video

Cineffable 2017, festival lesbien et féministe

Le « Festival International du Film Lesbien et Féministe de Paris » en quelques chiffres : projections de plus de 50 films du monde entier des ateliers, des débats et des stands un concert et une expo permanente un bar et des bons petits plats faits maison des réalisatrices, artistes et plasticiennes présentes Plus de 1500 festivalières viennent participer à ce moment unique : venez nous rejoindre ! Comment tout a commencé ? Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Que peut-on découvrir lors du Festival ? Cette année, plus de 350 films, courts et longs métrages, ont été visionnés par l’équipe de Cineffable afin de finalement présenter une sélection de 50 films pendant le Festival. Nous sélectionnons des films réalisés par des femmes sur des thèmes lesbiens et / ou féministes qui n’ont pas encore eu la chance...

Clac ! le court-métrage irrésistible

Découvrez enfin "CLAC !", le nouveau court-métrage de Fabien Ara, que nous avions interviewé il y a quelque temps. Un dîner de famille au restaurant asiatique. Une mère qui profite de ce moment pour annoncer qu'elle compte se suicider dans la nuit. Cette annonce va être l'occasion de libérer les paroles et de donner lieu à toutes les révélations : jalousie, cachotterie, coming-out... Le dernier repas explosif d’une famille paniquée. CLAC ! - Le teaser Fabien Ara, acteur reconnu et réalisateur à ses débuts, souhaitait aborder le difficile sujet du suicide assisté et du "Comment l'annoncer à ses proches ?". https://www.dailymotion.com/video/x5oz4i9_clac-un-film-de-fabien-ara-la-bande-annonce_shortfilms Que peut-on se dire quand il ne nous reste plus qu'une soirée à partager ? Sélectionné lors du concours de scénario "Nouveaux Cinémas", ce court métrage sera présenté pour la première fois en film d'honneur lors de la 13ème édition du festival éponyme. Le festival "Nouveaux Cinémas", organisé par les associations étudiantes cinéphiles "CINÉ FAC" et "CINE QUA NON", a comme objet de promouvoir de nouveaux réalisateurs en les aidant...

Antony Hickling nous fait son cinéma

Antony Hickling est anglais, mais il s'est installé à Paris il y a plusieurs années. Depuis, on entend beaucoup parler de lui. Ses films ont révélé un cinéma iconoclaste, singulier, inclassable. En quelques long-métrages, Antony s'est imposé comme le nouveau réalisateur queer incontournable. Son dernier opus Where horses go to die vient de sortir chez Optimale. Il raconte les déambulations d'un artistes plasticien désabusé qui va croiser, entre rêves et fantasmes, trois créatures flamboyantes qui l'amèneront là où il n'a jamais été. Son acteur fétiche Manuel Blanc, y interprète une transsexuelle étonnante. Costumes, décors, ambiance, narration... tout est différent et exceptionnel dans ce film, qu'il faut voir absolument. Quand il n'est pas derrière la caméra, Antony Hickling fait du doublage pour des films d'animation et est programmateur pour le Festival de Films LGBT de Paris, Chéries-Chéris. Il pose régulièrement pour le photographe Jean-Baptiste Huong, dont nous vous avons présenté le travail récemment.   Where Horses go to die, un film d'Antony Hickling avec Manuel Blanc, Jean-Claude Bouvet, Stéphanie Michelini... Un DVD Optimale

Les Initiés, grave et terrifiant

Vous êtes un garçon, vous avez 15-16 ans, eh bien, il ne fait toujours pas actuellement bon être de l’ethnie xhosa en Afrique du Sud ! C’est le moment de l’initiation, période secrète qui ne concerne que les hommes et qui fera qu’en deux semaines ces ados deviendront des « hommes ». Hommes ! Hommes ! au point de blesser, meurtrir, et bien trop souvent faire mourir ces jeunes initiés. Un prépuce fait tout la différence ! Mais voilà l’un des initiateurs, Xolani, retrouve comme tous les ans son amour bi et caché, Vija, un autre Xhosa initié devenu initiateur. Vija est un peu trop imbu de sa virilité et de son pouvoir. Près de la cascade, une nuit d’amour dans l’herbe entre eux, mais ils sont vus par l’un des jeunes initiés, le plus « féminin »… et l’homosexualité — « L’homosexualité est une maladie importée d’Occident », dixit un président d’un état africain — ne peut être. Pas le choix, il sera froidement assassiné par l’homo… Eh oui, de peur d’être reconnu homo dans...

One Kiss, extraordinaire et tendre

One kiss, titre un peu étrange pour un film italien, mais ce second film de Ivan Cotroneo, auteur et scénariste, est débordant de vie, de joie, de sourire, de rire… puis de mort. Lorenzo est l’homo, la fausse folle qui s’assume, encouragé par ses parents adoptifs. Il revendique d’être non seulement bon en tout, mais le meilleur ! Et il explose continuellement à l’écran. Et puis Blu, la fille du trio qui semble se réveiller avec Lorenzo, ainsi que Antonio, qui réussira peu à peu à émerger dans les rigolades et sera amoureux de Blu. Ils sont tous les trois un peu autres et dans le lycée d’une petite ville du nord de l’Italie… « Un monde entier enfermé en quelques kilomètres » redit l’auteur. Oui, mais fréquenter un homo est peu recommandé dans l’équipe de sport d’un lycée. Un baiser reçu mais non assumé… Lorenzo est amoureux de Antonio, et c’est la mort dans certains contextes, certaines histoires. La vraie homophobie, que jamais l’on puisse me prendre pour un...

1:54. Une course explosive

Montréal. Dans une classe de seconde. Francis aime Tim. Tim n’assume pas ses sentiments pour Francis. Il les dissimule. Les garçons populaires de la classe apprennent l’orientation sexuelle de Francis. Harcèlement. Intimidation. Drame. On pleure ce qui lui arrive mais pourtant on est responsable, par notre silence, par notre impuissance, par notre tendance à laisser l’homophobie être ordinaire. Tim veut venger son ami Francis. 1 :54, c’est le temps qu’il doit atteindre aux 800 mètres pour rendre justice à Francis, pour voler le rêve de Jeff, mais aussi pour s’accepter, lui qui cache ce qu’il est par peur des violences. Il s’agit d’une course contre les normes imposées par le groupe, contre les brimades qui en découlent, mais aussi contre ses propres limites. Être adolescent ne se fait pas sans conflit mais c’est particulièrement difficile de se construire et de s’accepter quand on ne ressemble pas pleinement au groupe. Mais pourtant, qu’est-ce que Francis a fait de mal ? Qu’est-ce que Tim a fait de mal ? L’injustice,...

Grave, un film unique en ses genres

Sorti en salle le 15 mars 2017, Grave est un bijou. Rarement un film français a pu réunir autant de diversité de styles avec autant d’authenticité et de radicalité. Grave, où cette force gravitationnelle est évoquée dans le film par la posture des corps, que Julia Ducournau a souhaité voir évoluer pour servir à merveille le récit. Le film nous parle de nos démons ou de ces choses inavouables et que nous contrôlons pour ne pas vriller... Le film est prenant car il raconte véritablement une histoire. Les scènes viscérales, qui ne manquent pas de nous retourner le ventre et de nous faire suffoquer, sont en fait indispensables au propos et au déroulement de la narration. L’empathie ressentie pour les personnages ajoute à l’horreur de laquelle on se sent proche. Le film nous parle de nos démons ou de ces choses inavouables et que nous contrôlons pour ne pas vriller. Les petites névroses qui peuvent s’avérer des graines de véritables descentes en enfer. Mais ici, ce...

Fronteras, le film espagnol qui fait traverser les frontières

Si le cinéma a le pouvoir de faire exister un autre monde à l'écran, force est de constater que, malheureusement, la tendance est souvent de montrer les mêmes images, les mêmes normes, les mêmes stéréotypes. Dans Fronteras (2014), l'Espagnol Mikel Rueda choisit de placer sa caméra ailleurs, de cadrer différemment et de nous montrer autre chose. Le thème est pourtant fréquent au cinéma : il s'agit d'un film sur les premiers émois de l'adolescence. Cependant, Rafa, dont le groupe d'amis est composé de jeunes gens plutôt machos et qui le poussent à sortir avec la belle Marta, pose son regard sur Ibra, adolescent venu du Maroc et menacé d’expulsion. Loin des clichés, ce film nous parle d'homophobie et de racisme mais surtout d'un premier amour mis à mal par la situation précaire du jeune migrant. Il nous montre aussi des franchissements de frontières, celle, physique, entre deux pays, celle, symbolique, imposée par la norme du groupe, et enfin, dernier franchissement, il nous montre le passage...

Jours de France : un road movie sexuel (mais pas que)…

https://youtu.be/y9a_YircDFg Installez-vous dans l'Alfa Roméo confortable de Pierre et parcourez la France et ses habitants. Jours de France n'est pas au premier abord un film facile par sa construction, lente, contemplative, parfois austère. Mais il défend un point de vue original qui va vous redonner foi en l'être humain, celle-ci ayant été dangereusement mise en péril ces derniers temps. C'est le premier long-métrage d'un jeune réalisateur, Jérôme Reybaud, qui a fait ses classes avec des cinéastes atypiques tels que Paul Vecchiali et Jean-Claude Guiguet, deux hommes de l'ombre qui font un cinéma à part, intimiste, donnant libre cours à la poésie et à une grande humanité. Ce road-movie à travers la France "profonde" s'appuie sur un outil de rencontre ultra sophistiqué, une application bien connue des gays "Grindr" et son système de géolocalisation qui permet de rencontrer des hommes disponibles, près de l'endroit où vous vous trouvez. Cette quête de découvertes en tous genres sur des chemins de traverse, donne lieu pour Pierre, à des rencontres avec des personnages toujours singuliers,...