Michel Journiac : jeux d’identité à la MEP

Personnage phare de la scène artistique des décennies 70 et 80, il est l'initiateur de ce qu'on qualifie d’art corporel, en France. Michel Journiac est, plus de vingt ans après sa disparition, une source d’inspiration pour de nombreux artistes travaillant sur le corps, ses transformations et le genre. L'exposition présentée par la MEP jusqu'au 16 juin, (vous avez encore le temps d'y aller si si !) réunit une centaine d’œuvres qui reflètent les grandes thématiques abordées par l’artiste : les Pièges, les Rituels, les Contrats et les Icônes. Parodiant des rituels religieux ou sociaux, il s’interroge sur les jeux d’identité et remet en question la morale, la sexualité ou le sacré, et au delà, les rôles sociaux et le genre. Vous le constaterez, sa démarche artistique au travers de ses photos est politique et subversive ! Visionnaire, son œuvre dégage pourtant une véritable énergie poétique, privilégiant le décalage, animé par un état d’esprit totalement émancipé et libre. A visiter absolument ! A la Maison Européenne de la Photographie Paris 4° ardt https://www.mep-fr.org/infos-pratiques/

Simon Bocanegra capte la lumière intérieure de l’underground

Simon Bocanegra : photographe clandestin... Orphelin né à la fin de la guerre à Lyon, il est baptisé du nom de ce célèbre opéra de Verdi ! Une entrée en matière en fanfare ! Simon Bocanegra cultive tout d'abord son corps, avant de s'occuper de son esprit ! Il est strip-teaser à New-York. C’est à l’âge de 20 ans qu’il réalise ses premiers portraits en s’appropriant un appareil photo dans un vestiaire à Hawaii. ...devenu portraitiste des nuits Parisiennes les plus folles De retour en France en 1978, l’année de l’ouverture du Palace, il est très vite adopté par Fabrice Emaer. Cet hôte nous rappelle que « le Palace, c’est d’abord un théâtre. C’est aux gens d’assumer leur théâtralité. À la fois acteurs et spectateurs d’eux-mêmes. » À travers l'univers flamboyant de ce lieu unique, il devient accro au glamour de la mode. Désertant les podiums des défilés, il leur préfère l’effervescence des backstages où règne un climat d’impériosité propice à la montée en puissance de son désir. Il a besoin de cette proximité pour créer un contact...
Hommes qui s'enlacent

Les chemins égarés : à la découverte des lieux de drague extérieurs…

Très difficiles d'accès, ils sont le plus souvent réservés à des initiés et on y parvient après une longue recherche, en actionnant notre "gaydar" ! Le plus souvent à l'écart, cachés, isolés... leur situation s'explique par la crainte des descentes de police et des "casseurs de pédés". L’exposition photographique est à découvrir jusqu’au 18 février 2017. Galerie VU Hôtel Paul Delaroche, 58 rue Saint-Lazare 75009 Paris – Tel.: 01 53 01 85 85 Au départ situés au cœur des villes, (le jardin des Tuileries, Jaurès, les allées du Trocadéro...), les lieux de drague extérieurs se sont peu à peu déplacés vers la périphérie, en même temps que se développaient dans les années 80 des lieux de sociabilité gay : bars, boîtes, sex-clubs, saunas... A noter également que leur fréquentation "sociologique" a beaucoup évolué : aujourd'hui, s'y retrouve une population d'hommes qui ne se définissent pas comme homosexuels mais recherchent l'anonymat et une expérience sexuelle rapide. Ces spots réservés aux habitués sortent aujourd'hui de la clandestinité et font l'objet d'une exposition singulière. Les Chemins égarés est...

Les couleurs gaies de Wang Xiaochuan

WANG Xiaochuan, né en 1987 à Heilongjiang, a été diplômé en arts plastiques de l’École des Beaux-Arts de Xi’an en 2014. Depuis, il poursuit ses études en France. Wang Xiaochun présente une dizaine de peintures sur toile et sur papier en technique mixte pour présenter sa vision de l’homosexualité. Beaucoup de couleurs pour toutes les facettes de la vie et pour rendre la vie plus gaie. L’exposition de ce jeune artiste chinois, dans le plus ancien lieu gay de Paris, donnera une couleur particulière à cette 4ème édition de la Semaine LGBT chinoise. Tu es né à Heilongjiang au nord de la Chine en 1987. Quel est ton parcours artistique ? Dès l’âge de six ans, ma mère a fait venir à la maison un professeur pour m’initier à l’art de la peinture chinoise. J’ai été fasciné par les mélanges de couleurs, pouvoir créer mon propre univers. Peindre est devenu une passion, j’ai donc passé un concours pour entrer à l’École des Beaux-Arts de Xi’an (dans le centre...

Le beau livre #5, David Hockney

« Je préfère vivre en couleur » David Hockney Voici une phrase dont il ne faudrait surtout pas faire l’erreur d’ignorer les multiples significations qu’elle peut avoir lorsque l’on entreprend d’évoquer l’œuvre et la vie de l’artiste né en 1937 au Royaume-Uni. Après la Tate Modern de Londres, c’est le centre Pompidou, qui accueille, pour encore quelques jours, l’exposition David Hockney, un peintre, un figuratif, a priori bien loin des tendances actuelles de l’art contemporain, un grand connaisseur de l’histoire de l’art, il signe en 2001 un impressionnant ouvrage sur les techniques et secrets des peintures des grands maîtres tel que Vermeer, Le Caravage, Ingres… ce qui ne l’empêche pas d’exposer fin 2010, à la fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, ses peintures sur IPad et IPod, dans l’exposition « Fleurs fraîches ». Un artiste donc, à 80 ans, résolument de son temps. Artiste devenu quasiment personnage, son allure inspire encore nombre de créateurs de mode, c’est à ce jour la plus importante rétrospective de son travail...

Jean Boullet (1921-1970)

« Les ailes d’une chauve-souris sur les carburateurs des Hell’s Angels. » Jean Boullet le précurseur, Denis Chollet, 1999. Fantasmagorique, onirique, mythologique, mirifique et subversive, parcourir l’œuvre foisonnante de Jean Boullet (1921-1970), c’est vriller, c’est sombrer et s’émerveiller d’un monde grouillant de créatures chimériques et de garçons alanguis, de personnages de contes de fées, de faunes, de boxeurs et de culturistes, qui tous élégamment cohabitent dans l’imaginaire de l’artiste. C’est se frayer un chemin dans un pays des merveilles, un monde aux accents de théâtre aussi inquiétant qu’intrigant, diablement attirant, c’est suivre le trait acéré et sûr de ces dessins à l’encre qui semble ne souffrir d’aucune hésitation, c’est se frotter au bizarre, à l’étrange, à Poe, Cocteau, Shakespeare, Verlaine… Bram Stoker, l’auteur de Dracula est son idole, il se passionne pour les monstres, tout ce qui dérange et dévie, qu'importe pourvu que cela échappe au terrible ordinaire, et même ses amours suivront ce tortueux chemin. Il se décrit comme un « Peintre de la beauté masculine », voyous,...

Arthur Dreyfuss : l’enfant qui est en chacun de nous

Il écrit avec des images dans la tête On vous connaît d’abord comme écrivain... C’est vrai, mais j’ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m’ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m’ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d’Agota Kristof qu’à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu’à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin. Comment est né votre travail photographique ? L’idée de la trace m’obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j’ai beaucoup photographié et filmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m’est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s’inventer une liberté. À vingt ans, un ami m’a offert un vieil argentique, que j’ai emporté partout. J’ai entrepris de cerner mes obsessions – tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme...

Et si Catwoman était l’amante de Wonder Woman ?

À la galerie Sakura, dans le 4e arrondissement de Paris, a lieu, du 11 mars au 4 juin 2017, une exposition intitulée "Girl Super Power". Wonder Woman est née en 1941 sur une île remplie de femmes. Elle incarne l'héroïsme au féminin à une époque où les hommes se battaient sur le front. Elle a fait son apparition seulement trois ans après Superman, le premier Super Héros. Néanmoins, force est de constater que, depuis, les Super Héros masculins se sont démultipliés alors que les Super Héroïnes, quant à elles, sont restées dans l'ombre. C'est cette injustice que la galerie Sakura tente de réparer en s'unissant à 40 artistes de renommée internationale, pour mettre sur le devant de la scène, une fois n'est pas coutume, des femmes ! Les œuvres exposées sont diverses et toutes très intéressantes. Si le ton est humoristique, la réflexion sur notre rapport à la féminité est également omniprésente. Des utérus à la Belle boulimique, en passant par des corps ultra-érotisés, nous ne pouvons...

Marco Han : « Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant...

Tu es originaire de Mandchourie au nord de la Chine en 1983. Quel est ton parcours artistique ? Marco Han : Le dessin et la peinture ont toujours été ma passion, je les ai appris dès mon plus jeune âge, et je les pratique toujours régulièrement. J’ai également été tatoueur. Je suis venu à la photographie naturellement, comme prolongement à la peinture. Puis mon activité de photographe s’est développée au cours de mes nombreux voyages dans le monde, et au fil de mes rencontres. Je suis un photographe libre, qui me déplace souvent. Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la librairie Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3e Semaine LGBT chinoise. Peux-tu nous en parler ? La rue m’inspire beaucoup, ainsi que le monde de la nuit. Les hommes que je rencontre m’inspirent aussi. Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant le noir et blanc, afin d'exprimer leurs blessures et leurs forces...