D’Eddy Bellegueule à Marvin, l’histoire d’une émancipation

Au moment où sort sur les écrans l'adaptation très libre du premier "roman" d'Edouard Louis, réalisée par Anne Fontaine, Marvin ou la belle éducation, retournons-nous sur ce livre coup de poing, qui a bouleversé le paysage littéraire. Une enfance misérable un long cri de haine qui pénètre notre cortex et qui ne nous lâchera pas jusqu'au dernier mot Edouard Louis raconte une enfance sans amour, sans tendresse, sans repère... une famille pire que les Groseillle de La vie est un long fleuve tranquille, ancrée dans son inculture, son manque d'ambition... Sa vie triste et morne, dominée par le machisme et la méchanceté, donc la peur. Etre différent dans ce cloaque est la pire des injures pour ceux qui sont soumis au regard des autres, à la vindicte populaire qui détruit les « anormaux ». Le jeune Eddy parce qu'il est efféminé est catalogué pédé et est, donc, la honte de la famille. D'humiliations en sévices, ils lui font la vie dure. Au collège, c'est la tête de Turc des « normaux » qui lui font...

L’amour est dans le pré (Seule la terre, le film)

Texte originalement publié sur la page FB de Daniel. Ambiance très rude ! Un beau film, des acteurs étonnants et très justes, avec la beauté rude, sans chichis, de la campagne du nord de l'Angleterre comme cadre, et avec sa petite touche de peinture sociale. Seule la terre, un film très... très anglais, en fait. Donc, il ne faut pas s'amuser à pointer toutes les ressemblances avec Brokeback Mountain, (même si le film s'attache à suivre le parcours de deux garçons que rien ne prédestinait à se rencontrer, le fils d'agriculteurs locaux et un saisonnier), c'est complètement une autre histoire, d'autres personnages, d'autres façons de se chercher, de se fuir ...et de se retrouver (il en existe tellement...). Quand les sentiments s'en mêlent... Si le film de Francis Lee était sorti avant, on aurait dit que celui que Ang Lee est une adaptation avec des moyens hollywoodiens. Seule la terre est différent et il est très bien comme ça. Le titre français est plutôt bien trouvé, parce qu'on pourrait mettre...

Chéries-Chéris va faire battre vos cœurs plus fort

Cyril Legann, président du festival nous présente cette édition avec enthousiasme. Il y a de quoi ! Hommage à Act Up Hugues Demeusy : Pourquoi faut-il aller au festival cette année ? Cyril Legann : Bien sûr il est fortement conseillé d'y aller tous les ans, mais il me semble que cette année, il s’est vraiment passé quelque chose qui a redonné goût aux gens de militer avec « 120 battements par minute ». On a pu se rappeler que le cinéma avait ce pouvoir de changer les lignes. On sent que le public a un appétit de voir des films sur ce sujet et prolonger le travail de mémoire entamé par le film de Robin Campilo. C’est pourquoi le festival proposera une programmation spéciale en hommage à Act Up qui revient sur le combat des années SIDA avec des documentaires d’archives passionnants. Mais aussi des films plus récents qui dressent un état des lieux actuel. Romantique Italie S’il n’y avait qu’un film à voir ? Difficile de choisir, c’est...
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Cineffable 2017, festival lesbien et féministe

Le « Festival International du Film Lesbien et Féministe de Paris » en quelques chiffres : projections de plus de 50 films du monde entier des ateliers, des débats et des stands un concert et une expo permanente un bar et des bons petits plats faits maison des réalisatrices, artistes et plasticiennes présentes Plus de 1500 festivalières viennent participer à ce moment unique : venez nous rejoindre ! Comment tout a commencé ? Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Que peut-on découvrir lors du Festival ? Cette année, plus de 350 films, courts et longs métrages, ont été visionnés par l’équipe de Cineffable afin de finalement présenter une sélection de 50 films pendant le Festival. Nous sélectionnons des films réalisés par des femmes sur des thèmes lesbiens et / ou féministes qui n’ont pas encore eu la chance...

Clac ! le court-métrage irrésistible

Découvrez enfin "CLAC !", le nouveau court-métrage de Fabien Ara, que nous avions interviewé il y a quelque temps. Un dîner de famille au restaurant asiatique. Une mère qui profite de ce moment pour annoncer qu'elle compte se suicider dans la nuit. Cette annonce va être l'occasion de libérer les paroles et de donner lieu à toutes les révélations : jalousie, cachotterie, coming-out... Le dernier repas explosif d’une famille paniquée. CLAC ! - Le teaser Fabien Ara, acteur reconnu et réalisateur à ses débuts, souhaitait aborder le difficile sujet du suicide assisté et du "Comment l'annoncer à ses proches ?". https://www.dailymotion.com/video/x5oz4i9_clac-un-film-de-fabien-ara-la-bande-annonce_shortfilms Que peut-on se dire quand il ne nous reste plus qu'une soirée à partager ? Sélectionné lors du concours de scénario "Nouveaux Cinémas", ce court métrage sera présenté pour la première fois en film d'honneur lors de la 13ème édition du festival éponyme. Le festival "Nouveaux Cinémas", organisé par les associations étudiantes cinéphiles "CINÉ FAC" et "CINE QUA NON", a comme objet de promouvoir de nouveaux réalisateurs en les aidant...

Antony Hickling nous fait son cinéma

Antony Hickling est anglais, mais il s'est installé à Paris il y a plusieurs années. Depuis, on entend beaucoup parler de lui. Ses films ont révélé un cinéma iconoclaste, singulier, inclassable. En quelques long-métrages, Antony s'est imposé comme le nouveau réalisateur queer incontournable. Son dernier opus Where horses go to die vient de sortir chez Optimale. Il raconte les déambulations d'un artistes plasticien désabusé qui va croiser, entre rêves et fantasmes, trois créatures flamboyantes qui l'amèneront là où il n'a jamais été. Son acteur fétiche Manuel Blanc, y interprète une transsexuelle étonnante. Costumes, décors, ambiance, narration... tout est différent et exceptionnel dans ce film, qu'il faut voir absolument. Quand il n'est pas derrière la caméra, Antony Hickling fait du doublage pour des films d'animation et est programmateur pour le Festival de Films LGBT de Paris, Chéries-Chéris. Il pose régulièrement pour le photographe Jean-Baptiste Huong, dont nous vous avons présenté le travail récemment.   Where Horses go to die, un film d'Antony Hickling avec Manuel Blanc, Jean-Claude Bouvet, Stéphanie Michelini... Un DVD Optimale

Les Initiés, grave et terrifiant

Vous êtes un garçon, vous avez 15-16 ans, eh bien, il ne fait toujours pas actuellement bon être de l’ethnie xhosa en Afrique du Sud ! C’est le moment de l’initiation, période secrète qui ne concerne que les hommes et qui fera qu’en deux semaines ces ados deviendront des « hommes ». Hommes ! Hommes ! au point de blesser, meurtrir, et bien trop souvent faire mourir ces jeunes initiés. Un prépuce fait tout la différence ! Mais voilà l’un des initiateurs, Xolani, retrouve comme tous les ans son amour bi et caché, Vija, un autre Xhosa initié devenu initiateur. Vija est un peu trop imbu de sa virilité et de son pouvoir. Près de la cascade, une nuit d’amour dans l’herbe entre eux, mais ils sont vus par l’un des jeunes initiés, le plus « féminin »… et l’homosexualité — « L’homosexualité est une maladie importée d’Occident », dixit un président d’un état africain — ne peut être. Pas le choix, il sera froidement assassiné par l’homo… Eh oui, de peur d’être reconnu homo dans...

One Kiss, extraordinaire et tendre

One kiss, titre un peu étrange pour un film italien, mais ce second film de Ivan Cotroneo, auteur et scénariste, est débordant de vie, de joie, de sourire, de rire… puis de mort. Lorenzo est l’homo, la fausse folle qui s’assume, encouragé par ses parents adoptifs. Il revendique d’être non seulement bon en tout, mais le meilleur ! Et il explose continuellement à l’écran. Et puis Blu, la fille du trio qui semble se réveiller avec Lorenzo, ainsi que Antonio, qui réussira peu à peu à émerger dans les rigolades et sera amoureux de Blu. Ils sont tous les trois un peu autres et dans le lycée d’une petite ville du nord de l’Italie… « Un monde entier enfermé en quelques kilomètres » redit l’auteur. Oui, mais fréquenter un homo est peu recommandé dans l’équipe de sport d’un lycée. Un baiser reçu mais non assumé… Lorenzo est amoureux de Antonio, et c’est la mort dans certains contextes, certaines histoires. La vraie homophobie, que jamais l’on puisse me prendre pour un...

1:54. Une course explosive

Montréal. Dans une classe de seconde. Francis aime Tim. Tim n’assume pas ses sentiments pour Francis. Il les dissimule. Les garçons populaires de la classe apprennent l’orientation sexuelle de Francis. Harcèlement. Intimidation. Drame. On pleure ce qui lui arrive mais pourtant on est responsable, par notre silence, par notre impuissance, par notre tendance à laisser l’homophobie être ordinaire. Tim veut venger son ami Francis. 1 :54, c’est le temps qu’il doit atteindre aux 800 mètres pour rendre justice à Francis, pour voler le rêve de Jeff, mais aussi pour s’accepter, lui qui cache ce qu’il est par peur des violences. Il s’agit d’une course contre les normes imposées par le groupe, contre les brimades qui en découlent, mais aussi contre ses propres limites. Être adolescent ne se fait pas sans conflit mais c’est particulièrement difficile de se construire et de s’accepter quand on ne ressemble pas pleinement au groupe. Mais pourtant, qu’est-ce que Francis a fait de mal ? Qu’est-ce que Tim a fait de mal ? L’injustice,...