Philippe et Hervé, deux ados pas comme les autres…

http://youtu.be/23SOlW6h7a8 En 2014, l'écrivain Philippe Mezescaze évoque son enfance à La Rochelle et ses débuts d'élève comédien, qui lui donneront la chance de rencontrer un adolescent hors du commun. Apprenti comédien à la Rochelle Ça commence par un tremblement de terre, une secousse sismique qui symbolise le bouleversement qui se produit dans la vie de l’auteur, alors adolescent (les crises de démence de sa mère). A 17 ans, il quitte Paris pour s’installer à la Rochelle chez sa grand-mère. Disposant d’une grande liberté d’action, négociée avec cette dernière, il intègre la maison de la culture locale car il veut au-delà de tout devenir comédien, dans une troupe théâtrale professionnelle. La rencontre avec Hervé Il croisera alors le chemin du jeune Hervé avec qui il interprètera une scène de Caligula. Très vite, une relation amoureuse intense s’instaure comme une évidence, mais elle est contrariée par le père d’Hervé, qui voit d’un très mauvais œil son jeune fils lui échapper. Roman d’apprentissage au style épique, Deux garçons trace le portrait...

Pour l’amour des Hommes

Ode au corps des hommes "les hommes pleurent à la salle de sport déclenchent le sèche-mains pour couvrir le bruit de leurs sanglots, leurs cœurs sont devenus trop lourds pour leurs torses, leurs torses sont devenus trop larges pour leurs tee-shirts, ils s’habillent comme des gamins qui auraient oublié d’apporter leur tenue pour l’entraînement" Vingt-cinq poèmes pour dire et raconter le corps des hommes, leurs désirs, leur jouissance et leur solitude. Andrew McMillan les observe dans leur intimité, en famille, en groupe,  ou encore dans des bars interlopes. Il les croque (au propre comme au figuré), avec justesse dans une langue parfois crue, souvent tendre, toujours amoureuse... Une bouleversante ode au corps masculin qui porte un regard poétique sur l’homme moderne, sa sexualité et sa quête du bonheur. Un skinhead peut cacher un poète ! Andrew McMillan, trentenaire britannique enseigne l'écriture à Manchester. Ce premier recueil de poèmes a été célébré et a reçu de nombreuses distinctions. Ne vous fiez pas à son look de skinhead british car il pourrait bien révéler la sensibilité...

La biographie scandaleuse sur Yves Saint-Laurent

Rappelez-vous, c'était en 2014. Deux "biopics" sur Yves Saint-Laurent faisaient l'affiche à quelques mois d'intervalle. Le premier, signé de Jalil Lespert, le montrant  sous un jour lumineux, très consensuel, fut adoubé par Pierre Bergé, le compagnon du grand-couturier et accessoirement son financier. Le second, plus polémique, réalisé par Bertrand Bonello, s'attardait sur la complexité du couple formé par Saint-Laurent et Bergé. Plus incisif et critique, il n'eut aucun soutien de l'homme d'affaires Pierre Bergé qui le condamna sans limite ! Le conte de fée selon Pierre Bergé On l'aura donc compris, homme de pouvoir et d'influence caractérisé, Bergé ne voulait pas qu'on détériore le conte de fée qu'il avait eu tant de mal à créer ; seuls les initiés savaient. Alors cette biographie signée de celui qui fut le compagnon "rémunéré" de l'icône de la mode pendant 5 ans, de 90 à 95, n'aurait certainement pas eu les faveurs de Bergé, décédé il y a peu ! Sa parution aujourd'hui est-elle due au hasard ? Ça parait peu probable. Toujours est-il que le sémillant Fabrice...

Compartiment fumeuses au théâtre

Un involontaire trio de femmes en prison. Suzanne, la forte récidiviste des carnets de chèques vides, qui doit s’affirmer. Ici, cette prolote fabrique des cadres en coquillages. Elle est, non, fût… mariée et mère. Blandine arrive, mademoiselle de Neuville, bourgeoise, intello. Cette criminelle attend la suite de loa procédure. Partage des lieux houleux, tensions renforcées par Suzanne (eh oui!), la surveillance à l’air de gouine, ambivalente « chef » qui semble, tout en la bousculant, amoureuse de Suzanne. On peut imaginer la violence des rapports et des discussions surtout quand on apprend que Blandine est là pour avoir tué son père-mari qui la violait depuis ses 8 ans. Mais, de fait, loin d’un huis-clos étouffant plus où moins attendu, des éclats de rire, une brise légère ressentie dès qu’elles rêvent de la mer se ressent… Et puis les deux lits se rapprochent et, tout simplement, elles s’aiment et découvrent l’amour… jusqu’à la séparation finale car les lesbiennes qui s’aiment en prison… Agréable, donc, léger du texte de Joëlle Fossier à...

Immeuble Dakota. New-York. 1970

Joyau baroque implanté au cœur de New-York, grâce à une architecture néo renaissance, le Dakota est une demeure unique surtout célèbre parce que l'immeuble accueillit John Lennon, où il fut assassiné. Un lieu singulier qui va servir de décor à un portrait d'une folle décennie new-yorkaise, les fameuses seventies, à travers les habitants des différents appartements de l'immeuble. Le fil rouge du bouquin est un jeune black qui pénètre presque par effraction dans l'édifice bourgeois et réussira à grimper les échelons du personnel de sécurité, tout en posant un regard décalé sur les habitants. Il y a parmi eux des anonymes et des célébrités telles John Lennon et sa femme Yoko Ono, Léonard Bernstein, Rudolf Noorev... La vie de l'immeuble se décline au travers des péripéties emmenées par des personnages à la vie pas forcement exceptionnelle, et se dessine en arrière plan le portrait d'une époque foisonnante d’événements en tout genre, notamment la libération des gays. On suivra parmi les personnages récurrents un couple de garçons dont les...

Transidentités : tout ce que vous avez toujours voulu savoir

Hugues Demeusy : Tout d'abord, quelles distinctions doit-on faire entre transsexualité, transsexualisme et transidentité ? Arnaud Alessandrin : Il est vrai que nous partons souvent de l’hypothèse que ce vocabulaire est acquis pour toutes et tous. Débuter par des définitions n’est donc pas absurde. Le « transsexualisme » (que j’écris et prononce avec des guillemets) renvoie à une construction médicale et psychiatrique qui vise à "pathologiser" les identités trans, au "triage" des demandes jugées comme acceptables ou non-acceptables du point de vue des normes de genre et de sexualité en vigueur. Le « transsexualisme » est donc un terme qui "pathologise", j'insiste, et qui en plus fait souffrir les individus concernés, car elle pousse des identités et des vies à la marge de toute reconnaissance. Le terme « transidentitaire » est quant à lui plus englobant. Ce terme parapluie inclut toutes les personnes en transition, peu importe le type de transition choisie, vécue ou expérimentée. Comme toujours avec le langage, il y a les catégories d’analyse et les catégories d’expérience. Dans...

C’est moi, c’est d’elle : Marion Guillot

C’est Marie, ma libraire préférée (de chez Charlemagne, à Hyères, dans le Var), qui a attiré mon attention sur C’est moi, surprenant, drôlissime et très astucieux roman d’une auteure que je ne connaissais pas : Marion Guillot. Les oiseaux de mauvais augure annonçant depuis quelques lustres la mort du roman en tant que genre peuvent revoir leur sinistre prédiction ! Ici nous avons du neuf, du frais, du délicieusement cruel – tout pour être extrait de ce monde-ci et plongé dans ce monde-là, empruntant ce qu’il faut au réel pour le sublimer et le récréer sous la bannière fiction, dont on sait la réussite lorsqu’elle touche à l’universel. « Charlin est mort hier. » Le lecteur est informé que « dans le fond », Charles-Valentin, dit Charlin, « devait être quelqu’un de sympathique ». Tout de suite la puce nous est mise à l’oreille, d’autant que pour les obsèques de ce Charlin, il n’y aura « pas de messe ni d’encens, pas de prêtre en chasuble mauve ». On a beau nous expliquer que ça n’a...

Mademoiselle Belle, Truman Capote

« Melle Carter expliquait la notion d’excentricité en algèbre depuis maintenant presque vingt minutes. Sally leva la tête d’un air dégoûté, l’aiguille de la salle de classe avançait à la vitesse d’un escargot, encore vingt-cinq minutes, et ensuite la liberté » Au commencement du monde in Mademoiselle Belle, Truman Capote. Il est des ouvrages dont l’existence même constitue en soi déjà un récit, le petit livre réunissant quatorze nouvelles de Truman Streckfus Persons, celui qui ne signe pas encore Truman Capote, fait partie de ceux-là. Cet ensemble de textes inédit a été retrouvé dans les archives de la New-York Public Library en 2013, et publié en 2015 sous le titre de The Early Stories of Truman Capote, elles ont été écrites lorsque l’auteur n’avait qu’entre 15 et 19 ans, et sont comme le témoignage de la précocité de son talent, comme les prémices d’une œuvre à la sagacité et à la férocité cynique de celui qui fut un personnage emblématique de la littérature américaine et incontournable...

Jean Boullet (1921-1970)

« Les ailes d’une chauve-souris sur les carburateurs des Hell’s Angels. » Jean Boullet le précurseur, Denis Chollet, 1999. Fantasmagorique, onirique, mythologique, mirifique et subversive, parcourir l’œuvre foisonnante de Jean Boullet (1921-1970), c’est vriller, c’est sombrer et s’émerveiller d’un monde grouillant de créatures chimériques et de garçons alanguis, de personnages de contes de fées, de faunes, de boxeurs et de culturistes, qui tous élégamment cohabitent dans l’imaginaire de l’artiste. C’est se frayer un chemin dans un pays des merveilles, un monde aux accents de théâtre aussi inquiétant qu’intrigant, diablement attirant, c’est suivre le trait acéré et sûr de ces dessins à l’encre qui semble ne souffrir d’aucune hésitation, c’est se frotter au bizarre, à l’étrange, à Poe, Cocteau, Shakespeare, Verlaine… Bram Stoker, l’auteur de Dracula est son idole, il se passionne pour les monstres, tout ce qui dérange et dévie, qu'importe pourvu que cela échappe au terrible ordinaire, et même ses amours suivront ce tortueux chemin. Il se décrit comme un « Peintre de la beauté masculine », voyous,...