la librairie Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3e Semaine LGBT chinoise. Peux-tu nous en parler ? La rue m’inspire beaucoup, ainsi que le monde de la nuit. Les hommes que je rencontre m’inspirent aussi. Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant le noir et blanc, afin d'exprimer leurs blessures et leurs forces...

Et si Catwoman était l’amante de Wonder Woman ?

À la galerie Sakura, dans le 4e arrondissement de Paris, a lieu, du 11 mars au 4 juin 2017, une exposition intitulée "Girl Super Power". Wonder Woman est née en 1941 sur une île remplie de femmes. Elle incarne l'héroïsme au féminin à une époque où les hommes se battaient sur le front. Elle a fait son apparition seulement trois ans après Superman, le premier Super Héros. Néanmoins, force est de constater que, depuis, les Super Héros masculins se sont démultipliés alors que les Super Héroïnes, quant à elles, sont restées dans l'ombre. C'est cette injustice que la galerie Sakura tente de réparer en s'unissant à 40 artistes de renommée internationale, pour mettre sur le devant de la scène, une fois n'est pas coutume, des femmes ! Les œuvres exposées sont diverses et toutes très intéressantes. Si le ton est humoristique, la réflexion sur notre rapport à la féminité est également omniprésente. Des utérus à la Belle boulimique, en passant par des corps ultra-érotisés, nous ne pouvons...

Le beau livre #9, The Beard Pictures, Gilbert & George

Dupont et Dupond, Laurel et Hardy… et Gilbert et George qui font indubitablement partie de ces couples, fictionnels ou pas, la frontière avec ces derniers étant sur ce point parfois floue, et qui de par leurs extravagances ou leurs œuvres sont devenus aussi identifiables qu’incontournables. Sur la scène de l’art contemporain les deux artistes britanniques, ils travaillent ensemble depuis leur rencontre en 1967, n’ont eu de cesse de se mettre en scène dans leurs productions, ils se définissent eux-mêmes comme des Living sculptures, c’est par la performance qu’ils ont commencé. Contrebalançant leur apparence de bourgeois, le couple apparaissant en public immanquablement en costumes et cravates quasi identiques, le propos de leurs œuvres aux dimensions souvent grandiloquentes, peut se faire parfois cru, souvent dérangeant, flirtant avec le mauvais goût et l’irrévérence, explorant des thématiques parfois underground. La série d’œuvres qu’expose la galerie Thaddaeus Ropac dans son espace de Pantin, n’échappe pas aux codes et façon de faire des deux artistes, des formats gigantesques (l’une des...

La contre-culture fait son coming out

Petit retour en arrière : après les événements de 68, lors du siècle dernier, face à l'inertie politique et à la toute puissance d'une culture imposée, une profusion  de mouvements culturels, artistiques, associatifs voient le jour, tandis que de nombreux artistes iconoclastes prennent la parole. La contre-culture est à la mode ! La Maison Rouge, dans le quartier Bastillle, rend un hommage exceptionnel à cette époque et à ses multiples expressions, où les LGBT apportèrent une contribution magistrale : le FHAR, les Gazolines, Copi, Guy Hockengheim... mirent les pieds dans le plat sans complexe et donnèrent le ton aux années 70 et 80. Nous avons rencontré Philippe Morillon, photographe star des années Palace, mais aussi illustrateur reconnu, afin d'évoquer avec beaucoup d'affection des temps si proches mais aussi étrangement différents... Hugues : 1969, année érotique pour Gainsbourg, mais toi que fais tu ? Philippe : Je termine mes études à l’école des Arts Appliqués, rue Olivier de Serres. Après avoir occupé l’établissement l’année précédente en « mai 68 », nous...

Arthur Dreyfuss : l’enfant qui est en chacun de nous

Il écrit avec des images dans la tête On vous connaît d’abord comme écrivain... C’est vrai, mais j’ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m’ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m’ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d’Agota Kristof qu’à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu’à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin. Comment est né votre travail photographique ? L’idée de la trace m’obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j’ai beaucoup photographié et filmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m’est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s’inventer une liberté. À vingt ans, un ami m’a offert un vieil argentique, que j’ai emporté partout. J’ai entrepris de cerner mes obsessions – tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme...

Michel Journiac : jeux d’identité à la MEP

Personnage phare de la scène artistique des décennies 70 et 80, il est l'initiateur de ce qu'on qualifie d’art corporel, en France. Michel Journiac est, plus de vingt ans après sa disparition, une source d’inspiration pour de nombreux artistes travaillant sur le corps, ses transformations et le genre. L'exposition présentée par la MEP jusqu'au 16 juin, (vous avez encore le temps d'y aller si si !) réunit une centaine d’œuvres qui reflètent les grandes thématiques abordées par l’artiste : les Pièges, les Rituels, les Contrats et les Icônes. Parodiant des rituels religieux ou sociaux, il s’interroge sur les jeux d’identité et remet en question la morale, la sexualité ou le sacré, et au delà, les rôles sociaux et le genre. Vous le constaterez, sa démarche artistique au travers de ses photos est politique et subversive ! Visionnaire, son œuvre dégage pourtant une véritable énergie poétique, privilégiant le décalage, animé par un état d’esprit totalement émancipé et libre. A visiter absolument ! A la Maison Européenne de la Photographie Paris 4° ardt https://www.mep-fr.org/infos-pratiques/

Les couleurs gaies de Wang Xiaochuan

WANG Xiaochuan, né en 1987 à Heilongjiang, a été diplômé en arts plastiques de l’École des Beaux-Arts de Xi’an en 2014. Depuis, il poursuit ses études en France. Wang Xiaochun présente une dizaine de peintures sur toile et sur papier en technique mixte pour présenter sa vision de l’homosexualité. Beaucoup de couleurs pour toutes les facettes de la vie et pour rendre la vie plus gaie. L’exposition de ce jeune artiste chinois, dans le plus ancien lieu gay de Paris, donnera une couleur particulière à cette 4ème édition de la Semaine LGBT chinoise. Tu es né à Heilongjiang au nord de la Chine en 1987. Quel est ton parcours artistique ? Dès l’âge de six ans, ma mère a fait venir à la maison un professeur pour m’initier à l’art de la peinture chinoise. J’ai été fasciné par les mélanges de couleurs, pouvoir créer mon propre univers. Peindre est devenu une passion, j’ai donc passé un concours pour entrer à l’École des Beaux-Arts de Xi’an (dans le centre...

le beau livre #2 Clair-obscur, Pierre et Gilles

Lorsque l’on se penchera, un jour prochain, sur l’histoire du bon et du mauvais goût, du beau et du laid, il ne faudra surtout pas oublier de faire un détour par l’atelier des artistes Pierre et Gilles. En attendant, 2017, c’est assurément l’année Pierre et Gilles, c’est l’année qui célèbre 40 ans de création et la construction d’une œuvre commune identifiable au premier coup d’œil, 40 ans pour la réalisation d’un ensemble d’images devenues cultes, photos témoins d’époques glamour ou fabrication d’icônes en devenir, célébrités et anonymes cohabitent dans le panthéon du photographe Pierre Commoy et du peintre Gilles Blanchard. Superstars des foires d’art contemporain, ou leurs photographies repeintes, toujours des pièces uniques impressionnent immanquablement, les artistes ont aussi réalisé un important nombre de pochettes de disques, Étienne Daho, Amanda Lear, Arielle Dombasle… des affiches de film, des couvertures de magazine, initiant déjà ce dialogue entre un art, disons à vocation muséale, et la culture populaire. Ainsi l’œuvre de l’inséparable binôme, intrigue au moins...

Le beau livre #11, Garçons de joie, Nicole Canet

Il est dans les villes des endroits rares et précieux, des endroits que l’on ne voudrait n’avoir que pour soi, et dont on rechigne à donner l’adresse : la galerie de Nicole Canet, « Au bonheur du jour » est de ceux-là. Là où s’épanchent sur papier les désirs, là où sursaute d’un trait d’encre, d’inavouées passions, de curieux chromos et des obsessions derrière les crayons… dans sa nouvelle exposition « Garçons de joie » qu’accompagne la parution d’un ouvrage au titre éponyme, la promesse est tenue. Et c’est Frédéric Mitterrand, ancien ministre de la Culture, mais aussi l’auteur de « La mauvaise vie » qui signe la préface de cet ouvrage dans un texte tout en suggestion, il y écrit notamment « L’un des grands mérites de Nicole Canet (…) est de nous rapporter des images insolites de ces temps envolés, de ces lieux qu’on ne trouve plus, de tous ceux qui ont écrit sans le savoir une histoire qu’on ne raconte guère. » Pousser les portes de ce bar un peu...