Le beau livre #5, David Hockney

« Je préfère vivre en couleur » David Hockney Voici une phrase dont il ne faudrait surtout pas faire l’erreur d’ignorer les multiples significations qu’elle peut avoir lorsque l’on entreprend d’évoquer l’œuvre et la vie de l’artiste né en 1937 au Royaume-Uni. Après la Tate Modern de Londres, c’est le centre Pompidou, qui accueille, pour encore quelques jours, l’exposition David Hockney, un peintre, un figuratif, a priori bien loin des tendances actuelles de l’art contemporain, un grand connaisseur de l’histoire de l’art, il signe en 2001 un impressionnant ouvrage sur les techniques et secrets des peintures des grands maîtres tel que Vermeer, Le Caravage, Ingres… ce qui ne l’empêche pas d’exposer fin 2010, à la fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, ses peintures sur IPad et IPod, dans l’exposition « Fleurs fraîches ». Un artiste donc, à 80 ans, résolument de son temps. Artiste devenu quasiment personnage, son allure inspire encore nombre de créateurs de mode, c’est à ce jour la plus importante rétrospective de son travail...

Le beau livre #9, The Beard Pictures, Gilbert & George

Dupont et Dupond, Laurel et Hardy… et Gilbert et George qui font indubitablement partie de ces couples, fictionnels ou pas, la frontière avec ces derniers étant sur ce point parfois floue, et qui de par leurs extravagances ou leurs œuvres sont devenus aussi identifiables qu’incontournables. Sur la scène de l’art contemporain les deux artistes britanniques, ils travaillent ensemble depuis leur rencontre en 1967, n’ont eu de cesse de se mettre en scène dans leurs productions, ils se définissent eux-mêmes comme des Living sculptures, c’est par la performance qu’ils ont commencé. Contrebalançant leur apparence de bourgeois, le couple apparaissant en public immanquablement en costumes et cravates quasi identiques, le propos de leurs œuvres aux dimensions souvent grandiloquentes, peut se faire parfois cru, souvent dérangeant, flirtant avec le mauvais goût et l’irrévérence, explorant des thématiques parfois underground. La série d’œuvres qu’expose la galerie Thaddaeus Ropac dans son espace de Pantin, n’échappe pas aux codes et façon de faire des deux artistes, des formats gigantesques (l’une des...
Hommes qui s'enlacent

Les chemins égarés : à la découverte des lieux de drague extérieurs…

Très difficiles d'accès, ils sont le plus souvent réservés à des initiés et on y parvient après une longue recherche, en actionnant notre "gaydar" ! Le plus souvent à l'écart, cachés, isolés... leur situation s'explique par la crainte des descentes de police et des "casseurs de pédés". L’exposition photographique est à découvrir jusqu’au 18 février 2017. Galerie VU Hôtel Paul Delaroche, 58 rue Saint-Lazare 75009 Paris – Tel.: 01 53 01 85 85 Au départ situés au cœur des villes, (le jardin des Tuileries, Jaurès, les allées du Trocadéro...), les lieux de drague extérieurs se sont peu à peu déplacés vers la périphérie, en même temps que se développaient dans les années 80 des lieux de sociabilité gay : bars, boîtes, sex-clubs, saunas... A noter également que leur fréquentation "sociologique" a beaucoup évolué : aujourd'hui, s'y retrouve une population d'hommes qui ne se définissent pas comme homosexuels mais recherchent l'anonymat et une expérience sexuelle rapide. Ces spots réservés aux habitués sortent aujourd'hui de la clandestinité et font l'objet d'une exposition singulière. Les Chemins égarés est...
Zhu Mingxiang

« Camarades, encore un effort, et la Révolution triomphera ! »

Photographie par Zhu Mingxiang. Les deux premières éditions de La Semaine LGBT chinoise à Paris en 2015 et 2016 ont été un succès. Vous allez donc continuer en 2017 ? Semaine LGBT Chinoise à Paris, du 1er au 26 février 2017 Divers événements et expositions Yu Zhou : Oui. Elle a été le premier et le seul festival en France à évoquer l’homosexualité des Chinois sous l’aspect historique, politique, social et artistique. Cet événement a été co-fondé fin 2014 avec Jean-Jacques Augier, président de Têtu de l’époque. Nous avons eu les soutiens des Mairies du 3e et du 4e de Paris, du Centre LGBT de Paris, de l’Inter-LGBT et de nombreux partenaires et médias dont GENRES. L’enthousiasme du public nous encourage à continuer ce travail. Après deux éditions, est-il difficile de trouver de nouveaux talents et de nouveaux thèmes ? Effectivement. Nous espérons que cette troisième édition rencontra autant de succès avec neuf événements au total : exposition de photos Corps & Âme à la libraire Les Mots à la bouche ; deux...

Les couleurs gaies de Wang Xiaochuan

WANG Xiaochuan, né en 1987 à Heilongjiang, a été diplômé en arts plastiques de l’École des Beaux-Arts de Xi’an en 2014. Depuis, il poursuit ses études en France. Wang Xiaochun présente une dizaine de peintures sur toile et sur papier en technique mixte pour présenter sa vision de l’homosexualité. Beaucoup de couleurs pour toutes les facettes de la vie et pour rendre la vie plus gaie. L’exposition de ce jeune artiste chinois, dans le plus ancien lieu gay de Paris, donnera une couleur particulière à cette 4ème édition de la Semaine LGBT chinoise. Tu es né à Heilongjiang au nord de la Chine en 1987. Quel est ton parcours artistique ? Dès l’âge de six ans, ma mère a fait venir à la maison un professeur pour m’initier à l’art de la peinture chinoise. J’ai été fasciné par les mélanges de couleurs, pouvoir créer mon propre univers. Peindre est devenu une passion, j’ai donc passé un concours pour entrer à l’École des Beaux-Arts de Xi’an (dans le centre...

Marco Han : « Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant...

Tu es originaire de Mandchourie au nord de la Chine en 1983. Quel est ton parcours artistique ? Marco Han : Le dessin et la peinture ont toujours été ma passion, je les ai appris dès mon plus jeune âge, et je les pratique toujours régulièrement. J’ai également été tatoueur. Je suis venu à la photographie naturellement, comme prolongement à la peinture. Puis mon activité de photographe s’est développée au cours de mes nombreux voyages dans le monde, et au fil de mes rencontres. Je suis un photographe libre, qui me déplace souvent. Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la librairie Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3e Semaine LGBT chinoise. Peux-tu nous en parler ? La rue m’inspire beaucoup, ainsi que le monde de la nuit. Les hommes que je rencontre m’inspirent aussi. Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant le noir et blanc, afin d'exprimer leurs blessures et leurs forces...

L’artiste Marc Martin fait du vestiaire un lieu de cul(te)

Aujourd'hui Marc Martin est fier d'apporter sa collaboration à l'exposition berlinoise l'érotisme des choses, organisée au Musée Der Dinge, visible jusqu'au 27 août. Construite autour de l'oeuvre de Magnus Hirschfeld, le premier grand sociologue qui se passionna et travailla sur l'érotisme. L'exposition nous intéresse au premier plan pour la présence très remarquée de l'installation de Marc Martin, qui a reconstitué un vestiaire avec sa fantasmagorie... jusqu'à ses odeurs... Entre poésie et pornographie, son installation est un parcours artistique entre les objets qui évoquent l'érotisme latent d'un vestiaire masculin. L’accumulation de baskets usagées de différentes tailles, couleurs et matériaux, avec différentes senteurs et origines, de différentes époques, illustre le fétichisme de l’objet dans toute sa diversité. Marc Martin nous en parle : « Le vestiaire collectif, lieu de passage intensif, sexué, malodorant, rudimentaire, symbolise pour moi la passerelle entre deux univers qui se chevauchent en permanence : l’instant d’avant ou l’instant d’après. Cet endroit concrétise dans mon imaginaire la clef d’un passage secret. Il offre à mon approche une multitude...

Le beau livre #6, Les musées Yves Saint Laurent : Paris, Marrakech

« J'aimerais que dans cent ans on étudie mes robes, mes dessins. » Yves Saint Laurent, 1992. En 1961 le couple Yves Saint Laurent - Pierre Bergé ouvre leur maison de couture, d’abord rue Spontini, puis en 1974 ils déménagent et s’installent au 5 avenue Marceau, cette adresse que ne quitteront plus les ateliers, le studio et les salons de la maison, dès sa création, il est décidé d’archiver l’intégralité du travail du couturier, les modèles des défilés, mais aussi, tous les croquis, fiches d’ateliers, photographies, coupures et dossiers de presse, accessoires... c’est cet ensemble qui constitue aujourd’hui une trace unique de l’activité d’une maison de Haute couture au vingtième siècle. En 2002, le 7 janvier, Yves Saint Laurent, annonce son retrait, la maison de Haute couture ferme ses portes aprés un dernier défilé rétrospective au Centre Georges Pompidou, puis le 5 avenue Marceau devient la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, le couturier disparaît en 2008, et c’est en ce début du mois...

le beau livre #2 Clair-obscur, Pierre et Gilles

Lorsque l’on se penchera, un jour prochain, sur l’histoire du bon et du mauvais goût, du beau et du laid, il ne faudra surtout pas oublier de faire un détour par l’atelier des artistes Pierre et Gilles. En attendant, 2017, c’est assurément l’année Pierre et Gilles, c’est l’année qui célèbre 40 ans de création et la construction d’une œuvre commune identifiable au premier coup d’œil, 40 ans pour la réalisation d’un ensemble d’images devenues cultes, photos témoins d’époques glamour ou fabrication d’icônes en devenir, célébrités et anonymes cohabitent dans le panthéon du photographe Pierre Commoy et du peintre Gilles Blanchard. Superstars des foires d’art contemporain, ou leurs photographies repeintes, toujours des pièces uniques impressionnent immanquablement, les artistes ont aussi réalisé un important nombre de pochettes de disques, Étienne Daho, Amanda Lear, Arielle Dombasle… des affiches de film, des couvertures de magazine, initiant déjà ce dialogue entre un art, disons à vocation muséale, et la culture populaire. Ainsi l’œuvre de l’inséparable binôme, intrigue au moins...