Décryptage réussi d’une légende du cinéma américain

Hugues Demeusy : Tu nous présentes aujourd'hui un essai sur la grande légende américaine Montgomery Clift, tu précises que ce n'est pas une biographie ? Sébastien Monod : En effet, ce n’en est pas une. Montgomery Clift – L’enfer du décor est un travail d’analyse des choix de carrière de l’acteur, complétée de l’étude des films eux-mêmes. Et je démontre tout au long de mon livre que ces choix ne sont ni innocents ni anodins ; ils sont, certes, réfléchis, car celui qu’on appelle communément Monty était un perfectionniste, mais ils procèdent surtout d’un facteur tout à fait subjectif, inéluctable : lui. Lui en tant qu’homme. Et c’est pourquoi mon travail est néanmoins proche de la biographie, car je m’appuie sur de nombreux éléments privés pour montrer combien sa vie d’homme – et précisément son homosexualité – a influé sur sa carrière. Ce n’est pas par hasard qu’il a choisi des rôles de personnes rejetées ou rebelles, pas un hasard si une grande partie de ces rôles...

Philippe et Hervé, deux ados pas comme les autres…

http://youtu.be/23SOlW6h7a8 En 2014, l'écrivain Philippe Mezescaze évoque son enfance à La Rochelle et ses débuts d'élève comédien, qui lui donneront la chance de rencontrer un adolescent hors du commun. Apprenti comédien à la Rochelle Ça commence par un tremblement de terre, une secousse sismique qui symbolise le bouleversement qui se produit dans la vie de l’auteur, alors adolescent (les crises de démence de sa mère). A 17 ans, il quitte Paris pour s’installer à la Rochelle chez sa grand-mère. Disposant d’une grande liberté d’action, négociée avec cette dernière, il intègre la maison de la culture locale car il veut au-delà de tout devenir comédien, dans une troupe théâtrale professionnelle. La rencontre avec Hervé Il croisera alors le chemin du jeune Hervé avec qui il interprètera une scène de Caligula. Très vite, une relation amoureuse intense s’instaure comme une évidence, mais elle est contrariée par le père d’Hervé, qui voit d’un très mauvais œil son jeune fils lui échapper. Roman d’apprentissage au style épique, Deux garçons trace le portrait...

J’irai danser à Orlando

Date : 12 juin 2016 Night-club : Pulse, Orlando en Floride, une bulle pour vivre, rire, aimer ou, selon Obama : une place of solidarité and empowerment. Nombre de morts : 49 garçons et filles, 200 balles dans leur corps Revendications du tueur, l’Autre : Mon nom est : je prête allégeance à Abou Bakr al-Baghadi de l’État islamique… Arrêter de bombarder la Syrie et l’Irak… L’Autre, Abou Salha, Afghan, heureux du 11 Septembre, homophobe au sens propre du terme. Quelques heures plus tard, Philippe Corbé, journaliste et correspondant de RTL aux États-Unis, part à Orlando. Comme une évocation du monde homo et de celui de la terreur, rappel de la saloperie de certains commentaires : Vous êtes tristes que cinquante pédophiles aient été tués aujourd’hui ?.… La Terre est un peu plus belle maintenant. Je prie Dieu pour que Dieu finisse le travail que cet homme a commencé. Dixit pasteur Donnie Romero à Fort Worth au Texas. Une suite de faits, de réflexions, le mélanges de souvenirs de jeunesse,...

Saint Salopard, le mystère Maurice Sachs

Dès que l’on commence la lecture de son livre, l’on se demande comment Barbara Israël va dévider l’écheveau de la vie de ce Saint Salopard, et nous montrer pourquoi, si c’est possible, il fut ce Grand Salop, ce Maurice Sachs, auteur de talent de Au Temps du Bœuf sur le Toit, entre autres ! Elle fait donc appel à ceux et celles qui l’ont côtoyé de près, Cocteau (… Nous étions de la ‘race des tantes’… L’Abbé Sachs, la traînée christique !), Chanel (CC, Cruelle Couleuvre), Max Jacob (J’avais 50 ans, tu en avais 20.), Jouhandeau (Votre corps suintait l’overdose d’une existence privée d’interdits.), André Gide (Vous n’avez eu de cesse d’aller au déshonneur comme d’autres vont à l’héroïsme.), Julien Green, sans oublier sa mère, apparemment pièce maîtresse de ce puzzle (… Chère maman, tu n’étais qu’une simple salope…) et Violette Leduc (Vous vous plaignez tout le temps… Votre masochisme m’exaspérait. MS à VL) qui n’arriva jamais à le voir tel qu’il était, un homo. Pouvoir...

De Manneville au Monde, un parcours extraordinaire

02De son enfance privilégiée dans une famille bourgeoise parisienne aux précieuses vacances dans cette maison de campagne à Manneville, en Normandie, qui deviendra son point d'ancrage, vers lequel il reviendra fidèlement pour se régénérer, on accompagne Brice au plus près. C'est ici qu'il rencontrera son premier ami qui se tuera dans un accident. Il partira alors poursuivre des études à Oxford, où il croisera celui qui deviendra son premier amant et l'amour de sa vie. Alex. Ce dernier décidera pourtant  par confort de rentrer dans le rang. Blessé, amputé, trahi, le narrateur se perd (ou se trouve) dans des escapades au bout du monde, où son métier d'apprenti journaliste l'emmène, afin de couvrir des crises politiques, écologiques...  ; il se confrontera à la réalité et à des rencontres singulières. Mais Alex, l'amant est toujours présent, réapparaît, disparaît à nouveau, mais il est toujours là ! Une écriture vibrante souvent lyrique, où l'emploi impérieux du présent créé une vraie proximité avec l'intrigue, signe ce premier roman très inspiré ! L'urgence de vivre tout jusqu'au bout du bout,...

Le journal intégral de Matthieu Galey

Ah! Ah! entrer dans un livre par un escalier dérobé… Eh oui ce Journal, déjà deux fois publié, fut à chaque fois censuré. Mais, cette année 2017, les éditions Robert Laffont ont tout publié et même montré les parties censurées précédemment en mettant la police en italique. Et, c’est connu, les censures donnent aussi, sinon plus, l’image d’un pays à un moment donné et là, l’écœurement des magouilles éditoriales pour les prix littéraires, les tirages et l’argent ! Donc ce Journal de Matthieu Galey, de 1953 à 1986, année de sa mort due à la maladie de Charcot, lente et horrible agonie, celui qui était Revenu avant d’être parti. Il débute comme journaliste en 1958 dans Cahiers des saisons et Arts avec des chroniques, puis travaille à Combat et l’Express pour des critiques dramatiques. En 1962 il entre aux éditions Grasset, dans son comité de lecture. Sale métier que le mien ! Je surprends des regards inconnus qui me fusillent… L’observateur ou le témoin l’emporte chez lui...

La société du mystère

« Mais quel trouble est le mien – admettez-le aussi –, depuis que vous m’avez amené à me poser cette question : ce qui est le plus insupportable aux artistes n’est-il pas précisément ce qui leur est le plus salutaire ? » Dominique Fernandez reprend et développe dans son nouveau roman, cette question qu’il se pose depuis un certain nombre d’années, une « libération » n’est-elle que positive ? dans les arts ? – « L’art trop abondant, trop riche, étalé avec trop de confiance, l’art uni comme un tapis de gazon s’en rassasier jusqu’à la nausée, pour trouver dans son dégoût un encouragement à rompre avec ce modèle » – pour les homos « la grande famille de la queue » ? Un livre rare du XVIe siècle est découvert chez un antiquaire, Les Mémoires du peintre florentin Agnolo di Cosimo dit Bronzino, celui-là dont une œuvre, Limbes, mit un jour Stendhal, dans l’église Santa Croce, en extase… Nous sommes à Florence, en pleine Renaissance. Bronzino, élève de Pontormo, au dessin quasi...

Jean-Paul Amouroux : parcours d’un militant hors norme

Pas facile d'être homo au début des années 70. Jean-Paul Amouroux, jeune étudiant à Nanterre, fréquente le club très fermé Arcadie, qui réunit les "homophiles" (ou comment poser un voile pudique sur les relations entre personnes du même sexe), une fois par semaine dans le 10ème arrondissement de Paris. 1974 : La création du GLH Très vite, il lie des contacts avec quelques fortes personnalités qui décident de s'émanciper. Ils fondent en 1974 Philandros. L'association devient très rapidement le GLH (Groupe de Libération Homosexuelle), pour envoyer un message aux lesbiennes, qui cependant, ne rejoindront pas les rangs... Sous l'impulsion de Michel Heim (aujourd'hui à la tête des Caramels fous, une troupe théâtrale très colorée), le GLH travaille à la visibilité des homos en distribuant des tracts sur les marchés Parisiens. Engueulades, lutte de pouvoir, trahisons, seront le lot du jeune Groupe, qui est rejoint par des nouvelles énergies et donc de nouveaux ambitieux... Jean-Paul partira à l'armée, puis sera nommé prof en Picardie. Il prendra de la distance avec le militantisme... Les CUARH...

2017 : mes 5 livres « MAJUSCULE »

2017 se carapate... Tout le long de cette année politiquement surprenante et épuisante, dont les rebondissements auraient pu être imaginés par un scénariste légèrement torturé, ces livres ont illuminées les journées souvent sombres d'un Parisien casanier. Ils continueront à briller comme des étoiles dans mon ciel ! Les voici dans le désordre : Dakota Song par Ariane Bois chez Belfond http://genres.centrelgbtparis.org/2017/06/08/immeuble-dakota-new-york-1970/ Parlez-moi encore de lui de Lisa Vignol, chez Stock http://genres.centrelgbtparis.org/2017/06/03/portrait-clair-obscur-dune-etoile-filante/ La vie serait simple à Manneville de Pierre Cochez L'Escale http://genres.centrelgbtparis.org/2017/05/02/de-manneville-monde-parcours-extraordinaire/ Place des Vosges de Michel Braudeau au Seuil http://genres.centrelgbtparis.org/2017/03/30/marais-1970/ Peggy dans les phares de Marie-Eve Lacasse chez Grasset http://genres.centrelgbtparis.org/2017/02/13/peggy-roche-femme-amoureuse-de-sagan/ Bien sûr, je vous les recommande chaudement et surtout,  je vous souhaite de nombreuses découvertes littéraires en 2018 !