Le beau livre #11, Garçons de joie, Nicole Canet

Il est dans les villes des endroits rares et précieux, des endroits que l’on ne voudrait n’avoir que pour soi, et dont on rechigne à donner l’adresse : la galerie de Nicole Canet, « Au bonheur du jour » est de ceux-là. Là où s’épanchent sur papier les désirs, là où sursaute d’un trait d’encre, d’inavouées passions, de curieux chromos et des obsessions derrière les crayons… dans sa nouvelle exposition « Garçons de joie » qu’accompagne la parution d’un ouvrage au titre éponyme, la promesse est tenue. Et c’est Frédéric Mitterrand, ancien ministre de la Culture, mais aussi l’auteur de « La mauvaise vie » qui signe la préface de cet ouvrage dans un texte tout en suggestion, il y écrit notamment « L’un des grands mérites de Nicole Canet (…) est de nous rapporter des images insolites de ces temps envolés, de ces lieux qu’on ne trouve plus, de tous ceux qui ont écrit sans le savoir une histoire qu’on ne raconte guère. » Pousser les portes de ce bar un peu...

Le prix du Roman Gay 2018 est attribué à……

Alors que la rentrée littéraire bat son plein, le 12 octobre, vous saurez qui est le lauréat du prix du Roman Gay 2018. Il sera remis au Centre LGBT Paris, à partir de 18 heures. Pourquoi cette idée d'un prix "communautaire", quelles sont ses ambitions ? C'est ce que Genres a voulu savoir en rencontrant Gérard Coyet, son organisateur  Hugues Demeusy : Pourquoi avoir créé ce prix littéraire ? Gérard Goyet : Le Prix du Roman Gay a été créé en 2013 à l’initiative des Éditions du Frigo, nées deux ans auparavant pour respecter les derniers souhaits de deux amis disparus.  Leur rêve était d’être édités, ce à quoi ils ne sont pas parvenus. Ensuite, pour diversifier et élargir nos activités, et pour combler un vide, nous avons créé le « Prix Du Roman Gay ». Militant à ma façon depuis très très longtemps dans les combats LGBT, parce que l’homophobie est malheureusement toujours d’actualité et la visibilité un des moyens pour lutter contre, faire vivre ce...
cary grant

Hollywood et la face cachée des westerns

On sait que James Dean, Montgomery Clift, Cary Grant, Brando... et d'autres mâles fantasmatiques qui furent de vraies stars des studios durent cacher leurs amours pour ne pas défrayer la chronique. Le fameux "code Haynes" veillait au grain et l'honneur était sauf. Une époque gouvernée par une hypocrisie majeure. Gilles Leroy a planté le décor de son nouveau roman dans ce miroir aux alouettes, où la chasse aux sorcières communistes fait rage, où les noirs sont encore discriminés, et où les apparences devaient toujours prévaloir sur une vérité pas bonne à entendre. L'auteur reconstitue la relation passionnée et orageuse qui unit deux stars masculines du cinéma hollywoodien, à travers les différents témoignages des proches du couple. Au fil des pages se dessine une relation que rien ne peut arrêter entre les deux futurs espoirs du cinéma, puis leur vie de couple, vécue aux grand jour, au grand dam des producteurs. Entre Los Angeles et New-York, où ils débutèrent sur les planches de Broadway, leur amour se délite peu à peu. Les...

Le beau livre #4, Undressed, Mario Testino

Dernier projet éditorial de l’éditeur Taschen et du photographe de mode Mario Testino, Undressed, invite à l’effeuillage, cet ouvrage se propose de dresser un panorama des photos de nus les plus marquantes du photographe Mario Testino, adepte d’une esthétique léchée et sensuelle ou juste là lorsqu’il s’agit de capturer ces moments aussi torrides qu’éphémères. les photos de Testino font se côtoyer les mannequins les plus en vues, et des anonymes, des filles parfaites et des garçons androgynes, ou peut-être est-ce l’inverse… Réunissant une cinquantaine de photographies, certains clichés issus des archives du studio du photographe sont ici publiés pour la première fois. Figure incontournable des années porno chic, période Tom Ford chez Gucci, il est régulièrement plébiscité pour les séries mode de magazines prestigieux, ou de sulfureuses et luxueuses campagnes de publicité. Un entretien accordé à l’ancienne et emblématique rédactrice du Vogue Paris et créatrice du CR Fashion Book, Carine Roitfeld, éclaire sur les volontés esthétiques du travail du photographe. Images au luxe décomplexé,...

Wishart, la trajectoire exceptionnelle d’un enfant du 20ème siècle

Une traduction très attendue ! L'autobiographie de Wishart est parue en 1977, en langue anglaise. Il aura fallu attendre presque 40 ans pour qu’elle soit enfin traduite en français et pour qu’un éditeur prenne le risque de la publier ! Si le nom de ce peintre ne vous dit rien, ne vous détournez pas de cette autobiographie précieuse à plus d'un titre. Si ses toiles ne sont pas connues du grand-public, ce n’est pas son œuvre que l’on appréciera ici, mais le parcours d’un homme exceptionnel qui mena une vie extraordinaire, en se frottant à ce que le 20ème siècle a produit de mieux. Peintre obsessionnel Né en Angleterre dans les années 20, enfant éveillé et précoce, il atteint très rapidement la maturité artistique et peint de façon presque obsessionnelle. Parallèlement, parce qu’il baigne dans un milieu cosmopolite, il voyage dans les capitales européennes. Il s’installe à Paris, après Londres, pour suivre les cours d’une Ecole d’Art. Il prend conscience très rapidement de son ambivalence sexuelle et collectionne amants et maîtresses, tout...

Les vacances du petit Renard, interview d’Arthur Cahn

C’est un ouvrage singulier, même s’il est difficile de mettre précisément le doigt sur ce qui le place à part, qu’a publié en ce début d’année, le réalisateur, acteur et donc désormais auteur, Arthur Cahn. C’est un court texte, comme un concentré, cette histoire, celle qui prétexte un récit de vacances, mais qui est aussi celle d’une rencontre, celle d’un amour contrarié, d’une machination, de regrets, d’énergie et d’oisiveté, de sexe et de retenue, du passage d'un âge à un autre… Quelques impressions de lecture,  croisées aux remarques et réflexions de l'auteur, qui a bien voulu prendre le temps de répondre à ces questions, qu'il en soit ici remercié. - « Les vacances du petit Renard », et d’abord ce titre, qui sonne comme une fable, comme le titre d’un récit pour enfants, et qui cache, un texte, bien évidemment, assez éloigné de ces évocations d’âges tendres, puisque d’innocence ou de naïveté, il n’en est plus question. Le personnage principal, même s’il se trouve lui à la...

Marais, 1970

Avant d'être un musée à ciel ouvert pour touristes et une vitrine pour créateurs fashion, le quartier parisien du Marais fut populaire, artisanal avec des petits commerçants, des fabriques... A la fin des années 70, des homos s'y installèrent, ouvrirent des commerces, qui rameutèrent rapidement une population nouvelle annonçant l'apogée du Ghetto gay. C'est dans le Marais des années 70, avant que les façades des hôtels particuliers ne soient rénovés, que Michel Braudeau crée avec des potes une communauté dans un vieil appartement donnant accès à la vénérable Place des Vosges, et traverse la Seine tous les jours pour travailler au Seuil où il est traducteur. Il découvre un quartier typique et atypique, où il croisera une faune d'intellectuels post-révolutionnaires, de Jean-Edern Hallier à Jean-François Bizot qui lance Actuel, de Michel Foucault à Roland Barthes, Philippe Sollers... Dans une ambiance libertaire, entre ambitions littéraires, découvertes, voyages initiatiques, drogues, amours et amitiés hors-norme, l'itinéraire de notre anti-Rastignac le ramène toujours à la Place des Vosges, son centre névralgique,...

Une women story devenue success story grâce aux réseaux sociaux

Dans ses « remerciements » qui précèdent le texte de son roman, Stéphanie Vidonne indique : « Merci… à vous lecteurs, sans qui ce projet littéraire n’existerait pas ». D’abord parue en feuilleton sur son site Internet (http://www.mavieenlila.com), l’histoire a très vite capté bon nombre de personnes, pour atteindre les 2000, ce qui a évidemment encouragé Stéphanie à prévoir une édition « papier » de son livre. Alors de quoi s’agit-il ? De deux femmes qui se cherchent – c’est le cas de le dire puisque l’une d’elles est aveugle, mais l’on constatera que le livre fait voler en éclats tous nos a priori de « voyants » sur ce sujet ! –, l’une étant bisexuelle et l’autre pas. Celle qui « voit » le mieux sur le plan des pétillements du désir n’est bien sûr pas celle que l’on croit, et même si le « je » qui s’exprime ne revendique aucune homosexualité, la révélation vécue, à la fois psychologique et physique, prête à...

Comment réinventer le cas zéro de sida en France

Que s'est-il passé dans la tête de Sarah Baruck pour décider de planter l'intrigue de son deuxième roman dans le service de Médecine Interne de l'Hôpital Saint Louis, en 1982, où le docteur Valensi va prendre en charge un malade atteint d'une pathologie encore inconnue. Hôpital Saint-Louis 1982 Tout commence donc par un cas incompréhensible et très inquiétant, un patient atteint de . symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner ce patient mis à l'écart par le Chef du Service… N'écoutant que son éthique professionnelle et humaine, Valensi va soigner clandestinement cet homme qui se révélera être le premier patient atteint du LAV, le premier nom donné au VIH. Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre...