Faites des gâteaux, pas la guerre

http://youtu.be/Q3foBfki3TY Ca pourrait être la signature de ce premier film d'un jeune réalisateur istraélien prometteur, qui réussit la prouesse d'évoquer le choc des cultures, le poids des religions et des traditions avec douceur, nuances, et tendresse, si bien que le conflit qui pourrait être frontal demeure suggeré... mais avec une réserve cependant concernant l'orientation sexuelle "élastique" du héros ! Thomas, un jeune pâtissier allemand, a une liaison avec Oren, un homme marié israélien qui voyage régulièrement à Berlin pour son métier. Mais Oren meurt dans un accident de voiture, Thomas se rend alors à Jérusalem à la recherche de réponses concernant sa mort. Sans révéler qui il est, Thomas approche Anat, la veuve de son amant, qui tient un petit café. Il commence alors à travailler pour elle. En s'inspirant d'une histoire vraie et presque banale : un homme marié et père, qui a  une liaison avec un homme loin de chez lui, Ofir Raul Graizer propose un film sur le mensonge, et la trahison, sans jamais...

Corpo Elétrico : le courant passe

Présenté dans de nombreux festivals internationaux et récompensé par plusieurs prix, Corpo Elétrico, le film du réalisateur brésilien Marcelo Gaétano suit les pérégrinations amoureuse du bel Elias... Mais attention, tout n'est pas rose dans la vie de notre héros et l'intrigue s'attache à dresser un portrait très réaliste de la condition des gays au pays de la Samba. Extrait de l'interview que le réalisateur a donnée pour le dossier de presse. "Corps électriques est un film de boudoir : dans chaque lit où Elias se couche s’ouvre un nouvel univers. Des corps s’embrassent et se caressent, des amants racontent leurs rencontres, leurs aventures sexuelles, leurs rêves. Ma volonté était de mettre en scène l’amour vécu par Elias comme quelque chose qui se répète et tourne en boucle. Il s’agit plus d’une sorte d’affection que de romantisme. Il enchaîne les rencontres d’un soir déjà oubliées à peine consommées. Elias aime de façon légère, presque anarchique. Il a 23 ans et est ouvertement gay. Il est originaire du...

L’amour et la mort

Genres reproduit l'entretien avec le cinéaste et écrivain Christophe Honoré, tiré du dossier de presse de Ad Vitam, qui trace les tenants et les aboutissants de cette histoire générationnelle, celle des trentenaires des années 90, qui lisaient Guibert, Koltès et Lagarce... Comment résumer l’histoire, la matière de ce film ? Un premier amour et un dernier amour. Un début dans la vie et une fin dans la vie, à travers une seule et même histoire d’amour, celle du jeune provincial Arthur et de l’écrivain agonisant Jacques. Le film voudrait conjuguer cette association de sentiments : l’élan et le renoncement. L’histoire d’amour racontée précipite deux choses : d’une part les débuts dans la vie d’Arthur, d’autre part la fin de la vie de Jacques. Il est possible que sans cet amour Jacques aurait vécu plus longtemps, parce qu’il est précipité dans l’idée que sa maladie, le sida, le rend inapte à cet amour, qu’il n’est plus capable de le vivre. Je crois que le vrai sujet du film...

Nobody’s watching : rêves et déboires d’un acteur argentin à New-York

Nico est un comédien argentin tout juste installé à New York. Dans l’attente de trouver un rôle, il enchaîne les petits boulots pour s’en sortir. Sa vie affective et sociale s’en trouve bouleversée. Quand un ancien amant lui rend visite, tout vacille, l’obligeant à se confronter aux raisons de son exil... Epicentre Films : Quelle est la genèse du film ? Julia Solomonoff : C’est un film qui m’est très personnel. Je suis arrivée à New York il y a vingt ans. Je suis restée sept ans aux Etats-Unis, avant de rentrer en Argentine où j’ai fait deux enfants et deux films. Je suis revenue quelques années plus tard pour enseigner le cinéma. Je voulais raconter cette expérience personnelle, parler du sentiment d’appartenance à une culture et du désir de se réinventer. Pourquoi vous êtes-vous installée à New York ? J’étais venue dans cette ville pour des raisons professionnelles mais des questionnements personnels plus profonds m’avaient amenée à quitter l’Argentine. C’était une fuite de nature émotionnelle. Il ne s’agissait pas...

Coby : journal filmé d’une métamorphose

À l’origine de ce film, il y a l’histoire de votre demi-frère, de sa transition, de ses opérations. Et pourtant le film déjoue tous les pièges redoutés du documentaire… Le documentaire n’est pas mon genre de prédilection. J’en produis mais, en tant que réalisateur, j’ai besoin de passer par la fiction qui est pour moi une métaphore du réel et une digestion de la réalité. C’est une manière de regarder en arrière. Quand Coby, mon demi-frère, a amorcé sa transition en 2010, il m’a demandé de faire un film sur cette période de sa vie. À l’époque il avait déjà posté ses vidéos sur Youtube et je savais qu’il y aurait cette matière première et pourtant, j'’hésitais. Je ne savais vraiment pas quoi faire de tout cela. Je redoutais ce cinéma du réel qui consistait à suivre quelqu’un, à filmer toutes ces étapes plus ou moins dramatiques. Donc j’ai décliné la proposition. et puis cinq ans plus tard, après avoir suivi de loin son évolution...

Décryptage réussi d’une légende du cinéma américain

Hugues Demeusy : Tu nous présentes aujourd'hui un essai sur la grande légende américaine Montgomery Clift, tu précises que ce n'est pas une biographie ? Sébastien Monod : En effet, ce n’en est pas une. Montgomery Clift – L’enfer du décor est un travail d’analyse des choix de carrière de l’acteur, complétée de l’étude des films eux-mêmes. Et je démontre tout au long de mon livre que ces choix ne sont ni innocents ni anodins ; ils sont, certes, réfléchis, car celui qu’on appelle communément Monty était un perfectionniste, mais ils procèdent surtout d’un facteur tout à fait subjectif, inéluctable : lui. Lui en tant qu’homme. Et c’est pourquoi mon travail est néanmoins proche de la biographie, car je m’appuie sur de nombreux éléments privés pour montrer combien sa vie d’homme – et précisément son homosexualité – a influé sur sa carrière. Ce n’est pas par hasard qu’il a choisi des rôles de personnes rejetées ou rebelles, pas un hasard si une grande partie de ces rôles...

Les garçons sauvages sont des filles pas comme les autres

C'est un premier film déroutant que nous propose Bertand Mandico. Le genre de ses héros (cinq garçons de bonne famille, brutaux, meurtriers, embarqués pour un voyage initiatique...) y est mis à mal, comme un facteur inhérent à la trame fantastique de cette aventure. C'est une œuvre franchement "queer", une épopée mythologique futuriste, qui sort totalement des sentiers cinématographiques battus. que nous vous conseillons vivement. Adossé à des références allant de Truffaut au gore, au film muet en noir et blanc, au fantastique avec effets spéciaux, aux films de pirates ou encore à Fassbinder, ce long métrage ne peut laisser indifférent d'un point de vue formel. A l'abordage pour une découverte d'un nouveau genre ! Nous reproduisons cet entretien qui vous aidera à y voir plus clair et vous donnera certainement envie de voir cet ovni cinématographique ! https://youtu.be/DseeL_hKhdI Dans votre film, le protagoniste central, un scientifique devenue femme plaide pour une féminisation du monde pour le pacifier mais vous allez dans une direction encore plus ambigüe… C’est une utopie naïve,...

Finding Phong : changer de sexe au Vietnam

Phong s’est toujours considéré comme une fille prise au piège dans un corps de garçon. c’est en entrant à l’université à Hanoi qu’il découvre qu’il n’est pas le seul à souffrir d’une telle situation. caméra au poing, Phong décide de changer de vie et amorce une métamorphose. Ce documentaire vietnamien, sorti sur les écrans cette semaine, est un journal filmé qui témoigne au plus près du parcours intime d'un jeune homme qui va accomplir le chemin difficile du changement de sexe. Les deux réalisateurs Tran Phuong Thao et Swann Dubus Mallet expliquent leur démarche. Extraits de l'interview à retrouver dans son intégralité ici : Comment est né le projet ? Swann Dubus Mallet : Phong est une amie de notre producteur. elle a partagé avec lui ses peines et ses espoirs. il nous a contactés pour faire un film sur son histoire. comme j’étais à Paris où je terminais la post-production de notre film précédent, thao a rencontré Phong seule. elle m’a appelée pour me dire qu’on ne pouvait...

C’est un beau roman, c’est une belle histoire !

Call me by your name, le meilleur film de l'année Dans quelques jours, vous risquez d'être assailli par les promos, infos, photos, et vidéos, dédiés à la sortie du film Call me by your name, réalisé par Luca Guadagnino, dont la bande annonce envahit déjà les réseaux sociaux. Cette super production présentée au Festival de Sundance, à Berlin a remporte le Grand Prix du Festival Chéries-Chéris 2017. C'est pour le journal anglais The Guardian le meilleur film de l'année 2017 ! Rien que ca ! Il faut dire que les deux acteurs principaux sont craquants... https://youtu.be/HKLbnoPdTyg Un roman inoubliable paru en 2007 Mais bien avant que le film fasse le buzz, il y eut un roman américain de André Aciman, édité en 2007 par les éditions de l'Olivier sous le titre Plus tard ou jamais ! Ça a été pour moi comme pour beaucoup de lecteurs, un vrai coup de cœur. L'histoire se déroule en Italie, au bord de la mer dans une époque indéfinie (mais qui n'est pas la...