Le zizi des mots, la suite

Enfin ! le second tome de ce petit délice de 48 pages que fut le Zizi des mots numéro un, où l’on redécouvrait avec humour à quel point notre langue bipolaire (!) est sexiste. Les deux compères Élisabeth Brami pour le texte et Fred L. pour les illustrations soulignent à nouveau cet « affront ». Page de gauche, un dessin et le nom masculin d’un homme, je n’ose pas dire d’un humain ! qui caractérise un travail sérieux, important, ou une fonction indispensable. Page de droite, et là nous sommes dans l’inverse d’un magazine commercial, une chose au féminin donc, que des choses, que du féminin… du « machin » comme ils disent. Un loupiot, une loupiote, un matelot, une matelote… C’est aussi rageant que drôle, mais instructif ! Aussi pour former les « loupiot.es ». Éditions Talents Hauts - 13 € - ISBN 9782362661877. Ce livre est soutenu par Amnesty International : Réfléchir aux sens des mots pour lutter contre les discriminations.

Jean Boullet (1921-1970)

« Les ailes d’une chauve-souris sur les carburateurs des Hell’s Angels. » Jean Boullet le précurseur, Denis Chollet, 1999. Fantasmagorique, onirique, mythologique, mirifique et subversive, parcourir l’œuvre foisonnante de Jean Boullet (1921-1970), c’est vriller, c’est sombrer et s’émerveiller d’un monde grouillant de créatures chimériques et de garçons alanguis, de personnages de contes de fées, de faunes, de boxeurs et de culturistes, qui tous élégamment cohabitent dans l’imaginaire de l’artiste. C’est se frayer un chemin dans un pays des merveilles, un monde aux accents de théâtre aussi inquiétant qu’intrigant, diablement attirant, c’est suivre le trait acéré et sûr de ces dessins à l’encre qui semble ne souffrir d’aucune hésitation, c’est se frotter au bizarre, à l’étrange, à Poe, Cocteau, Shakespeare, Verlaine… Bram Stoker, l’auteur de Dracula est son idole, il se passionne pour les monstres, tout ce qui dérange et dévie, qu'importe pourvu que cela échappe au terrible ordinaire, et même ses amours suivront ce tortueux chemin. Il se décrit comme un « Peintre de la beauté masculine », voyous,...

Le cahier noir d’Olivier Py : la naissance d’un artiste

https://youtu.be/Ha2zZ6sFWqI Olivier Py écrit pendant son adolescence solitaire à Grasse, un cahier intime, où il consigne ses pensées les plus sombres et réalise des croquis fantasmatiques. En 2015, Actes Sud édite ce Cahier noir, premier "roman illustré" de l’homme de théâtre, dramaturge, metteur en scène, directeur du Théâtre de l'Odéon, aujourd'hui responsable du festival d'Avignon et homme de lettre... Une enfance solitaire Le jeune Olivier s’ennuie ferme dans la ville de Grasse, qu'il décrit grise, triste, austère, loin des clichés de carte postale de cette cité méditerranéenne dont le soleil et les parfums sont ici absents. Entre le lycée et la famille, où il joue le rôle de l'enfant lambda, il y a la place pour les fantasmes les plus exacerbés et extrêmes et pour l'ado singulier, qui se créé un imaginaire flamboyant mais très sombre. Entre les lignes, se dessinent la fougue et le jusqu’au-boutisme d’un adolescent au purgatoire, qui s’invente des chemins de croix dans une quête d’absolu sans limite. La quête d'absolu mais des expériences décevantes A son âge, tout est grave, définitif…...

Peintre et modèle : une psychanalyse picturale par Jean-Philippe Blondel

Dans la mise à nu, son dernier roman, Jean-Philippe Blondel dont on avait adoré Une saison à Paris, raconte les retrouvailles entre un professeur d'anglais en fin de carrière et un des ses élèves devenu peintre. Jean-Philippe Blondel explore dans ses livres les relations intimes qui se créent entre des personnages ayant des parcours très éloignés, et qui bouleversent leur vie. Et même s'il s'en défend dans l'interview qui suit, il crée des caractères d'homosexuels qui ont un rôle important voire crucial dans la suite de l'intrigue. Rencontre avec un auteur secret peu bavard mais dont les romans sont des joyaux... Hugues Demeusy : Dans la mise à nu, un vieux professeur d'anglais retrouve un de ses anciens élèves devenu peintre à succès. Ils vont vivre une expérience extraordinaire ? Jean-Philippe Blondel : Oui, ils vont entreprendre une expérience peu commune - le professeur va devenir le modèle de son ancien élève et poser pour lui. Ce tête à tête va les obliger à se regarder, à se considérer,...

Sport et diversité gagnent des points

Si vous vous rendez au Centre LGBT de Paris en ce moment, vous découvrirez les œuvres réalisées par le photographe Franck Weens et le peintre Serge Krewiss. Comment et pourquoi les deux artistes ont associé leur talent pour créer ces "tableaux" à la gloire du Sport et de la diversité ? Nous avons voulu le savoir en rencontrant un des deux  membres de ce duo artistique prometteur, Franck Weens… Hugues Demeusy : Vous exposez votre travail  pour célébrer les Gay-Games de Paris au Centre LGBT Paris Ile de France durant le mois d’août. Racontez nous tout d'abord votre parcours artistique ? Franck : J'ai découvert la photo en 2005, au début de l’ère de la photographie numérique, puis suis devenu photographe professionnel en 2010. J'aime particulièrement les photos de sport, d’où ma participation en tant que responsable d’équipe et photographe pour Paris 2018 / Gay Games 10. Je suis également le photographe officiel de la European Snow Pride à Tignes qui a lieu tous les ans en...
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Juste la dernière folie de Xavier Dolan

La dernière scène de Juste la fin du monde résonne avec le générique de début, interprété par Camille. "Home is where it hurts, home is not a harbor", la maison c'est là où ça fait mal, la maison ce n'est pas un refuge. Dans cette maison qui héberge une famille dysfonctionnelle où rien n'est à sa place, où les paroles des uns répondent à celles des autres de manière incohérente. Une famille avec des hommes mais sans figure masculine, où les personnages parlent dans le vide et ne communiquent pas. Où les hommes ont abandonné la place, où la raison a vaqué la place. Où le seul personnage hors du système sclérosé est une pièce rapportée, interprétée par Marion Cotillard, la seule qui a compris la vérité : la mort imminente du jeune frère, Louis, interprêté par Gaspard Ulliel. Vides et absence On comprend l'absence du père, un vide abyssal qu'Antoine, le grand frère "symptôme" interprété par Vincent Cassel, essaye de combler. Où la brutalité prend toute la place. Antoine est un fou furieux, qui...

Claudine à l’école, de Colette

Colette naît en 1873, meurt à Paris en 1954. Autrice reconnue de son vivant, elle joue au music-hall et sera aussi journaliste. Elle ne perdra jamais « son terrible accent bourguignon », sa passion pour les chats devient aussi légendaire que son mode de vie moderne et libéré des préjugés : Colette vit pleinement sa bisexualité. Elle dessine un personnage à son image dans la série des Claudine, publiée de 1900 à 1903 : Claudine est une jeune femme libre dans ses manières et dans ses sentiments. Claudine à l’école est le premier roman de Colette, signé par Willy son mari. Il s’agit d’une autofiction où Colette transparaît sous les traits de Claudine. Colette évoque ses années d’adolescente indomptable et rebelle, éprise de liberté et dont le corps s’éveille à la sensualité, le cœur à l’amour. Claudine a 15 ans, elle tombe amoureuse de Mlle Aimée, l’institutrice adjointe. Colette crée le personnage de la femme émancipée en brossant le portrait de l’écolière. L’action se déroule dans...

Le journal intégral de Matthieu Galey

Ah! Ah! entrer dans un livre par un escalier dérobé… Eh oui ce Journal, déjà deux fois publié, fut à chaque fois censuré. Mais, cette année 2017, les éditions Robert Laffont ont tout publié et même montré les parties censurées précédemment en mettant la police en italique. Et, c’est connu, les censures donnent aussi, sinon plus, l’image d’un pays à un moment donné et là, l’écœurement des magouilles éditoriales pour les prix littéraires, les tirages et l’argent ! Donc ce Journal de Matthieu Galey, de 1953 à 1986, année de sa mort due à la maladie de Charcot, lente et horrible agonie, celui qui était Revenu avant d’être parti. Il débute comme journaliste en 1958 dans Cahiers des saisons et Arts avec des chroniques, puis travaille à Combat et l’Express pour des critiques dramatiques. En 1962 il entre aux éditions Grasset, dans son comité de lecture. Sale métier que le mien ! Je surprends des regards inconnus qui me fusillent… L’observateur ou le témoin l’emporte chez lui...

Homophobie et transphobie : les discriminations des LGBT au travail en 4 graphes

La journée du coming out de ce 11 octobre, dans laquelle les personnes LGBT sont appelées à se montrer publiquement, est l’occasion de rappeler les discriminations auxquelles elles sont exposées dans leur carrière. Lire l'article sur le site du Monde