Ouverture du Roffi Blog !

C'est avec un très grand plaisir que nous vous informons de l’ouverture du blog de Martine Roffinella, l'une de nos contributrices régulières dont les interviews ravissent ses lectrices et lecteurs depuis plusieurs mois déjà. Nous continuerons ici à publier ses articles exclusifs pour Genres et nous vous informerons régulièrement de la vie de son blog. Martine nous en dit plus sur ce beau projet, et nous parle de ses contributions à venir : Martine : Ce site-blog a pour vocation d’être animé par des lectures d’ouvrages et/ou des interviews d’écrivain.e.s qui trouveront là un espace libre et original pour expliquer leur travail. Le blog venant d’ouvrir, il reprend pour le moment des lectures et interviews que j’ai déjà publiées - mais je peux d’ores et déjà annoncer que dans quelque temps, j’aurai le plaisir d’y accueillir l’écrivain Roland Brival, pour son dernier roman : Les fleurs rouges du flamboyant (Le Mercure de France). Une chronique est également en préparation sur le remarquable ouvrage de l’écrivaine Annie Dillard...

Pierre Guerot & I, entretien avec Frédéric L’Helgoualch et Pierre Guerot

Ni tout à fait narratif ou exclusivement descriptif, il y a quelque chose de semblable au manifeste, à la déclaration, comme la volonté de témoigner de son attachement, son abandon, décrire le règne sans partage, d’un être, d’un corps, au moins autant aimé, que désiré, adulé. Un récit, comme la trace d’une passion, comme pour graver dans le marbre, ce que l’on ne dit pas (il est à ce sens presque paradoxal, que ce livre ne soit disponible qu’au format numérique…) Où chaque geste, chaque instant du quotidien se vit avec la plus absolue des intensités, presque comme une chance d’être avec lui… L’objet de ces émois, et c’est là que cet objet littéraire se singularise, c’est le photographe, modèle et acteur Pierre Guerot, dont les autoportraits, comme autant de micro-fictions, prennent le relais des mots, mais sont aussi le moteur des divagations de l’auteur Frédéric L’Helgoualch… - On a autant l’impression à la lecture de ce texte, d’un dialogue, que d’une interaction évidente entre...

Faites des gâteaux, pas la guerre

http://youtu.be/Q3foBfki3TY Ca pourrait être la signature de ce premier film d'un jeune réalisateur istraélien prometteur, qui réussit la prouesse d'évoquer le choc des cultures, le poids des religions et des traditions avec douceur, nuances, et tendresse, si bien que le conflit qui pourrait être frontal demeure suggeré... mais avec une réserve cependant concernant l'orientation sexuelle "élastique" du héros ! Thomas, un jeune pâtissier allemand, a une liaison avec Oren, un homme marié israélien qui voyage régulièrement à Berlin pour son métier. Mais Oren meurt dans un accident de voiture, Thomas se rend alors à Jérusalem à la recherche de réponses concernant sa mort. Sans révéler qui il est, Thomas approche Anat, la veuve de son amant, qui tient un petit café. Il commence alors à travailler pour elle. En s'inspirant d'une histoire vraie et presque banale : un homme marié et père, qui a  une liaison avec un homme loin de chez lui, Ofir Raul Graizer propose un film sur le mensonge, et la trahison, sans jamais...

Yves Saint Laurent 10 ans après

Ouvrons tout d'abord la biographie "officielle" du Grand-Couturier, la version définitive de celle qui, peut se targuer du titre de biographe en chef du Maître : Laurence Bénaïm. Déjà édité à plusieurs reprises, ce pavé de presque 700 pages est la référence ultime pour découvrir Saint Laurent, suivre sa carrière... ses amours, ses amitiés... bref pour être incollable sur tout l'univers Saint-Laurent. C'est aussi le portrait d'une époque qui couvrent plusieurs décennies, marquées par de profonds bouleversements économiques, sociologiques et dans les mœurs, qu'accompagne voir anticipe les collections haute-couture, le prêt à porter, les parfums, les produits dérivés Yves Saint Laurent. Souvent précurseur, souvent copié, le style Saint Laurent se conjugue à une existence douloureuse, à une personnalité complexe, autodestructrice, qui est largement évoquée par l'auteur. Laurence Benaïm compose une biographie exhaustive, abordable, pointue certes mais pas du tout réservée aux modeux, qui pourrait se dévorer comme un polar, même si son poids est parfois un handicap pour la lecture dans le métro ! (c'est...

Corpo Elétrico : le courant passe

Présenté dans de nombreux festivals internationaux et récompensé par plusieurs prix, Corpo Elétrico, le film du réalisateur brésilien Marcelo Gaétano suit les pérégrinations amoureuse du bel Elias... Mais attention, tout n'est pas rose dans la vie de notre héros et l'intrigue s'attache à dresser un portrait très réaliste de la condition des gays au pays de la Samba. Extrait de l'interview que le réalisateur a donnée pour le dossier de presse. "Corps électriques est un film de boudoir : dans chaque lit où Elias se couche s’ouvre un nouvel univers. Des corps s’embrassent et se caressent, des amants racontent leurs rencontres, leurs aventures sexuelles, leurs rêves. Ma volonté était de mettre en scène l’amour vécu par Elias comme quelque chose qui se répète et tourne en boucle. Il s’agit plus d’une sorte d’affection que de romantisme. Il enchaîne les rencontres d’un soir déjà oubliées à peine consommées. Elias aime de façon légère, presque anarchique. Il a 23 ans et est ouvertement gay. Il est originaire du...

Armistead Maupin : une étoile dans notre ciel !

Armistead : toujours bienveillant Toujours bienveillant, de bonne humeur et l'œil qui frise, Maupin semble être un bon gros nounours qui pourrait facilement nous consoler de nos chagrins d'amour et nous donner de bons conseils. L'expérience de la vie. On sent qu'il l'a acquise mais qu'il n'en tire aucun orgueil... Et pourtant que de chemins parcourus pour atteindre ce statut enviable... Un jeune Américain pur jus qui devient... lui-même ! Pour le découvrir, il faut lire l'autobiographie qui vient d'être traduite en langue française et qui parait sous le titre un peu lisse de Mon autre famille. Né en Caroline du Nord, dans une famille ultra-républicaine, Armistead vit ses premières années entre un père très réactionnaire et une mère fantasque. Il y a, heureusement, sa grand-mère qui lui apprend les vertus de la différence. Peu enclin à se démarquer de cette emprise familiale, le jeune Maupin adopte l'idéologie républicaine sans broncher. Il débute des études de droit, mais les abandonne. Il s'engage pour rejoindre les troupes américaines au Vietnam en...

Noémie Renard veut « En finir avec la culture du viol »

Pour quatre Français sur dix, la responsabilité d’un violeur est « moindre si la victime se montre aguichante » – que recouvre ce terme ? c’est variable et contestable à l’infini ! – et « pour deux sur dix, un "non" veut souvent dire un "oui" ». Une sorte de distinction morale, en somme, entre le « vrai » viol et le viol « cool ». N’a-t-on d’ailleurs pas lu dans les médias, au moment de l’affaire Dominique Strauss-Kahn : « Il n’y a pas mort d’homme » ; c’est « un troussage de domestique ». Ou encore : « Un viol, c’est avec un couteau ou un pistolet. » De façon consciente ou non, la « culture du viol » est intégrée dans nos schémas de pensées, conditionnant nos jugements et érigeant en « véritable système » des mécanismes pourtant totalement erronés voire d’une injustice horrifiante. « Banalisation » des violences sexuelles, « stéréotypes de genre, impunité des agresseurs, culpabilisation des victimes » :...

L’amour et la mort

Genres reproduit l'entretien avec le cinéaste et écrivain Christophe Honoré, tiré du dossier de presse de Ad Vitam, qui trace les tenants et les aboutissants de cette histoire générationnelle, celle des trentenaires des années 90, qui lisaient Guibert, Koltès et Lagarce... Comment résumer l’histoire, la matière de ce film ? Un premier amour et un dernier amour. Un début dans la vie et une fin dans la vie, à travers une seule et même histoire d’amour, celle du jeune provincial Arthur et de l’écrivain agonisant Jacques. Le film voudrait conjuguer cette association de sentiments : l’élan et le renoncement. L’histoire d’amour racontée précipite deux choses : d’une part les débuts dans la vie d’Arthur, d’autre part la fin de la vie de Jacques. Il est possible que sans cet amour Jacques aurait vécu plus longtemps, parce qu’il est précipité dans l’idée que sa maladie, le sida, le rend inapte à cet amour, qu’il n’est plus capable de le vivre. Je crois que le vrai sujet du film...

L’artiste Marc Martin fait du vestiaire un lieu de cul(te)

Aujourd'hui Marc Martin est fier d'apporter sa collaboration à l'exposition berlinoise l'érotisme des choses, organisée au Musée Der Dinge, visible jusqu'au 27 août. Construite autour de l'oeuvre de Magnus Hirschfeld, le premier grand sociologue qui se passionna et travailla sur l'érotisme. L'exposition nous intéresse au premier plan pour la présence très remarquée de l'installation de Marc Martin, qui a reconstitué un vestiaire avec sa fantasmagorie... jusqu'à ses odeurs... Entre poésie et pornographie, son installation est un parcours artistique entre les objets qui évoquent l'érotisme latent d'un vestiaire masculin. L’accumulation de baskets usagées de différentes tailles, couleurs et matériaux, avec différentes senteurs et origines, de différentes époques, illustre le fétichisme de l’objet dans toute sa diversité. Marc Martin nous en parle : « Le vestiaire collectif, lieu de passage intensif, sexué, malodorant, rudimentaire, symbolise pour moi la passerelle entre deux univers qui se chevauchent en permanence : l’instant d’avant ou l’instant d’après. Cet endroit concrétise dans mon imaginaire la clef d’un passage secret. Il offre à mon approche une multitude...