Le beau livre #9, The Beard Pictures, Gilbert & George

Dupont et Dupond, Laurel et Hardy… et Gilbert et George qui font indubitablement partie de ces couples, fictionnels ou pas, la frontière avec ces derniers étant sur ce point parfois floue, et qui de par leurs extravagances ou leurs œuvres sont devenus aussi identifiables qu’incontournables. Sur la scène de l’art contemporain les deux artistes britanniques, ils travaillent ensemble depuis leur rencontre en 1967, n’ont eu de cesse de se mettre en scène dans leurs productions, ils se définissent eux-mêmes comme des Living sculptures, c’est par la performance qu’ils ont commencé. Contrebalançant leur apparence de bourgeois, le couple apparaissant en public immanquablement en costumes et cravates quasi identiques, le propos de leurs œuvres aux dimensions souvent grandiloquentes, peut se faire parfois cru, souvent dérangeant, flirtant avec le mauvais goût et l’irrévérence, explorant des thématiques parfois underground. La série d’œuvres qu’expose la galerie Thaddaeus Ropac dans son espace de Pantin, n’échappe pas aux codes et façon de faire des deux artistes, des formats gigantesques (l’une des...

le beau livre #3 Dalida, une garde-robe de la ville à la scène

Il reste encore plus d’un mois pour se rendre au Palais Galliera, le musée de la mode de la ville de Paris et déambuler au milieu de la garde-robe d’une des plus grandes icônes populaires de ces dernières années et qui fascine encore aujourd’hui, cette exposition a été rendue possible grâce à la récente et généreuse donation d’Orlando, le frère de Dalida au musée. Et le prisme du vêtement apparaît ici, comme éminemment pertinent, lorsqu’il est question de retranscrire les évolutions de la carrière de la chanteuse. De la robe de velours rouge, semblable au rideau d’une scène, d’inspiration New-Look, créé en 1958 par Jean Dessès et qui ouvre le parcours de cette exposition, jusqu’au débauche de strass, plumes, perles et paillettes de ses costumes de scène dans les années 80, la garde-robe de Dalida, à la ville et à la scène, apparaît comme une grille de lecture privilégiée de l’histoire de la mode et de celle de la variété et du spectacle. Au...

Gaston Goor, galerie Au Bonheur du Jour

La galerie « Au Bonheur du Jour », présentera durant deux mois une sélection d’une cinquantaine de peintures et dessins de Gaston Goor (1902-1977). Quelque part entre jardin d’Éden et mont Olympe, au milieu de temples perdus ou cachés dans la végétation de paysages méditerranéens, comme irréels, d’une époque pas tellement définie, les personnages des œuvres de Gaston Goor semblent échapper au monde qui les entoure. Figures allégoriques, éphèbes et demi-dieux aux poses et manières empruntées aux grands peintres de la Renaissance italienne, mais aussi nimbés de cet « érotisme presque naïf » pour reprendre l’expression de la galeriste Nicole Canet, qui nous précise aussi la flagrante influence du peintre britannique Henry Scott Tuke sur le travail de Goor. Relativement peu connu du grand public, Gaston Goor, multiplia pourtant les collaborations avec le monde de l’édition et les écrivains, en illustrant des textes de Diderot, de Montherlant, collaborant aussi avec André Gide pour plusieurs ouvrages, réalisant également les lithographies accompagnant les romans de Renaud Icard ou Roger Peyrefitte,...

Michel Journiac : jeux d’identité à la MEP

Personnage phare de la scène artistique des décennies 70 et 80, il est l'initiateur de ce qu'on qualifie d’art corporel, en France. Michel Journiac est, plus de vingt ans après sa disparition, une source d’inspiration pour de nombreux artistes travaillant sur le corps, ses transformations et le genre. L'exposition présentée par la MEP jusqu'au 16 juin, (vous avez encore le temps d'y aller si si !) réunit une centaine d’œuvres qui reflètent les grandes thématiques abordées par l’artiste : les Pièges, les Rituels, les Contrats et les Icônes. Parodiant des rituels religieux ou sociaux, il s’interroge sur les jeux d’identité et remet en question la morale, la sexualité ou le sacré, et au delà, les rôles sociaux et le genre. Vous le constaterez, sa démarche artistique au travers de ses photos est politique et subversive ! Visionnaire, son œuvre dégage pourtant une véritable énergie poétique, privilégiant le décalage, animé par un état d’esprit totalement émancipé et libre. A visiter absolument ! A la Maison Européenne de la Photographie Paris 4° ardt https://www.mep-fr.org/infos-pratiques/

Les couleurs gaies de Wang Xiaochuan

WANG Xiaochuan, né en 1987 à Heilongjiang, a été diplômé en arts plastiques de l’École des Beaux-Arts de Xi’an en 2014. Depuis, il poursuit ses études en France. Wang Xiaochun présente une dizaine de peintures sur toile et sur papier en technique mixte pour présenter sa vision de l’homosexualité. Beaucoup de couleurs pour toutes les facettes de la vie et pour rendre la vie plus gaie. L’exposition de ce jeune artiste chinois, dans le plus ancien lieu gay de Paris, donnera une couleur particulière à cette 4ème édition de la Semaine LGBT chinoise. Tu es né à Heilongjiang au nord de la Chine en 1987. Quel est ton parcours artistique ? Dès l’âge de six ans, ma mère a fait venir à la maison un professeur pour m’initier à l’art de la peinture chinoise. J’ai été fasciné par les mélanges de couleurs, pouvoir créer mon propre univers. Peindre est devenu une passion, j’ai donc passé un concours pour entrer à l’École des Beaux-Arts de Xi’an (dans le centre...

Le beau livre #8, Fenster zum Klo, Toilettes publiques, affaires privées

Lorsqu’un jour l’on voudra dresser l’état des lieux du bon et du mauvais goût, du propre et du sale, du bien et du mal, et tout comme l’on s'attardera évidemment aux multiples interprétations de Fontaine de Marcel Duchamp, le ready-made urinoir qui cette année a 100 ans, il ne faudra surtout pas oublier de passer aussi par le petit coin, de visiter le petit cabinet des obsessions de Marc Martin… toujours prompt à tordre les regards, à faire dévier les idées vers d’inexplorés territoires. Dans cette approche qui souvent oscille entre caresse et audace, dans des images qui toujours nous tentent autant qu’elles nous forcent, le photographe pour ce nouveau projet, un ouvrage qui accompagne une exposition à Berlin au Schwules Museum, s’intéresse aux toilettes publiques, lieu de fantasmes et de réalité, public et privé, là où se confond le besoin et l’interdit, sur des murs où s’inscrit l’obscène et le désir à coup de marqueur maladroit. Là où s’est joué et noué, un...

Marco Han : « Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant...

Tu es originaire de Mandchourie au nord de la Chine en 1983. Quel est ton parcours artistique ? Marco Han : Le dessin et la peinture ont toujours été ma passion, je les ai appris dès mon plus jeune âge, et je les pratique toujours régulièrement. J’ai également été tatoueur. Je suis venu à la photographie naturellement, comme prolongement à la peinture. Puis mon activité de photographe s’est développée au cours de mes nombreux voyages dans le monde, et au fil de mes rencontres. Je suis un photographe libre, qui me déplace souvent. Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la librairie Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3e Semaine LGBT chinoise. Peux-tu nous en parler ? La rue m’inspire beaucoup, ainsi que le monde de la nuit. Les hommes que je rencontre m’inspirent aussi. Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant le noir et blanc, afin d'exprimer leurs blessures et leurs forces...
Hommes qui s'enlacent

Les chemins égarés : à la découverte des lieux de drague extérieurs…

Très difficiles d'accès, ils sont le plus souvent réservés à des initiés et on y parvient après une longue recherche, en actionnant notre "gaydar" ! Le plus souvent à l'écart, cachés, isolés... leur situation s'explique par la crainte des descentes de police et des "casseurs de pédés". L’exposition photographique est à découvrir jusqu’au 18 février 2017. Galerie VU Hôtel Paul Delaroche, 58 rue Saint-Lazare 75009 Paris – Tel.: 01 53 01 85 85 Au départ situés au cœur des villes, (le jardin des Tuileries, Jaurès, les allées du Trocadéro...), les lieux de drague extérieurs se sont peu à peu déplacés vers la périphérie, en même temps que se développaient dans les années 80 des lieux de sociabilité gay : bars, boîtes, sex-clubs, saunas... A noter également que leur fréquentation "sociologique" a beaucoup évolué : aujourd'hui, s'y retrouve une population d'hommes qui ne se définissent pas comme homosexuels mais recherchent l'anonymat et une expérience sexuelle rapide. Ces spots réservés aux habitués sortent aujourd'hui de la clandestinité et font l'objet d'une exposition singulière. Les Chemins égarés est...

Jean Boullet (1921-1970)

« Les ailes d’une chauve-souris sur les carburateurs des Hell’s Angels. » Jean Boullet le précurseur, Denis Chollet, 1999. Fantasmagorique, onirique, mythologique, mirifique et subversive, parcourir l’œuvre foisonnante de Jean Boullet (1921-1970), c’est vriller, c’est sombrer et s’émerveiller d’un monde grouillant de créatures chimériques et de garçons alanguis, de personnages de contes de fées, de faunes, de boxeurs et de culturistes, qui tous élégamment cohabitent dans l’imaginaire de l’artiste. C’est se frayer un chemin dans un pays des merveilles, un monde aux accents de théâtre aussi inquiétant qu’intrigant, diablement attirant, c’est suivre le trait acéré et sûr de ces dessins à l’encre qui semble ne souffrir d’aucune hésitation, c’est se frotter au bizarre, à l’étrange, à Poe, Cocteau, Shakespeare, Verlaine… Bram Stoker, l’auteur de Dracula est son idole, il se passionne pour les monstres, tout ce qui dérange et dévie, qu'importe pourvu que cela échappe au terrible ordinaire, et même ses amours suivront ce tortueux chemin. Il se décrit comme un « Peintre de la beauté masculine », voyous,...