Moonlight

Moonlight, au clair de lune les garçons noirs sont tristes (mais nous heureux)

Màj du 28/02/17 : le film a reçu l'Oscar du Meilleur Film. Tiré de la pièce "In moonlight, black boys look blue", Moonlight est la chronique d'un enfant noir du quartier de Liberty City, Miami. Ici règnent la drogue et la loi du plus fort. On le découvre à travers trois époques et à travers ses trois noms : Little, Chiron et Black. Cet enfant perdu dans un univers d'adultes est un résistant, il surnage dans un milieu social difficile. Ce film de survivant nous montre un enfant qui grandit trop vite et en même temps un enfant qui ne devient jamais vraiment adulte. Moonlight c'est aussi l'histoire d'un garçon qui n'a rien à faire là, qui n'est pas armé pour se confronter à une vie d'injustice, où le danger rôde partout, jusqu'à la maison. C'est le drame d'un enfant différent et qui aime différemment. Confronté à la trahison de tous, il est le seul à rester fidèle. Chiron pourrait mourir à tout moment. Ce qui le maintient en vie, c'est un moonlight, un moment au clair de lune où...
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Théo et Hugo dans le même bateau : le DVD cul(te) !

Dans un sex-club, Théo et Hugo se rencontrent, se reconnaissent, se mêlent en une étreinte passionnée. Passé l’emportement du désir et l’exaltation de ce premier moment, les deux jeunes gens dégrisés, dans les rues vides d'un Paris nocturne, se confrontent à leur amour naissant. Le film événement de l'année 2016 sort enfin en DVD, dans une édition qui constitue un véritable écrin pour tout savoir sur la genèse du film avec des animations graphiques audacieuses. Retour réussi pour le duo de cinéastes Olivier Ducastel et Jacques Martineau, qui signe avec Théo et Hugo dans le même bateau un film emprunt de poésie, de romantisme, et ancré de plein pied dans le réel. Deux jeunes acteurs merveilleux, intenses, incroyablement charmants... François Nambot et Geoffrey Couet portent cette belle aventure sur leurs épaules. Quant au choix de filmer l'intrigue en temps réel, il  s'impose au couple de réalisateurs, puisqu'il confère de la véracité au propos du film et, plus qu'une contrainte, il donne des ailes aux acteurs qui réalisent quelques scènes où la magie...
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Chéries-Chéris : « la qualité des films cette année est exceptionnelle »

Kevin Reynaud : Pouvez-vous nous présenter le festival en quelques mots ? Cyril Legann : Le festival Chéries-Chéris existe depuis 22 ans et a pour but de promouvoir la culture LGBT au cinéma. Il répond au départ à un besoin de visibilité des films qui n’étaient que peu distribués en France. Aujourd’hui la problématique a changé, avec internet et l’avènement des supports domestiques (DVD, BluRay…) les films sont plus faciles à voir. Nous avons donc créé une compétition depuis 2010, et notre but, plus que jamais est d’apporter une plus-value au spectateur en créant un espace de convivialité et d’échange. Pour cela nous nous attelons à faire venir des équipes de films, cette année nous avons des réalisateurs qui viennent de pays très divers : USA, Canada, Israël, Lituanie, Portugal… c’est exceptionnel ! Et puis il y a tous les courts-métrages, des rendez-vous toujours appréciés par le public car ces films-là, souvent très riches, ne sont pas visibles ailleurs. Et on ressent également l’enthousiasme des équipes qui ont parfois...
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Juste la dernière folie de Xavier Dolan

La dernière scène de Juste la fin du monde résonne avec le générique de début, interprété par Camille. "Home is where it hurts, home is not a harbor", la maison c'est là où ça fait mal, la maison ce n'est pas un refuge. Dans cette maison qui héberge une famille dysfonctionnelle où rien n'est à sa place, où les paroles des uns répondent à celles des autres de manière incohérente. Une famille avec des hommes mais sans figure masculine, où les personnages parlent dans le vide et ne communiquent pas. Où les hommes ont abandonné la place, où la raison a vaqué la place. Où le seul personnage hors du système sclérosé est une pièce rapportée, interprétée par Marion Cotillard, la seule qui a compris la vérité : la mort imminente du jeune frère, Louis, interprêté par Gaspard Ulliel. Vides et absence On comprend l'absence du père, un vide abyssal qu'Antoine, le grand frère "symptôme" interprété par Vincent Cassel, essaye de combler. Où la brutalité prend toute la place. Antoine est un fou furieux, qui...

Cineffable, festival lesbien et féministe

Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Se rassembler, partager, découvrir des réalisatrices et des artistes travaillant elles-mêmes dans ce sens, tels sont les enjeux majeurs de Cineffable, qui par la pluralité des représentations lesbiennes et féministes que ce festival donne à voir se montre profondément conscient des différentes sensibilités. Souhaitant rendre le festival accessible au plus grand nombre, tous les films présentés lors de cette 28ème édition seront sous-titrés, comme chaque année, pour les personnes sourdes et malentendantes, et les présentations de séances, les rencontres et débats seront interprétés en langue des signes française (LSF) dans la mesure du possible. Un accès pour les personnes à mobilité réduite est également prévu. Afin d’en savoir plus sur le programme de cette nouvelle édition et d’évoquer tant les fondements que l’avenir du festival, GENRES est allé à la rencontre...
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« Amants des hommes » : déportation homosexuelle et homophobie

Traitant de la déportation homosexuelle durant la seconde guerre mondiale, Isabelle s'appuie sur l’œuvre autobiographique de Pierre Seel, le premier à témoigner de sa déportation pour cause d'homosexualité. "Amants des hommes" parle aussi beaucoup de l'homophobie de la société des années 1940, mais aussi de celle des années 2000 à travers les témoignages de différents acteurs qui se sont battus pour la reconnaissance de cette déportation. Pour nous présenter son travail, rien de mieux qu'une petite conversation avec Isabelle elle-même. Rencontre. Kevin Reynaud : Bonjour Isabelle, tout d'abord, quel est votre parcours ? Isabelle Darmangeat : Je suis née à Tulle en Corrèze, et j’ai effectuée mes études, en cinéma, à l’Université de Poitiers, avec une spécialisation en documentaire avec un DESS réalisation documentaire. Je vis et travaille à Paris depuis 2004. D'où est née l'envie de créer ce projet ? Avez-vous un lien personnel avec cette partie de l'Histoire ? Passionnée d’histoire, j’ai toujours été intéressée par la seconde guerre mondiale et particulièrement l’Holocauste. Je savais que les homosexuels...